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Archive pour la catégorie 'Esprit Cabane'

Reportage photos : cabane de Cubzac-les-Ponts

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Reportage photos de Fabien Cottereau

22 juillet 2007 - Lire la suite Tags: , , ,

Cubzac-les-Ponts (33). Et au milieu coule une rivière

Eloge de la lenteur avec, pour cadre, le carrelet de l’architecte Hubert Saladin, à Cubzac-les-Ponts. Un havre de paix aux portes de Bordeaux

cubzac03.jpg« Te souviens-tu, durant ces nuits divines, du blanchissement de l’énorme squelette sur les écueils ? Te souviens-tu du carrelet et du parfum qui émanait de la marée basse ? », Gabriele D’Annunzio in « Lettres à Barbarella ».

Il faut passer le pont. Pénétrer dans le bourg endormi. Prendre la rue du Port. Jeter un oeil sur les rives encore lointaines et s’imaginer comment c’était au temps des bacs, au temps où le temps n’était pas un problème. S’enfoncer dans les terres, faire des tours et détours, pressentir l’eau toute proche. Arpenter le boulevard des Américains. Et enfin, parvenir au but, aviser un ponton de bois caché sous le feuillage et faire sienne la cabane du pêcheur. S’asseoir, regarder couler la rivière et rester là. Attendre Godot ou la marée et se faire oublier.

C’est à Cubzac-les-Ponts, la bien nommée, dans le carrelet sur la Dordogne de l’architecte Hubert Saladin. Là, nulle réinterprétation malvenue, modernité attrape-couillons pour cousines de province, juste la cabane, quatre parois de bois sur pilotis, un filet de pêche et infiniment de lumière. C’est à Cubzac-les-Ponts, mais ce pourrait être partout le long de la Dordogne, dans l’estuaire de la Gironde ou sur le littoral charentais. Une dentelle de cahutes les pieds dans l’eau, hiératiques et fragiles, qui signent le Sud-Ouest comme les moulins de Don Quichotte signalent la Mancha.

Entre-deux.

A l’intérieur, eau et électricité (on n’arrête pas le progrès), une ou deux chaises, une table, un vague canapé et quelques cadavres de bouteilles trahissent les soirées entre potes, la pêche à l’étale, l’attente patiente des mules et autres carrelets, plus rarement des aloses. Dans un coin, une planche de bodyboard témoigne des jeux des enfants, des baignades entre eau et vase. Tout ici est dans l’entre-deux. Pas encore la rivière et plus vraiment la terre, pays

age mouvant de roseaux et d’iris, ragondins, canards et hérons, plus un bruit aux portes de Bordeaux, avec la fraîcheur en partage, comme un souvenir de la naissance du monde. Parfois, la rivière déborde paresseusement et emporte tout; parfois, c’est la tempête. La cabane demeure, juchée sur ses échasses, plus solide qu’il n’y paraît.

Alors… Alors il suffit de se laisser aller, d’accepter l’infinie indolence du lieu, sa majesté placide, son côté durassien, « barrage contre le Pacifique ». S’abandonner à la douceur des choses. Ralentir. Se fondre dans la lenteur. Et regarder passer au loin, sur le pont, le petit train rouge qui va à Nantes…

Article d’Olivier Mony

Photo de Fabien Cottereau

22 juillet 2007 - Lire la suite Tags: , , ,

Bassin d’Arcachon (33). Petites bicoques de rêve

Ecoutez, fermez les yeux et retrouvez-vous les pieds dans l’eau sur une plage du Bassin d’Arcachon…

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C’est une histoire de beauté, une histoire de villages aussi, L’Herbe, Piquey, Piraillan… L’histoire de lieux magiques face à l’île aux Oiseaux

bassin01.jpgLes cabanes du Ferret, c’est beaucoup plus que des cabanes. C’est une histoire, des histoires, des souvenirs d’enfance et des noms magiques qui chantent doucement dans la mémoire : le chemin des douaniers, la Villa algérienne, Chez Magne, et si l’on tend l’oreille, l’écho parvient encore du rire de Lino lorsqu’il jouait aux boules…

Les cabanes du Bassin, c’est aussi tout ça, et quelques villages, bien sûr, L’Herbe, Le Canon, Piraillan, Piquey… 500 refuges, 280 chais à trier et 200 habitations, un dialogue haut en couleur entre ceux qui croyaient aux huîtres et ceux qui les gobaient, les travailleurs du petit matin, les poètes des lents crépuscules.

Tout avait commencé à l’époque où l’on oubliait Sedan. En 1875, le principe de création de villages ostréicoles est adopté. Les frères Lesca, « inventeurs » en quelque sorte du Ferret et richissimes entrepreneurs et exploitants forestiers, protestent vigoureusement (goûtons l’intemporalité de la dialectique retenue) : « Ce projet est nuisible à nos intérêts de propriétaires riverains, nous mettant dans l’impossibilité de vendre nos terrains en façade du Bassin. De plus, il compromet le projet d’une ligne de chemin de fer entre Arès et le cap Ferret et l’avenir de la presqu’île comme les intérêts de l’Etat. Il risque aussi d’aggraver l’insalubrité du pays en engendrant des maladies nouvelles ». Passant outre à ces conseils d’amis trop empressés, les cabanes seront édifiées et réservées à un usage strictement professionnel. Pourtant, l’adjonction d’une cheminée à certaines d’entre elles, dès la fin du XIXe siècle, semble indiquer que pratiquement dès leur création, la destination des lieux sera parfois détournée en cabanes d’habitation.

Loi heureusement restrictive.

Tout au long du XXe, le jeu du chat et de la souris se poursuivra entre la loi et l’usage et, en 1965, le préfet Delaunay rompt avec l’hypocrisie en autorisant, sous condition, l’utilisation des cabanes à d’autres fins que celles initialement définies. Mais, « dura lex, sed lex », la loi demeure puissamment (et heureusement) restrictive : les cabanes doivent être de dimension comparable (de 50 à 70 mètres carrés), ne pas comporter d’étage, être construites en bois, recouvertes de tuiles canal et bâties sur pilotis (ou surélevées) pour éviter d’être submergées. Bien entendu, toute location est strictement interdite.

Alors, qu’est-ce qui fait de cet ensemble de bicoques (plus solides qu’elles n’y paraissent), dont seules celles situées en « première ligne » bénéficient d’une vue magnifique sur le Bassin, l’image de marque mondialement diffusée du Ferret, avec son phare et son petit train ? C’est une histoire de beauté qui, comme chacun sait, est mauvaise fille. Il faut avoir vu le soir tomber sur l’île aux Oiseaux, les chalands passer, entendu les mouettes ricaner, humer le parfum du jour achevé, huîtres, tuiles séchées et la vase. Il faut avoir laissé du temps au temps. Voilà, c’est très beau. Et c’est tout.

Article d’Olivier Mony

 

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Photos de Franck Perrogon

 

Itxassou (64). Sous le toit du monde

Ecoutez et plongez-vous dans l’environnement des cabanes d’Itxassou…

sod01ruisseau.mp3Frédéric Jeanniot et Sue Clark nous proposent de réaliser un rêve d’enfant, vivre dans les arbres, posé sur les chênes centenaires basques

C’est un jeu d’enfants. Un truc entre « t’es pas cap ! » et « le monde un jour sera à nous ». Une histoire de petits gars qui veulent prendre de la hauteur. De secrets échangés, de serments, de toujours et pour toujours.

L’idée serait de passer des journées entières dans les arbres. De l’aube au crépuscule et vice-versa. Toute une vie. Loin, haut, caché, entre les feuilles et les oiseaux. Un rêve entre « Le Baron perché », de Calvino, et « La Guerre des boutons ». C’est une idée vieille comme la civilisation et la nostalgie de l’aube du monde. L’empereur Caligula avait sa cabane. La reine Victoria aussi, bâtie dans un tilleul vieux de 600 ans où elle prenait le thé. On dit que la ville du Plessis Robinson (Crusoë, bien sûr) lui devrait son nom pour ses cabanes du parc de Sceaux. Et Robin des bois lui-même ne vivait-il pas, selon la légende, dans un village construit dans les arbres de la forêt de Sherwood ?

Autre pays de bandits d’honneur et mêmes cabanes, le Pays basque. Ses montagnes, ses chênes séculaires, ses animaux comme surgis de l’aube des temps, son petit peuple qui joue à saute-frontière, son horizon comme une menace d’exil ou une promesse de lendemain.

Rêve zen.

C’est tout là-haut. Caché sous la futaie des arbres. Disséminées le long du massif du Mondarrain, trois cabanes posées sur des chênes centenaires avec vue sur l’Artzamendi et au loin, si loin que ce pourrait être l’Amérique, Cambo-les-Bains. Cela s’appelle Legordia Borda. Un décorateur et sa femme, anglaise, ont eu l’idée de ces cabanes d’hôtes, construites autour d’une bergerie, rêve zen de bobos stressés, fantasme un tantinet régressif, adoptées avec enthousiasme par les Basques séduits par la proposition. Et ceux-ci de rappeler le souvenir fabuleux du Restaurant du chêne d’Itxassou, juché dans son arbre et dont on dit qu’il compta parmi ses visiteurs Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir que la hauteur de vues n’effrayait certes pas, mais habitués à des joies plus citadines.

De fait, qu’est-ce qu’on fait dans une cabane ? Pas grand-chose justement et c’est ce qui est bien. Des trucs très agréables, rien, l’amour, vieillir, retomber en enfance. On peut y amener un livre, ses soucis, des dossiers en retard, une femme aimée. On peut aussi se présenter seul et s’en porter bien. Cette solitude-là sera peuplée. Dans les cabanes en cèdre rouge de Legordia, on peut se laisser dissoudre dans le tumulte des animaux de la montagne, les pottoks, les mulets, les betisoaks, les manechs et les vautours qui surveillent leur petit monde et donnent à tout cela un air de « Lucky Luke ». Il n’y a plus ni soleil ni pluie. Le bruit du vent, l’écho d’une cascade dans le lointain, le crépuscule, la nuit profonde et l’aube qui serait à chaque fois le commencement du monde. Il ne faut rien rater de tout cela et accueillir les yeux ouvert ces prodiges. On a toute une vie pour dormir. Et rien à gagner, jamais, à redescendre de son arbre.

Plus d’infos sur www.legordia.fr

Article d’Olivier Mony.

8 juillet 2007 - Lire la suite Tags: , , ,

Reportage photos : les cabanes d’Itxassou (64)

Les cabanes d’hôtes Legordia Borda de Fr•éd•éric Jeanniot et Sue Clark sont ouvertes toutes l’anné•e sur ré•servation. www.legordia.fr 

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Reportage photos de Jean-Daniel Chopin

8 juillet 2007 - Lire la suite Tags: , ,