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Un BLOG de la Rédaction
du Journal SUD OUEST

Sur la route…
Nicolas Espitalier et Frédéric Zabalza à la rencontre du sud-ouest

Jeu : “La Région vue du Ciel” (14/14)

Rendez-vous tout l’été, pour jouer avec le blog “Sur La Route” : reconnaissez une ville, un site ou un lieu emblématique de la région, à partir d’une vue aérienne de Google Map

Etape mystère n°14. En Gironde, sur ce domaine, le raisin ne se transforme pas seulement en grand cru classé. De quel château s’agit-il ?

Si vous connaissez la réponse, déposez-la dans les commentaires ci-dessous.

En Gironde, sur ce domaine le raisin ne se trouve pas que dans les verres. De quel château s'agit-il?

30 août 2007 - 2 commentaires
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Jeu : “La Région vue du Ciel” (13/14)

Rendez-vous tout l’été, pour jouer avec le blog “Sur La Route” : reconnaissez une ville, un site ou un lieu emblématique de la région, à partir d’une vue aérienne de Geoportail.fr

Etape mystère n°13. En 1947, fin de sa construction, un barrage a donné naissance à ce lac à 1241 m d’altitude. Quel est ce site ?

Si vous connaissez la réponse, déposez-la dans les commentaires ci-dessous. Dernière étape jeudi 30 août.

En 1947, fin de sa construction, un barrage a donné naissance à ce lac à 1241 m d'altitude. Quel est ce site ?

27 août 2007 - 2 commentaires
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Mont-Disse (64). “Mondix et le secret de la potion magique”

asterix.jpg Sucrée, gazeuse, avec une robe d’un bleu azur, la même couleur qui a tant manqué cet été aux vacanciers de notre cher littoral atlantique. Voilà les seuls éléments d’information que nous sommes habilités à donner sur la composition de la potion magique de nos ancêtres les Gaulois. Le reste doit rester confidentiel, sous peine de finir bâillonné et attaché au tronc d’un vieux chêne.

Ajoutons toutefois qu’il est déconseillé d’en abuser, selon les recommandations du druide. Vous risquez sinon de ressentir, le lendemain matin, un mal de tête à vous faire croire que le ciel vous est tombé dessus pendant la nuit à plusieurs reprises. Depuis quatre ans, les habitants du petit village de Mondix, que les cartes modernes, sobres en humour, nomment Mont-Disse, puisent leur énergie dans ce breuvage mystérieux. Chaque été, ils érigent une palissade autour de leur village, construisent des tavernes au toit de fougère et de bruyère, et invitent leurs voisins à prendre des forces en dégustant quelques sangliers.

Obélix a perdu 20 kilos.

« La première année, on a vu arriver une cohorte romaine. C’étaient les habitants du village voisin de Portet qui nous faisaient une surprise », se souvient Dominique Fausset, instigateur de cette fête gauloise, à la fois anachronique et farfelue, mais dont l’enthousiasme affiché par les villageois est authentique. « J’ai 87 ans et c’est pas en buvant de l’eau ! » clame Marcel Pondic, dont le béret, qui n’a rien de gaulois, est lui aussi d’un âge canonique, en faisant référence à un autre breuvage local, le madiran (1). La comparaison avec la célèbre bande dessinée d’Uderzo et Goscinny s’arrête à quelques subtilités, comme les noms des tavernes (Etrouboufix, Chuitrorotix, Célafolix…) ou quelques personnages bien connus. Et encore. Cette année, Christian Long, l’Obélix local, qui joue pilier droit dans l’équipe de Lembeye, a perdu 20 kilos et n’en pèse plus que 120. Sa silhouette en est considérablement modifiée. Le pantalon bleu et blanc flotte quelque peu sur sa panse. Astérix, joué par le président du comité des fêtes, Christian Bergada, correspond à peu près à l’original. « Chaque année, on ajoute une nouveauté dans le village. Cette fois, c’est la taverne du druide, Chez Botritix (2). C’est ici que la potion magique sera servie », confie-t-il.

Les Gaulois fédérés.

Même le chef, enfin le maire du village, Charles Pelanne, quitte pour l’occasion sa tenue d’agriculteur. « Cette fête gauloise a eu un effet incroyable sur le village. Elle a fédéré les habitants comme jamais auparavant, y compris ceux qui sont installés depuis peu. »

L’idée a séduit bien au-delà des frontières proches avec les Hautes-Pyrénées, le Gers et les Landes. Hier soir, près de un millier de convives, en comptant les Romains et les Egyptiens, ont participé au banquet, animé par les bardes du groupe Parpalhons. L’espace d’une soirée, Mont-Disse a vu sa population décupler. « On ne s’attendait vraiment pas à un succès de cette ampleur. Même si ça demande énormément de travail, on a réussi à maintenir une fête dans notre village », souligne Dominique Fausset. Les villageois redoutent toutefois que le rendez-vous annuel de Mondix ne tourne à l’invasion. « Un millier de personnes, c’est déjà bien. Au-delà, cela deviendrait trop lourd à gérer », prévient Charles Pelanne, qui s’amuse en imaginant que le village gaulois aurait pu s’installer un peu plus loin, sur la colline de Mont-Durou, où l’on raconte que les Romains avaient bâti un camp.


Par Frédéric Zabalza.

Hossegor (40). “Place des Landais, l’adresse du surf”

070824_surf.jpgL’Océan en personne toque à la baie vitrée du Rock Food. Son peuple est déjà à l’intérieur, qui danse et qui surnage, dans l’écume fluorescente des nuits hossegoriennes. Des musclés de l’Atlantide, des sirènes virevoltantes et autres espèces à choisir dans le langage imagé des pêcheurs en haute mer. Vers 1 heures du matin, une ou deux inévitables épaves de galions s’échouent au comptoir, un peu en rade dans une salle bondée, avec des yeux de merlans frits. Et pavoise un poisson roi : le bar. « Le bar le plus connu d’Europe dans le milieu du surf international », selon les termes d’un habitué. « Le Rock Food à Hossegor, on connaît tous ça en Australie », assure David, surfeur de l’autre hémisphère. Il est venu de la Gold Coast pour le Rip Curl Pro, l’épreuve de surf en cours cette semaine, et pour communier dans le temple nocturne de la côte sud des Landes.

Les plus grands surfeurs.

La place des Landais, piétonne depuis 1995, est devenue en moins de vingt ans le centre d’un monde festif et sportif, jouant sur la bisémie des spots, qui sont parfois light, et des tubes, qui peuvent être de l’été. La place, un demi-cercle faisant face à la plage, la rue qui y mène et les places précédentes totalisent 14 licences IV, des restaurants, des sandwicheries, une baraque à glaces et une boîte de nuit sous-terraine, le Bakoua. Prêtre des noces sulfureuses entre le surf et la fête, Roland Calaudi, connu sous son seul prénom des Landes jusqu’à Bali, a créé le Rock Food en 1990 dans un solide bâtiment des années 1930.

« Les plus grands sont venus. Tom Curren et Kelly Slater, bien sûr, et tous les autres. Regardez, ce soir, il y a deux générations qui se rencontrent : les anciens sont là pour fêter la naissance du fils d’un des leurs, Dog Marsh, et il y a les espoirs mondiaux de la discipline, ces jeunes de 20 ans… », s’égosille Roland, qui en a 44. Au plafond sont accrochées des dizaines de planches de surf dédicacées. « Exposer des planches et passer des images de surf sur un écran, ça ne suffit pas à faire un bar de surfeurs. Mais ici, c’en est un; l’esprit y est, pas de doute », souligne Olivier Lemoine, directeur marketing chez Rip Curl. Ses confrères de Billabong et de Quiksilver sont là aussi, comme le responsable national de la plus célèbre bière australienne. « C’est là que ça se passe », explique l’un d’eux.

« Ils sont craquants ».

Les non-surfeurs l’ont compris. Alexandre est descendu de Paris avec deux potes. Il expose sa théorie dans un éclat de rire : « Pour pas mal de filles, ici, si t’es pas blond, si tu fais pas de surf, t’es mort. Mais il y a deux catégories de nanas : celles qui cherchent seulement un surfeur, les groupies, et les filles normales, comme toi et moi, qui sont accessibles aux non-surfeurs. » Bilan de la veille, 66 % de réussite pour les Parisiens : deux des trois copains ne sont pas rentrés seuls. « C’est sûr que certains filles ne sont là que pour ça : le mythe du surfeur, ça marche encore », témoigne une trentenaire landaise sous couvert d’anonymat.

Justine n’a pas 20 ans, et elle demeure en Rhône-Alpes. Elle aborde sans détour le sujet un peu tabou qui sous-tend ce monde de drague, de mode et de beauté des corps. « OK, il faut le dire. Les surfeurs, ils sont trop mignons. Quand ils sortent de l’eau, tout mouillés, qu’ils se repeignent, avec leur combinaison ouverte jusqu’au bas du dos, ils sont tellement craquants… comment leur résister ? J’ai vu une émission où ils disaient que c’était le sport le plus sensuel. » Elle ajoute : « C’est terrible à dire, mais quand on croise un mec mignon, on regarde machinalement si par hasard il ne porte pas le bracelet. » Le bracelet réservé aux compétiteurs du Rip Curl Pro, le supplément de prestige accroché au poignet, un viatique pour passer les frontières de la nuit.

Force d’attraction.

« Aujourd’hui, tout de même, tempère Roland, les nouvelles générations de surfeurs sont plutôt sérieux. Ils ne sortent que quand ils sont éliminés. J’ai connu un temps où certains gars faisaient tellement la fête qu’ils ne se présentaient pas sur les vagues le lendemain matin. C’est une époque un peu révolue. »

Les 140 porteurs de bracelet et leurs glorieux prédécesseurs qui viennent claquer la bise à Roland au comptoir, d’où l’on fait jaillir des flammes, constituent, par leur prestige de sportifs, la force d’attraction du Rock Food et de la place des Landais. Mais les compétiteurs pros sont minoritaires dans cette foule joyeuse qui regarde l’Atlantique et admire ses champions. « Ce que faisait Roland a été décrié au début, explique une commerçante. Mais, avec le Rock Food, il a fait bouger les choses, il a amené du monde. » Et fait d’Hossegor le nouveau rêve californien de toute une jeunesse australienne.

par Nicolas Espitalier.

Bordeaux-Villenave-d’Ornon (33). “L’autre carrière de Javier Ochoa”

velo.jpgPyrénées de juillet, sommets grouillants de ferveur. Marie-Blanque, Aubisque, Soulor. Et cette montée solitaire sur Hautacam, le tracé zigzagant d’un sillon parmi les hommes et les drapeaux. Au bout du col, les bras levés et 42 secondes préservées sur l’Histoire en marche. Le 10 juillet 2000, Javier Ochoa, un Basque de 26 ans, échappait de justesse au retour de Lance Armstrong, lancé à la conquête du deuxième de ses sept Tours de France victorieux. Le champion américain avait distancé tous ses rivaux et rattrapé un à un tous les échappés du matin. Tous, sauf un. Ochoa remportait ce jour-là la plus belle victoire de sa carrière de cycliste professionnel. La dernière.

Aucun souvenir.

« J’ai perdu une partie de ma mémoire. Tout ce qui concerne les événements survenus dans les années précédant l’accident… Ma victoire à Hautacam, on me l’a racontée. Ma mère, qui n’avait pas pu venir, l’avait enregistrée. Et c’est seulement de la vidéo que je me souviens. » Javier Ochoa sait qu’il s’est échappé entre Dax et Lourdes avec le Français Jacky Durand et le Belge Nico Mattan, que l’équipe américaine de Lance Armstrong ne s’est pas inquiétée. Qu’il possédait dix minutes d’avance sur le « Boss » avant la dernière ascension, et enfin, cette quarantaine de secondes sur la ligne d’arrivée, une poignée de pépites taillées dans le roc du temps.

Mais Javier Ochoa ne se rappelle rien de tangible de son jour de gloire. Pas une émotion, pas un bruit qui ne lui ait été rendu par un téléviseur. Plus rien depuis le 15 février 2001. Il récite cette phrase trop pleine, trop vide, qu’il a apprivoisée au point d’en faire la porte d’entrée de toute conversation : « Je m’entraînais avec mon frère jumeau, Ricardo, sur une route de la région de Valence, en Espagne. Un monsieur nous a fauchés au volant de sa voiture. Mon frère est mort sur le coup. Moi, j’ai été dans le coma pendant des jours, puis j’ai fait un an et demi de rééducation. »

« Un demi-fils ».

Dans les tribunes du stade vélodrome de Bordeaux, où « Javi » vit ces jours-ci un épisode de sa nouvelle vie de cycliste handisport, sa maman, Maria, témoigne. « Je ne dis pas ça parce que c’est mon fils, mais il était jeune et il avait des capacités exceptionnelles. A l’époque, il n’était qu’équipier, se sacrifiait pour ses leaders et, malgré cela, il commençait à avoir des résultats. Il aurait pu faire une grande carrière », estime-t-elle. Elle sort de son portefeuille un portrait de feu Ricardo, le jumeau, l’absent, qui sourit aussi sur le médaillon accroché à son cou. « Son frère, on ne lui a jamais donné sa chance dans les grandes courses. C’était le même. »

L’entraîneur actuel de Javier Ochoa, Vicente Natividad, raconte : « Sur le tour 2001, il n’aurait plus été le gregario d’Escartin, Heras et Botero, les leaders de la Kelme, son équipe. Ils auraient couru pour lui. » Dans un sourire sans tristesse, Javier reprend : « Mon père a coutume de dire qu’il avait trois fils et qu’il n’a plus qu’un fils et demi. Le fils, c’est notre frère aîné. Le demi, c’est moi. » Les séquelles physiques de l’accident (une côte brisée a touché son poumon gauche) sont à peu près dépassées, mais l’ancien pro est atteint d’une infirmité motrice cérébrale, qui affecte son équilibre, sa mémoire et une partie de ses capacités intellectuelles. Déclaré handicapé à 66 % par l’administration espagnole, l’enfant de Bilbao vit à Màlaga, d’une pension à vie.

Médailles.

Mais il a repris le dessus. En 2003, Javier Ochoa a repris la bicyclette pour une épreuve de cyclisme adapté puis, une semaine après, a fini second du championnat d’Espagne. Des championnats d’Europe de Prague en 2003 aux Mondiaux suisses de 2006, en passant par les JO d’Athènes 2004, il s’est forgé un palmarès parmi les invalides, accumulant l’or et l’argent sur les étagères de Maria. « J’ai l’impression qu’il poursuit sa carrière d’avant sous une autre forme. C’est peut-être plus courageux, ce que font ces sportifs handicapés. Et je pense que son jumeau est quelque part et qu’il l’aide à gagner. »

A chaque évocation de Ricardo, Javier fait un sourire de frère, comme absorbé par un souvenir bien antérieur à l’accident. Un souvenir d’enfance, quand les deux garçons admiraient Fignon, LeMond et Delgado à la télévision.

Par Nicolas Espitalier.

Jeu : “La Région vue du Ciel” (12/14)

Rendez-vous tout l’été, pour jouer avec le blog “Sur La Route” : reconnaissez une ville, un site ou un lieu emblématique de la région, à partir d’une vue aérienne de Geoportail.fr

Etape mystère n°12. Ce village landais a pour surnom La Mecque. Les fidèles y sont plus connus sous le nom d’aficionados. Où se trouvent ces arènes ?

Si vous connaissez la réponse, déposez-la dans les commentaires ci-dessous. Prochaine étape lundi 27 août.

ciel12.jpg

23 août 2007 - 3 commentaires
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Tursac (24). “L’histoire de la torture racontée aux enfants”

torture.jpg Peut-on raconter l’histoire de la torture à un enfant ? Peut-on considérer, sous prétexte qu’il regarde régulièrement les actualités à la télévision, qu’il est déjà passé entre les mains d’un dentiste et qu’il a vécu de l’intérieur le chassé-croisé des estivants sur la nationale 10, qu’un enfant est prêt à découvrir l’usage de l’écrase-pouces, du brise-genou, du collier en barbelé ou de la « cigogne à estropier » ? A suivre la file de visiteurs de l’exposition sur la torture en Europe du Moyen Age à la Révolution, présentée à la maison forte de Reignac, il apparaît que les plus gênés sont les parents. Que répondre en effet à une interrogation pour ne pas dire une question du genre : « Papa, pourquoi la chaise elle a des clous? », ou : « C’est quoi, l’ablation des pieds ? »

« Ca les intéresse beaucoup, ils veulent tout voir et tout savoir », confirme une mère de trois petits curieux qui a du mal à convaincre l’un de ses fils de « ne pas toucher à la grosse hâche ».

« Ca doit faire mal ».

Allison, fillette belge de 6 ans et demi aux boucles blondes, est subjuguée par chacun des instruments contondants et tranchants accrochés au mur, tel le coupe-langue ou le brise-crâne. D’un mot, elle résume sa pensée à la vue de l’outillage soigneusement préservé de la rouille et confirme l’aspect pédagogique de l’exposition : « Ca doit faire mal. » « Nous pensons que l’exposition est déconseillée aux mineurs, à moins qu’ils ne soient accompagnés de leurs parents. Après tout, c’est un devoir de mémoire », souligne Jean-Max Touron, propriétaire de la maison forte de Reignac et du site troglodytique de La Roque-Saint-Christophe, passionné d’histoire, qui a longtemps insisté pour faire venir en Dordogne cette exposition internationale passée par Mexico, Tokyo et San Francisco.

« Nous avons eu 60 000 visiteurs depuis le mois de mai. C’est un tel succès, inattendu je dois le dire, que nous la présenterons encore l’été prochain. Le thème colle à notre époque : regardez le camp de Guantanamo ou le scandale d’Abou Ghraib. Des historiens estiment à environ 500 000 millions le nombre de morts violentes, hors périodes de guerre, au cours du XXe siècle. Cette exposition permet, je crois, de faire le point deux siècles après la Déclaration des droits de l’homme ».

Tête décollée.

Le texte sacrée de la République française orne d’ailleurs la plus célèbre des inventions du Saintais Joseph-Ignace Guillotin. Si les puristes diront qu’elle n’a pas sa place dans une exposition sur la torture elle en est plutôt la conclusion , on apprend toutefois que, suite à des études scientifiques, « la tête sait qu’elle est décollée du corps ».

« Je ne lis pas toutes les explications, pour qu’elle ne comprenne pas », murmure la mère de Lucie, 8 ans. « Oui, mais là, le fauteuil, j’ai compris à quoi il sert », répond cette dernière, espiègle, en montrant du doigt les griffes acérées de la terrifiante chaise d’Inquisition, un des jouets préférés de Torquemada. Alexis, qui fête son septième anniversaire avec le bras gauche dans le plâtre, ne frissonne même pas devant la cage suspendue d’où un faux squelette contemple les visiteurs. Il se demande juste : « Pourquoi il n’a plus de vêtements ? »

Supplice de la chèvre.

Valentin, qui a la chance de savoir lire, ne s’émeut guère plus en apprenant que, coupée dans le sens de la longueur, la tête en bas, « la victime de la scie ne perd connaissance qu’au moment où celle-ci arrive au nombril ». Certains vont même jusqu’à sourire en passant devant le pilori, où, comme Fernandel dans le film « François Ier », les condamnés se faisaient lécher les pieds par une chèvre, quand bien même la notice précise que c’était « jusqu’à l’usure complète de la chair ».

« Il n’y pas de mise en scène. Les détails ne sont pas nécessaires, explique Jean-Max Touron. Il y a juste un fond sonore (1), sinon les gens n’osent pas parler. » Ce serait un comble pour une exposition qui en a les moyens.



Par Frédéric Zabalza.

22 août 2007 - Aucun commentaire
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Blog on the Beach : quelques liens

Voici quelques uns des liens des participants à Blog on the Beach 2007, une réunion amicale de blogueurs qui s’est tenue samedi soir au Cap Ferret (Gironde) et à laquelle nous avons consacré un carnet de route dans l’édition d’aujourd’hui, mardi 21 août 2007, du journal “Sud Ouest”.

- Très documenté sur des thèmes tels que l’Internet, les télécommmunications, les médias, le marketting et l’économie, le blog de Nicolas Guillaume se fend aussi de “considérations personnelles” tirées d’exemples réels rencontrés sur le web.

Le lien : http://nicolasguillaume.typepad.fr

- “New kid on the blog”, Giao anime le blog intitulé InZeSentier. Il y parle de ciné, de musique, des copains, de Troyes et d’Arcachon, y fait partager quelques coups de coeurs et rencontres, avec pas mal de sons et de vidéos.

Le lien : http://thegiao2001.typepad.fr

- Photographe bordelais et ferret-capien, Alexandre Cometti dispose de plusieurs sites et blogs, sur lesquels on peut naviguer. Sur certains, ce “photographe, griot et voyageur” expose ses travaux de photos, sur d’autres, il développe une vision personnelle du devenir de l’image (”le photographe cybernomade”).

Le lien : http://acometti.blogspot.com

- Auteur du jeu “Carpe Vinum”, Cédric Ringenbach en assure la promotion sur un blog régulièrement alimenté. Il s’agit d’un étonnant jeu de plateau qui invite les joueurs à déguster deux vins, à les comparer et à les déguster de façon originale. Et il n’y a pas besoin d’être oenologue pour s’amuser.

Le lien : http://www.carpe-vinum.com

- Les chroniques de l’Iboga racontent les sorties, relaient les coups de gueule et décrivent les plaisirs de François-Xavier Bodin, qui sillonne le Bassin d’Arcachon à bord d’un Jouët 680. Une mine de renseignements pour les fous du Bassin.

Le lien : http://www.fxbodin.com/iboga

- Un autre blog de navigation, celui de sun2k, est consacré à un bateau rare et carrément culte pour la poignée d’heureux navigateurs qui en possèdent un exemplaire : le Jeanneau Sun 2000. Trucs et astuces, “amateurisme et passion”.

Le lien : http://sun2k.free.fr

- L’organisateur de Blog on the Beach (qui se trouve à droite sur la photo du reportage), Jacques Froissant, anime deux blogs. L’un professionnel, celui de sa société Altaïde, et l’autre perso, consacré au Cap Ferret : actualités, histoire, photos, conseils pratiques. Très complet.

Le lien : http://www.lecapferret.net

- La forme, les couleurs, le ton : tout est super moderne sur le blog du groupe Reflect, animé par Manuel Diaz et son équipe, qui n’hésitent pas à essayer tout ce qui émerge en matière de technologie.

Le lien : http://www.groupereflect.net

- Monsieur Charles Liebert anime un multi-blog très animé et varié, contenant un blog perso, un blog associatif, un blog de tests en tous genres (gastronomie, informatique, culture…), un blog professionnel, etc. Ce type ne se repose jamais.

Le lien : http://www.charles-liebert.fr

Cap-Ferret (33). “Week-end off-line sur le Bassin”

blog.jpg Le glaçon n’a pas fondu et Fred avait sa place. Dans la blogosphère, le temps et les messages passent vite. « Je connaissais son blog, je savais que j’allais le rencontrer ici. En cinq minutes, c’était fait. On a bu l’apéro, il commence dans deux semaines. »Manuel Diaz est de la race robuste et rare des golden boys limousins. Samedi soir, au Cap-Ferret, dans l’arrière-salle du Pinasse Café, il a recruté Fred le temps d’un verre de garluche. L’heureux embauché, qui précise avoir déjà décroché deux boulots grâce à son blog, fera bientôt partie du groupe Reflect, que Manuel a fondé à l’âge de 18 ans et qui, dix ans après, est coté à l’Euronext. Forte de 230 salariés en Europe, la PME limousine gère la visibilité de grandes marques françaises et internationales sur le Web.« Que fait Loïc ? ».

C’est aussi par Internet interposé que le jeune entrepreneur de Limoges a connu Jacques Froissant, son meilleur sergent-recruteur et accessoirement l’organisateur girondin de Blog on the Beach. « Je réunis une fois par an des copains blogueurs et des lecteurs de mon blog sur le Cap-Ferret. Et on parle blogs toute la soirée ! » sourit ce chasseur de têtes, spécialiste du safari de nouveaux talents dans la jungle du Web.

Morceaux choisis de conversations, entre la papillote de moules aux aiguilles de pin et le filet mignon au caramel. Style comptable : « Eh, t’es bien lu toi, non ?

Disons que ma fréquentation baisse au nombre de pages vues, mais que j’ai un nombre croissant d’abonnés. »

Géographique : « J’étais à Denver en juillet pour un événement Microsoft…

Tiens, moi aussi ! Mais je ne t’ai pas vue. »

People : « Mais que fait Loïc Le Meur à cette heure-ci ?

Attends, je regarde (Manuel sort un portable dernier cri d’agonie du vôtre). Il n’est pas encore à San Francisco. Il dit qu’il passe un premier week-end off-line sans twitter… et il le dit sur son twitter ! »

Lecteurs réciproques.

Evidemment, tout cela est légèrement ésotérique pour qui ignore que Loïc Le Meur est le blogueur le plus éminent du pays et que le twitter est une nouvelle technologie qui permet grosso modo de bloguer sur téléphones mobiles. Carrément incompréhensible pour celles et ceux qui essaient chaque jour de faire des copier-coller avec une paire de ciseaux et de la colle Uhu.

Sur les 18 participants à Blog on the Beach 2007, troisième édition du rendez-vous des copains, beaucoup se rencontrent pour la première fois en chair, en tenue estivale et en os. Beaucoup sont bordelais et/ou ferret-capiens, les autres sont parisiens et/ou limougeauds. Tous ont plaisir à parler technique et/ou passions communes. Tous lisent régulièrement la prose des autres. « Je consulte une centaine de blogs, dont une quinzaine quotidiennement », confie l’un deux.

« Skipper-rédacteur ».

François-Xavier Bodin, « skipper-rédacteur », comme l’indique sa carte de visite, anime les « Chroniques de l’Iboga ». Il raconte : « J’avais créé en 1999 ce qu’on appelait alors un site perso, j’y tenais un carnet de bord de mes sorties en bateau sur le bassin d’Arcachon. C’était déjà une forme de blog… Ce qui est intéressant, c’est le contact que cela permet, les rencontres comme celles de ce soir. Je raconte ce que j’ai fait, les lieux sur lesquels j’ai conduit mon bateau. Je réponds de façon circonstanciée aux questions qui m’intéressent et d’autres, à leur tour, pourront découvrir les sites dont je parle. »

Le même « FX » résume les recettes qui font le succès d’un blog. Option 1 : « Tu fais un blog de niche », c’est-à-dire consacré, comme le sien, à un thème très précis qui rencontre un lectorat de connaisseurs. Option 2 : « Tu montres ton cul. » Option 3 : « Tu balances sur des blogueurs influents en espérant qu’ils te citent et que ça t’amène du monde sur le tien. ». Le succès, quoi qu’il arrive, reste relatif. « Quand on me classe parmi les blogueurs les plus influents, intervient Jacques Froissant, ça me fait plaisir, mais il faut garder la mesure. Je n’ai jamais que 3 200 abonnés. »

Sans compter les lecteurs égarés. « J’appelle ça du marketing aléatoire, sourit “FX”. Par exemple, je m’appelle François-Xavier et j’écris parfois sur Bordeaux. Alors, quand François-Xavier Bordeaux a fait la une de l’actualité, j’ai eu des pics de fréquentation sur mon blog. »

Par Nicolas Espitalier.

Meschers-sur-Gironde (17). Un petit Futuroscope dans son jardin

futuro.jpg Avec le même regard qu’un écolier allumant devant ses copains la mèche de la fusée qu’il a fabriquée, Christian Curaudeau tourne les boutons de sa boîte de contrôle. Un grand sourire illumine son visage quand l’automate déguisé en pirate tourne la tête et s’adresse au public, une petite famille de touristes en bermuda.Celle-ci n’a encore rien vu. Le Trogloscope de Meschers-sur-Gironde est inclassable. A la fois salle de cinéma, musée et parc d’attractions, méconnu des Michalais eux-mêmes, il est le fruit de l’imagination débordante d’un enfant de 50 ans capable de construire une tour Eiffel avec des trombones.

En 2001, après un chantier long de neuf ans, cet artisan peintre ouvrait enfin la porte de son moulin sans ailes, construit en pierre de Ruffec au milieu d’un jardin. A l’intérieur, une salle de cinéma « à effets spéciaux », capable de contenir, en se serrant bien, 20 personnes grand maximum. Sur l’écran géant, un film écrit, réalisé et monté par Christian Curaudeau lui-même, retraçant l’histoire des grottes de Meschers. En novembre 2005, pensant qu’il pouvait améliorer son oeuvre, le peintre a décidé de creuser un trou.

« Christian ne parle pas beaucoup. Quand il se lance dans une construction, on ne sait pas où il va, mais lui, il le sait », témoigne Jean-Marie Deleau, un journaliste de TF1 qui s’est pris d’amitié pour le fondateur du Trogloscope.

Le roulis de l’« Albarade ».

Deux ans après, le gros trou dans le jardin abrite la poupe d’un voilier. Un navire commercial du XVIIe siècle, l’« Albarade », dont le capitaine Pierre Picard raconte en images les mésaventures, avec l’abordage des « gueux de Meschers », ces pirates des bords de la Gironde atteints de la « peste de la méchanceté ».

Grâce à des vérins et à des moteurs de portails coulissants, le bricoleur génial a réussi à reproduire le roulis, qui rendrait presque malade les estomacs les plus fragiles si l’animation durait plus de dix minutes. Même le grincement du plancher donne l’impression d’être en mer.

« Quand il était petit, il jouait avec de la pâte à modeler. Après, il s’est mis à faire des trains et des bateaux. Il est très patient », assure Jeanine Curaudeau, la mère de Christian, qui regarde passer les visiteurs, assise à l’ombre, sur une chaise de jardin. Entre un autre fils, confiseur et amateur de tir à l’arc, et une fille spécialiste en chiens pratiquant l’agility, elle ne cherche plus à comprendre ce qui motive leurs passions.

« J’aime pas la ville ».

Le peintre, lui, ne trouve pas vraiment d’explication à son entreprise.

« Dès que j’ai gagné des sous, je me suis acheté une télé couleur. En 1980, j’ai fabriqué mon premier téléprojecteur avec une loupe. Je projetais des films chez moi. Ensuite, j’ai voulu mettre du relief. C’est comme ça que j’ai commencé à construire le moulin. La forme me plaisait bien. Et puis j’ai fait une salle des pirates à l’entrée. Ca ne me suffisait pas, alors j’ai fabriqué la poupe du bateau », résume-t-il.

La comparaison du Trogloscope avec le Futuroscope de Poitiers le flatterait presque si ce n’est un détail : « C’est trop la ville. J’aime pas la ville. »

Dans une semaine, après deux ans de travaux, Christian Curaudeau prendra enfin le temps de souffler. Jusqu’à sa prochaine inspiration. « L’année prochaine, si j’ai le temps, j’aimerais bien réaliser la maquette des grottes de Meschers. Et puis j’améliorerai aussi le film du moulin. »