A la brigade du stupre, l’été on vous surveille (ARCACHON - 33)
C’est un amour de vacances, une
histoire sans lendemain ? Pas si sûr : L’été, les détectives du Sud Ouest se
font saisonniers en bord de mer. Les couples illégitimes y seraient ainsi
particulièrement nombreux, notamment sur le bassin d’Arcachon. Même en maillot
de bain, les Big Brothers de l’amour veillent au grain.

Le
détective Alain Rousseau. “Les
femmes sont plus sentimentales, elles veulent tout connaître de leur
rivale” PHOTO PHILIPPE TARIS
Mais, à
l’instar du CRS qui tombe l’uniforme pour sauver des vies à la plage, le privé
doit aussi parfois troquer l’imper contre un slip de bain de camouflage. Quand
l’adultère va, tout lui va. 1 500 à 2 000 euros en moyenne le flagrant délit.
Après la Saint-Valentin, c’est d’ailleurs en été que la profession enregistre
le plus gros chassé-croisé annuel de tourtereaux clandestins. « Au moins une
filature par semaine. L’activité se délocalise de Bordeaux vers le littoral,
notamment le bassin d’Arcachon. Forcément, il y a des gens fortunés et beaucoup
de villégiatures. On m’appelle même de toute la France afin que je prenne en
charge monsieur ou madame à sa descente d’avion. » Ainsi, cet empêcheur de
tromper en rond délocalise-t-il chaque saison une partie de sa petite
entreprise là où le PDG aime à tartiner sa secrétaire au soleil. Scène de crime
idéale pour tuer l’amour à la plage, baisers et coquillages. Et pensions
alimentaires à la clef. « Le divorce pour faute devient rare, mais la clientèle
se diversifie avec de plus en plus de pacsés ou d’homos. Autant d’hommes que de
femmes, de 25 à 75 ans. Souvent, le doute naît d’une lettre ou d’un coup de fil
anonymes. »
Le
voisin, ce prédateur. La filature reste alors le plus sûr chemin pour confondre ceux
qui s’aventurent en dehors des liens plus ou moins sacrés du concubinage.
C’est-à-dire dans les bois, les restaurants, à l’hôtel, sous les portes
cochères, sur la plage et les banquettes arrière, ou bien chez cette
supercopine en compagnie de laquelle, Madame, vous aviez juré à votre époux que
vous passiez le week-end du 15 août. « Le cinq à sept est toujours un grand
classique, surtout avec la multiplication des hôtels où l’on paye sa chambre à
un automate », explique Alain Rousseau. Mais la filoche est d’autant moins
facile à réaliser que le coureur de jupons est devenu très méfiant, surtout au
volant. « Il y a le petit malin qui ralentit pour se faire doubler, l’autre qui
fait un tour de rond-point et se retrouve derrière vous, et enfin celui qui
vient directement demander si vous n’êtes pas en train de le suivre. Dans ce
dernier cas, rarissime, le mieux est encore de nier en jouant les idiots, avant
de se faire remplacer par un collègue le lendemain. »
Mais il est
pire prédateur encore que le mari volage pour la survie du privé : le voisin.
Sournoisement tapi dans sa haie de thuyas, cet animal désœuvré est ainsi
considéré comme le plus rapide au monde lorsqu’il s’agit de composer le 17. « À
la campagne, le risque numéro un est de passer pour un cambrioleur. Désormais,
je préviens systématiquement les gendarmes avant de faire une planque. »
Soirée
diapos.
Bien qu’assez rentable, la chasse aux peaux des fesses impies n’a pourtant rien
d’un safari. « C’est parfois très long d’attendre dans sa voiture en avalant
des sandwiches. Mais le plus pénible, c’est de filer un artisan. » Car, à
l’inverse du fonctionnaire, dont le cœur bat aussi au rythme de la pendule
réglementaire, le plombier peut se faire la belle et sa belle à n’importe
quelle heure de la journée. « C’est pour cela qu’il faut toujours avoir le
plein d’essence avant de partir au boulot. Avec une ou deux tenues de rechange
dans le coffre. »
Au soir de
lassitude succède l’heure grave de convier les cornus à la soirée diapos. « Si
les maris trompés sont avant tout préoccupés par des questions d’argent, les
femmes, en revanche, sont plus jalouses. Elles veulent absolument savoir à quoi
ressemble leur rivale. Plus jeune, plus belle ou plus blonde ? »
Allez,
Cupidon, remets ta culotte et range donc tes flèches empoisonnées, puisqu’on te
dit que tu es dans le viseur de la brigade du stupre.
Sylvain Cottin


petite mauve dit :
stupre … effraction !
detect33 dit :
Certes, mais le métier de détective, ce n’est pas que cela : http://detective-bordeaux.over-blog.com/