Sur la route... http://surlaroute.blogsudouest.com Les carnets d'été dans le sud-ouest Fri, 29 Aug 2008 08:24:55 +0000 http://wordpress.org/?v=wordpress-mu-1.2.1 fr Corps-à-corps avec Marx (PESSAC - 33) http://surlaroute.blogsudouest.com/2008/08/29/corps-a-corps-avec-marx-pessac-33/ http://surlaroute.blogsudouest.com/2008/08/29/corps-a-corps-avec-marx-pessac-33/#comments Fri, 29 Aug 2008 08:24:55 +0000 adminblog http://surlaroute.blogsudouest.com/2008/08/29/corps-a-corps-avec-marx-pessac-33/

Thierry Marx dispense des cours de défense personnelle et gestion du stress, inspirée du krav maga. Ces leçons s’adressent aux femmes en bonne santé et plutôt en forme. On a testé. Aïe !

marxLui debout. Pleine force de l’âge. Pas envie de rigoler. Car Thierry Marx, le très médiatique chef de Cordeillan-Bages, enseigne aussi les subtilités du krav maga. Le krav maga qui, contrairement aux idées reçues, n’est pas un art, martial ou autre, mais une technique de combat à main nue, du corps-à-corps, en milieu hostile. Pour mieux situer encore, on peut ajouter que Thierry Marx a été formé à cette pratique par l’armée israélienne.
Donc, debout, carré comme un bloc de béton armé, il met la petite femme à qui il enseigne en situation de stress ou d’agression. Il s’adresse à elle sans fioritures : « Tu me pousses à l’épaule, comme si tu voulais me bousculer vraiment. » La petite femme tente une poussée de la main droite sur l’épaule bétonnée du chef. Qui s’agace. « Non, là, tu me masses. J’ai dit un vrai coup. » L’agresseuse y va et se retrouve aussi sec genou à terre, le bras tordu et le cou maintenu de main ferme. Même pas mal. Il faut se relever, ne pas chouiner tandis que le professeur enchaîne une autre scène d’agression, sans lui laisser le temps de se repoudrer le nez.
Périmètre d’intimité. Entre deux coups, il ne cesse de parler. Commente, raisonne, explique, provoque une poussée de tension chez l’élève. « Le but du krav maga est de sortir d’un conflit le plus vite possible, de ne pas laisser l’attaquant entrer dans ton périmètre d’intimité et de reprendre un périmètre de sécurité. Le krav n’est pas un art, le geste est moche parce qu’il répond efficacement à ce qui est le plus laid dans la vie. »
Puis il ordonne : « Tu m’étrangles, allez, vas-y avec les deux mains. » Comme il insiste, l’élève tente une strangulation avec un peu plus de conviction, parce qu’à ce stade de la leçon, elle aussi commence à trouver ce jeu énervant. Encore perdu. Les bras en vrille, le menton à l’ouest, elle capitule, mais non, elle ne crie pas.
« Le krav n’est pas un sport, il n’y a pas de règle, ça répond à une agression, on est dans la réalité d’une agression. Oui, le cours est stressant, les femmes qui participent le savent, je les briefe avant. L’agresseur est un prédateur, il sent la proie. À toi de ne pas le devenir, sans jamais te départir de la légitime défense. »
Thierry Marx organise une journée d’initiation au krav maga, le 20 septembre, dans la salle de sport Fit Planet, à Pessac. « Je ne demande qu’une chose, que les stagiaires soient en bonne condition physique, répète-t-il. Ces techniques ne sont ni de la castagne brutale, ni compliquées, juste précises. Elles permettront aux femmes de se sentir plus sûres d’elles en toute situation. Et ça marche aussi dans le milieu professionnel. »
La philo a ses limites. Comme la fille pendant la leçon grimace quand même et se frotte la nuque, il en profite pour apporter quelques précisions. Deux-trois trucs à ne jamais oublier. « Quand quelqu’un te demande l’heure dans la rue, tu lui donnes, tu observes et tu gardes un pied prêt à partir. Éviter l’embuscade. Les femmes ne donnent pas spontanément des coups de poing, alors elles griffent, poussent. Quelles sont mes armes ? Pieds, mains, avant-bras, coudes, épaules, tête, genoux et doigts. Mon sac à main est une arme, mon portable dans mon poing serré aussi. Il suffit de se positionner, de ventiler et de réagir vite. Dans ta tête, tu switches : je ne suis pas une victime. »
Il y aura encore quelques ruades. Un crochet sur la joue tendue de l’élève, mais pas fort. Tandis que le professeur s’apprête à expérimenter avec elle une énième agression, il ajoute : « En entreprise, je propose aussi des stages de krav maga. Si on pige, alors le rapport aux autres change. On affronte l’ennemi ou supposé ennemi de face. C’est une philosophie de la vie. Mais la philo a ses limites, et moi j’apprends aussi à se servir de son corps. » Il le prouve, alors l’élève se retrouve encore face contre terre. Et là, elle lui en collerait bien une !

Isabelle Castéra

Photo Alexandre Sioc’han de Kersabiec

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Paparazzi : objectif thune (CAP-FERRET - 33) http://surlaroute.blogsudouest.com/2008/08/29/paparazzi-objectif-thune-cap-ferret-33/ http://surlaroute.blogsudouest.com/2008/08/29/paparazzi-objectif-thune-cap-ferret-33/#comments Fri, 29 Aug 2008 05:49:04 +0000 adminblog adoArcachonBassinblogcampingcap-ferretdune du PilatElfassifranceinternetjeujeunesJohnnylaclandesLoïc SellinmerpaparazzipêchepeoplePhotosPPDAreportageroutesoleil http://surlaroute.blogsudouest.com/2008/08/29/paparazzi-objectif-thune-cap-ferret-33/

Si la densité de vedettes au mètre carré n’est pas encore celle de Saint-Tropez, la presse people s’intéresse chaque été davantage aux sauteries du bassin d’Arcachon. Des vocations naissent

paparazziObjectif de paparazzi pour shooter dans les coins. Photo

FRANCK PERROGON

C‘est une bête souvent sale et hirsute à force d’être traquée. Qui dort peu, mange mal et se soulage aux quatre vents. Pris à son propre piège, le paparazzi est devenu plus inaccessible encore que sa proie, « la-vedette-de-la-télé ». Mais, avec un taux de croissance à rendre jaloux les PDG chinois (+ 60 % pour « Voici »), la presse people est désormais pourvoyeuse d’emplois saisonniers au même titre que l’industrie du beignet-chichi.

Ils seraient ainsi cet été une grosse dizaine à frayer entre deux eaux troubles du bassin d’Arcachon, à la recherche de fretin plus ou moins menu : Julien Courbet, Albert de Monaco, PPDA et tant d’autres. Sans atteindre l’intensité tropézienne, le business de l’image volée attire ici chaque été davantage les stars de la profession, autant que leurs avatars « crève-la-dalle », essentiellement des gens du cru plus habitués à tirer le portrait des jeunes mariés que celui des stars. « Nous sommes 90 % de smicards », reconnaît l’un des pionniers de cette ruée vers l’or de gloire. « C’est un métier d’avenir, à condition de bien admettre qu’il n’y a que cinq ou six gros coups à l’année sur le Bassin. » Mais, à 40 000 euros le poster de l’insaisissable Obispo taquinant au Ferret la mimine de la chanteuse Jenifer dans un flou tout sauf artistique, les vocations, pourtant, se multiplient à la vitesse de la lumière des flashs.

En planque, mode d’emploi. « Tout le monde connaît les coins où il faut chercher », poursuit un autre photographe entré en clandestinité. « Sauf que la dernière fois que l’on nous a promis Johnny à table Chez Hortense, j’ai planqué deux jours dans ma bagnole pour rien. » Second spot des people sur le Bassin, la maison de Benoît Bartherotte semble être également devenue le meilleur coin de pêche du littoral atlantique, depuis qu’un certain DiCaprio y a mis ses doigts de pied en éventail. « Là, t’as pas le choix, tu loues un bateau pneumatique et tu te déguises en pêcheur. Après, tu peux aussi t’incruster dans les discothèques à la mode avec un tout petit boîtier, sauf que les patrons sont méfiants, certains même te fouillent à l’entrée. Mais il nous reste encore quelques ruses pour ne pas se faire repérer, notamment la fausse optique-miroir. C’est un truc qui fait croire à ton vis-à-vis que tu photographies la cime d’un arbre alors que tu es en train de faire un gros plan sur son visage. »

Passé millionnaire et maître dans l’art d’être là où, paradoxalement, on l’attend, le plus célèbre des paparazzis tricolores, le sulfureux Jean-Claude Elfassi, ne néglige plus le Bassin. « J’y ai coincé cet été la fille du prince Albert », savoure-t-il. « La dune du Pilat est d’ailleurs un endroit magique. Une fois au sommet, ta victime se retrouve à découvert sur des centaines de mètres. Tu n’as plus qu’à mitrailler. »

Les étrennes du papa. Provocateur en chef de la presse à scandale, Elfassi, cependant, ne va jamais au petit bonheur la chance. « Les trois quarts des reportages sont arrangés avec les people. Pas les miens, mais ils sont rares et très rentables. Même si ce sont bien souvent des proches de la star qui vous filent le tuyau, il faut aussi savoir graisser la patte lorsque l’info est brute. » Qu’il s’agisse de celle de l’agent EDF, de l’hôtesse au sol d’Air France ou du technicien de chez SFR, les étrennes restent ici le premier poste budgétaire, loin devant le matériel de camping pourtant digne d’un agent des forces spéciales. « Lors d’une planque, il ne faut rien laisser au hasard », explique celui qui fait parfois son lit sur le clocher des églises comme dans les conduits d’aération des cliniques. « Jumelles à vision nocturne, fringues de camouflage, de l’eau et des gâteaux secs qui ne risquent pas de tourner au soleil, et puis aussi des petites lingettes de toilette pour bébé. »

Le patron de la rédaction de « Voici » reconnaît enfin un afflux croissant de propositions commerciales sur sa boîte mail, certaines oblitérées du Cap-Ferret. « Avec le numérique, tous les touristes s’y mettent. 80 % de leurs photos de stars n’ont aucun intérêt… Mais 20 %, ça reste énorme, d’autant que leurs tarifs ne sont pas ceux des professionnels », se réjouit ainsi Loïc Sellin.

Sylvain Cottin

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Vieux, moi ? Jamais ! (BIDART - 64) http://surlaroute.blogsudouest.com/2008/08/29/vieux-moi-jamais-bidart-64/ http://surlaroute.blogsudouest.com/2008/08/29/vieux-moi-jamais-bidart-64/#comments Fri, 29 Aug 2008 04:44:53 +0000 adminblog Bidartbien vivrebioblogbordeauxinternetjeujeunesJoël de Rosnaylaclivremernaturepauplageroutesoleilsurftravailvin http://surlaroute.blogsudouest.com/2008/08/29/vieux-moi-jamais-bidart-64/

Joël de Rosnay, 71 ans, biologiste futurologue, conseil auprès du président de la Cité des sciences et de l’industrie de la Villette à Paris, livre son carnet de « bien vivre ». Entre deux vagues

rosnayPhoto Sylvain Cazenave

Joël ! Au Bahia Beach de la plage de Parlementia, à Bidart, les serveurs le hèlent. « Un jus d’orange pressé, Joël ? » Il est arrivé en courant, longue silhouette à la crinière blanche, peau tannée par le soleil et Converse aux pieds. Mauricien né en 1937, il est ici chez lui, au cœur de ce spot de surfeurs basques. Joël de Rosnay, biologiste spécialiste en futurologie, docteur ès sciences et conseil auprès du président de la Cité des sciences de la Villette à Paris, surfe tous les jours, à Parlementia. Deux heures le matin, deux heures l’après-midi sur la planche. « Touchez-moi ça ! » ose-t-il. Biceps, triceps et muscles dorsaux : du béton.

Prévention, pas privation. En 1979, avant tout le monde, il écrivait « La Malbouffe » avec sa femme Stella. Depuis l’âge de 30 ans, le scientifique travaille son corps avec une étonnante opiniâtreté. Ce qu’il mange, boit, comment il bouge et pourquoi, la qualité de son stress, celle de son émotion sont guidés par sa main. Aujourd’hui, le résultat laisse rêveur. Joël de Rosnay, à plus de 70 ans, est un magnifique athlète, court le monde, donne des conférences, écrit des bouquins non sur l’art d’être grand-père, mais sur celui de vivre vieux, le mieux possible.

Pour commencer, deux citations. « Ça va vous aider à me comprendre. » Donc : « La vieillesse est si longue qu’il ne faut pas commencer trop tôt », signée Mark Twain. « Plus tu donnes, plus tu restes », de René Berger, philosophe en pleine forme de 84 ans. Lui tout seul, maintenant : « Je parle de vieillir jeune », lâche-t-il. « Je fais la différence entre le bon et le bien vivant à l’aide de quatre clés. » À ce niveau de la conversation, tout le monde, nez levé, attend ces quatre clés. De l’éternelle jeunesse, élixir de jouvence. Pas si simple. Il faut de la pratique, une volonté de fer, une détermination de chaque instant. Mais de ça, il ne parle pas. Quatre clés, donc : nutrition, exercice physique, potentialisation du stress, plaisir. C’est tout ?

« Pourquoi vieillit-on ? » se lance le scientifique. « Parce que le corps s’oxyde et que les tissus s’enflamment. Il faut alors lutter contre l’oxydation et l’inflammation, responsables des maux principaux du corps vieillissant. Regardez, je suis un laboratoire de recherche à moi tout seul. Je mange de façon frugale, ne me ressers jamais deux fois, et je dévore légumes variés et fruits : myrtilles, framboises, fraises, mûres, raisin, pommes avec la peau soigneusement lavée, tous les matins. Le secret ? Manger coloré, le pigment absorbe le rayonnement et suscite une défense naturelle. Le fruit potentiellement le plus intéressant est la grenade. J’en bois deux verres par jour. Antioxydant, il fait baisser la tension, protège contre le cancer de la prostate ; on en trouve dans les magasins bio et les boutiques arméniennes. Deux verres de vin de Bordeaux par jour également, et il faut abuser de curcuma, excellent préventif contre la maladie d’Alzheimer (on en trouve dans le curry). Boire aussi du jus de noni, une plante qui pousse à Hawaii et donne de l’énergie. Pas de graisse, du poisson, des volailles, œufs, fromages secs, noix, noisettes, de l’eau. Et deux carrés de chocolat noir par jour. »

Plaisir et méditation. Chaque matin, au réveil, Joël et Stella pédalent vingt minutes sur un vélo d’appartement. Lui, ajoute dix minutes de musculation et de stretching, un jogging deux ou trois fois par semaine, du surf, de la marche nordique et un peu de yoga. Pour économiser son adrénaline, il potentialise son stress grâce à l’« effet zen » qui fait virer en positif les sentiments négatifs de la vie et ceci, grâce à la méditation. Il pratique dans les embouteillages ou au bureau, yeux fermés, pouce et index bouclés.

La quatrième clé sera celle du plaisir. « Moteur de la vie, il faut le chercher partout. Se faire du bien dans la pratique d’une activité intellectuelle ou physique, le bonheur d’être avec ses enfants ou amoureux sécrètent des endorphines, excellentes pour la peau. Pour optimiser notre capital santé, j’ai inventé le terme de ”bionomie”, management du corps. »

À ses amis bedonnants qui, devant une table riche, se moquent de son ascétisme, le svelte Joël répond qu’il est avant tout un hédoniste qui a plaisir à son corps. Et vous ?

À lire : « Une vie en plus. La longévité, pour quoi faire ? », de Joël de Rosnay, coécrit avec Jean-Louis Servan-Schreiber, Dominique Simonnet et François de Closets. Éd. de Poche.

Isabelle Castéra


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Les trente minutes blondes (SEIGNOSSE - 40) http://surlaroute.blogsudouest.com/2008/08/28/les-trente-minutes-blondes-seignosse-40/ http://surlaroute.blogsudouest.com/2008/08/28/les-trente-minutes-blondes-seignosse-40/#comments Thu, 28 Aug 2008 20:39:38 +0000 adminblog blogcoupefranceinternetlacLadislas de HoyosLaurence FerrarimerPPDAreportageroutetélévisionTF1 http://surlaroute.blogsudouest.com/2008/08/28/les-trente-minutes-blondes-seignosse-40/

Ladislas de Hoyos fut la doublure de PPDA au JT de TF1. Avant d’en être éjecté par celui-ci. Avec malice, M. le Maire observe aujourd’hui Laurence Ferrari concurrencer « Mémé-DA »

tele ladislas de hoyosPhoto Xavier Ges

Il n’était pas blonde puisqu’il n’avait déjà plus de cheveux sur le caillou. Pis, il n’a jamais déballé sa poitrine ni ses conquêtes dans les magazines. Et pourtant - c’est incroyable -, Ladislas de Hoyos a présenté le 20 Heures de TF1. Par centaines de fois même (de 1988 à 1991), il joua les doublures de PPDA jusqu’à ce que celui-ci finisse par le trouver un peu moins glamour que Claire Chazal. Mais, alors que son ex-copain de bourreau est à son tour en voie de « martyrisation » massive, transformons donc Ladislas en ménagère de moins de 50 ans. Et regardons ensemble Laurence Ferrari, dont on nous dit que le métier serait le plus beau au monde. « Enfin, vous mettez n’importe qui à l’antenne et vous en faites une star. » Car si Ladislas n’est pas du genre à cracher dans la soupe, faudrait voir à ne pas trop lui pousser l’assiette sous le nez quand même. Que PPDA pourtant se rassure, le temps de régler la mire et quelques comptes, voici pour lui la preuve qu’il y a bien une vie après le 20 Heures. Mais peut-être à condition d’être élu et réélu comme lui maire de Seignosse.

20 heures. Elle dit merci. Lundi, Ladislas de Hoyos aurait dû regarder France 2, parce que « Chazal l’ennuie ». En restant poli. En le restant moins, on apprendrait que sa meilleure ennemie est désormais surnommée « Mémé-DA » dans les murs du maçon. « Ce premier journal de Laurence Ferrari est à mes yeux moins important que le dernier de PPDA. Que j’ai enregistré et regardé deux fois. Il s’en est bien tiré, avec élégance. Sa seule erreur aura été de ne pas avoir senti le vent tourner. Mais bon, avec les casseroles qu’il a eues dans les années 90, il n’aurait pas tenu une minute aux États-Unis. » Une longévité qui aura au moins eu le mérite de retarder la guerre des blondes. « Je suis persuadé qu’il y en a une de trop. Ce soir, Ferrari commence par remercier la rédaction. Ça change. » De ton, mais pas de fond. « Le déroulé des JT de TF1 et de France 2 est identique. C’est pour cela qu’aucun présentateur ne pourra vraiment modifier la formule. De toute façon, l’âge d’or des JT est terminé. La télé à la demande se développe, et il y aura bientôt un Audimat instantané… Vous verrez qu’un jour on coupera des sujets en direct. »

20 h 16. Elle lit. « C’est bien, ce qu’elle fait Ferrari. Elle se penche sur ses papiers et lit le prompteur sans faire bouger ses yeux. Et quand elle interviewe Alain Bernard, elle écoute ses réponses, ce que ne sait pas faire Chazal. » Convaincu qu’il faut avoir entendu siffler les balles de kalachnikov avant de célébrer la grand-messe en tenue de soirée, Ladislas de Hoyos ne pense pas pour autant que les non-filles et les non-blondes sont une espèce en voie de disparition. « Au JT, tout est dans la voix et le regard, PPDA savait d’ailleurs très bien en jouer. Et je suis certain que des Léon Zitrone reviendront un jour à l’écran. » Plus encore que leur couleur, c’est pourtant la densité des cheveux qui semble aujourd’hui en cause. « Je me souviens avoir dit à PPDA que le jour où il serait chauve comme moi il se poserait des questions. Mais il a fait des implants. »

C’est en lisant une brève dans « Le Figaro » que ceux de Ladislas de Hoyos se sont virtuellement dressés sur sa tête. « Un vendredi matin, plus personne ne voulait me prendre au téléphone. Lorsque j’ai fini par croiser Mougeotte, il m’a dit que c’était une rumeur bidon. » PPDA aura beau lui offrir un casse-croûte pour lui dire combien il l’aime, c’est sous les projecteurs de l’ANPE des Yvelines que l’ex-star du JT ira présenter ses hommages. « Les gens pensaient que je faisais un reportage. Je n’étais pas bien… pas bien du tout. Forcément, le 20 Heures, c’est le fauteuil papal. Dix mecs peuvent s’y asseoir parmi les 30 000 journalistes recensés en France. »

20 h 32. Elle sourit. « Un collier discret, un sourire et une spontanéité qui lui sont propres, elle va donner un coup de vieux à sa collègue. Et puis, surtout, elle n’a pas terminé en nous balançant le fameux “Quant à moi je vous retrouverai, etc.”, façon Chazal justement. »

 

Sylvain Cottin

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De quel bois se chauffent-ils ? (LA PALMYRE - 17) http://surlaroute.blogsudouest.com/2008/08/28/de-quel-bois-se-chauffent-ils-la-palmyre-17/ http://surlaroute.blogsudouest.com/2008/08/28/de-quel-bois-se-chauffent-ils-la-palmyre-17/#comments Thu, 28 Aug 2008 20:35:27 +0000 adminblog batailleblogenvironnementeuropeforêtfortgayhomosexuelsinternetjeujeunesLa LèdeLa Palmyrelacmernaturismepaupinsroutethéâtre http://surlaroute.blogsudouest.com/2008/08/28/de-quel-bois-se-chauffent-ils-la-palmyre-17/

Connue dans toute l’Europe pour être le rendez-vous des coquins, la forêt de la Lède est le théâtre d’un champ de bataille entre exhibitionnistes et gendarmes. Promenons-nous dans le bois…

la palmyrePhoto Xavier LéotyC‘est un maquis de pins maritimes où l’on ne porte pas la cagoule simplement par goût d’anonymat. Une fois la dune franchie, mieux vaut d’ailleurs garder ses yeux derrière la tête si l’on ne veut pas être contraint au jeu de la bête à deux dos. Ici, les attentats ne visent que la pudeur. Par l’entregent d’Internet, ce petit bois où l’on trousse sans chemise est ainsi devenu l’un des carrefours de l’Europe gay et libertine depuis la fin des années 90. Latins, Bataves et Saxons en culottes très, très courtes y butinent chaque été à tire-larigot. Et chaque automne, c’est le même refrain, les feuilles de reproches se ramassent à la pelle dans la boîte aux lettres de monsieur le Maire. « C’est lassant, mais je comprends les jeunes mamans choquées d’avoir croisé la route de ces énergumènes qui ne se cachent même plus. Ils ne doivent pas annexer ma commune », menace Robert Jono. « Voilà six ans que j’ai pris un arrêté interdisant le naturisme dans la forêt, mais rien n’y fait. »

La cavalerie en renfort. Ceinturée par une bonne vieille piste cyclable des familles, cette sulfureuse forêt de la Lède (sur les panneaux, le L est subtilement travesti en P) présente surtout la circonstance aggravante de voisiner le Club Med de La Palmyre, dont on nous dit que les gentils membres aiment désormais à jouer au Scrabble plutôt qu’aux guili-guili dans les arbres. Et ceux-ci ne supportent plus le son des corps le soir au fond des bois. Avec le renfort de la cavalerie, les autorités locales sont donc montées sur leurs grands chevaux afin de bouter les étalons hors des taillis. Six soldats de la maréchaussée envoyés au casse-pipe pour faire feu de tout bois dans ce remake des « Gendarmes de Saint-Tropez », version hard. « À cheval, on avance vite et partout », explique un officier en poste à l’année, hélas à pied. Mais si la faim fait parfois sortir les loups du bois, le flagrant délit reste particulièrement rare. « Le phénomène prend de l’ampleur parce qu’il y a autant de gens qui participent que de gens qui regardent », assure le militaire. « Nous savons aussi que de temps à autre, des femmes sont attachées à des arbres au cours des simulacres. Et ce sont parfois ces mêmes mateurs qui vont jouer les vierges effarouchées à l’Office de tourisme. Plus tard, enfin, ils nous passent un coup de fil, pour nous raconter qu’ils ont vu un grand type bronzé avec un gros truc dans la main. Curieusement, pourtant, ils ne viennent jamais nous le dire en face. »

Faux prétextes. Alors, comme l’avait déjà compris Bourvil, la « taca taca tac tac tique » du gendarme est ici d’être « constamment à cheval sur le règlement », fût-il inspiré par de faux prétextes environnementaux. « Nous avons deux moyens pour les verbaliser. D’abord, lorsqu’ils se promènent dans un espace protégé, et puis, surtout, lorsque nous en attrapons un en train de fumer dans la forêt, ou même seulement avec un mégot à ses pieds. »

À ces deux infractions opportunément vertes, le Code pénal pourrait même s’en offrir une troisième, tant l’humus de La Palmyre ressemble à la piste d’essai d’un manufacturier pneumatique. Jonchée de caoutchouc usagé. Selon l’adage qui veut qu’il n’y ait plus de saisons ma pauvre dame, les échauffourées dans les fourrés se prolongent désormais aux quatre saisons. « L’hiver, nous sommes entre homosexuels, et l’on reste dans nos voitures », confirme celui que tout le monde appelle ici le « commandant ». Plus loin derrière la dune, un certain Jean-Noël se demande à l’inverse comment retrouver une aiguille dans une botte de foin. « L’été, c’est plus compliqué pour se repérer, alors nous accrochons un petit bout de tissu rouge à notre sac à dos ou bien sur le parasol. »

La chasse à cour n’est pas sur le point de s’achever. Si dure à la fesse molle, l’épine de pin devrait donc longtemps encore rester le seul prédateur de l’homme des bois déviant.

Sylvain Cottin

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Chez Minus, la moule fait aussi de l’esprit (CAPBRETON - 40) http://surlaroute.blogsudouest.com/2008/08/23/chez-minus-la-moule-fait-aussi-de-lesprit-capbreton-40/ http://surlaroute.blogsudouest.com/2008/08/23/chez-minus-la-moule-fait-aussi-de-lesprit-capbreton-40/#comments Sat, 23 Aug 2008 08:54:04 +0000 adminblog aoûtblogbordeauxcabaneCapbretoncôteDaxhossegorjeulaclandesmerminusmoulespêcheroutetorture http://surlaroute.blogsudouest.com/2008/08/23/chez-minus-la-moule-fait-aussi-de-lesprit-capbreton-40/ L’ancien port de pêche, le seul des Landes, futtrès actif à une époque, puisqu’on en partait pour pêcher la morue jusqu’à Terre-Neuve. Capbreton est surtout un port de plaisance, mais quelques bateaux de pêche subsistent. Sardines, bars et daurades sont les poissons fétiches de la côte landaise. A l’arrivée des pêcheurs, sur le port, le public se presse. En face, chez Minus, on préfère les moules…

moulesLa moule de Minus n’est pas un mollusque ordinaire. Il faut oublier dans les tambouilles de nos grands-mères la moule cuite et recuite, flottant dans son jus ail et persil. Oublier l’enfant grimaçant qui pêchait entre le pouce et l’index le jeune crabe oublié dans un coin de coquille. Sur le port de Capbreton, la moule de Minus, bouchot à fond, a de l’esprit, du style, un genre. On la mange avec les doigts, dans des assiettes en carton, sur des tables en bois brut. On en sort satisfait et assez sale. Mais la guinguette du port de Capbreton affiche complet tout le mois d’août. On appelle ça une institution. De la moule.
À l’origine, un ferrailleur argenté venu de Dax. Il s’appelle Bernard Castex, on le dit Minus en raison de sa petite taille. Loin d’en faire un complexe, le Landais se servira de ce sobriquet pour nommer sa petite entreprise. Pas si bête. Un jour, il décide de monter une cabane sur le port de Capbreton, côté Hossegor, afin d’inviter ses amis à goûter ses moules cuites à la plancha.
Jalousie, jalousie. Années 90. La plancha a traversé la frontière espagnole. Minus ajoute à la cuisson un assemblage d’herbes, un mélange de 13 épices dont personne ne sait rien. Les amis des amis s’invitent, suivis de leurs copains et de leurs voisins. Minus ajoute des tables, de 5 il passe à 30, car la bonne société dacquoise se presse dans cette guinguette en bois, se suce les doigts et en redemande.
Lorsque Bernard Castex meurt prématurément, en 2001, l‘entreprise est rattrapée par sa fille, Sabine. Elle vient d’achever des études de commerce international, avec dans l’idée de se frotter aux États-Unis. La moule, a priori, ne l’inspire pas. Enfin, « pas avant 40 ans », répète-t-elle à ses amis. Pourtant.
« On attendait que je me plante, admet la jeune femme. Le succès de papa a suscité pas mal de jalousie autour. Surtout qu’entre-temps, la moule est vraiment devenue à la mode, tout le monde a tenté sa chance. Malgré la concurrence, nous avons continué à réussir, tout étonnés. »
La success story du mollusque s’interrompt au mois d’avril dernier, sinistre 26 avril où la baraque à Minus brûle entièrement. Sabine est réveillée en pleine nuit. « Deux heures la tête dans le seau », se souvient-elle. La journée suivante, tandis qu’elle ramasse les débris, elle voit des gens pleurer derrière les barrières de sécurité. Oui, pleurer. Pour des moules. Il faudra des mois de reconstruction « à l’identique » avant une réouverture le 6 août. « J’avais peur que Minus y perde son âme. »
Rien à jeter. « Le succès tient beaucoup à ce truc imperceptible. Donc, tout est pareil, en mieux, en propre. » Six planchas chauffées à blanc en permanence, des centaines de kilos de bouchot livrées le matin et le soir par une entreprise SPF qui s’est appuyée sur Minus pour exister. Des assiettes en carton, des verres Arcopal, un tour de main.
En moyenne, le client paye 14 euros pour 700 g de moules et 300 g de frites, avec un rince-doigts en sachet. Du boucan en prime et les toilettes à l’extérieur. Les concurrents n’y comprennent rien. Sabine ose une explication : « Les employés sont mes amis, toutes les serveuses sont des filles. » Tu parles. Élisa et Sébastien viennent de Bordeaux pour se salir les doigts chez Minus. « C’est la sauce, introuvable, incomparable, et les moules. Pas une à jeter. Le décor, on s’en fiche. Tout le monde se mélange ici. Le soir, c’est plus snob, évidemment, les gosses de riche aiment bien venir se montrer dans la cabane. Dans la sauce, il y a de l’ail, du thym, du curry et puis… »
Sabine ne dira rien, même sous la torture. Secret de papa. « Du thé vert », finit-elle par lâcher. E t puis…

Isabelle Castéra

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Les vacances du petit Nicolas (Pontaillac - 17) http://surlaroute.blogsudouest.com/2008/08/22/les-vacances-du-petit-nicolas-pontaillac-17/ http://surlaroute.blogsudouest.com/2008/08/22/les-vacances-du-petit-nicolas-pontaillac-17/#comments Fri, 22 Aug 2008 09:40:33 +0000 adminblog bioblogcôtefrancejeuJohnnyjuilletpétanqueplagePontaillacrouteRoyanSarkozytour de francevacances http://surlaroute.blogsudouest.com/2008/08/22/les-vacances-du-petit-nicolas-pontaillac-17/

 

C’est près de Royan, dans cette station balnéaire très cossue, que le jeune Nicolas Sarkozy a passé toutes ses vacances d’été. Surveillé de près par sa mère, “Dadu”, il y a d’abord multiplié les activités sportives avant de faire quelques passages (plus ou moins) remarqués dans les discothèques branchées de la côte.

vacances petit nicolas

Ça doit être de la loyauté. Ou peut-être plutôt cette sourde crainte de voir le GIGN débarquer par l’arrière-cuisine. Car si nous sommes saturés d’informations immédiates sur la vie et l’œuvre de notre président, rares sont en revanche ses amis d’enfance à bien vouloir raconter les étés que le petit Nicolas a passés en famille à Pontaillac, près de Royan. Mais à vous, chers parents qui rêvez de voir un jour votre fils emménager à l’Élysée avec une chanteuse, voici en exclusivité le programme journalier que celui-ci devra respecter à la lettre s’il veut plus tard vous combler.
1 Faire ses classes au club Mickey
Comment aujourd’hui en vouloir au président de flirter à Disneyland, alors que c’est justement dans l’une de ses succursales qu’il a appris à nager ? « Chaque matin à 10 heures au club Mickey, avant d’aller manger une glace chez Judici », se souvient une certaine madame Dubois, dont la grand-mère accueillait les Sarkozy en vacances, jusqu’à la fin des années 70, dans la maison familiale. Mais selon l’adage qui veut qu’un esprit sain ne s’épanouisse que dans un corps du même tonneau, votre futur président de fils devra privilégier le sport à la gourmandise.
2 Vélo, poney, tennis : va y avoir du sport !
Une leçon au Garden Tennis de Royan et quelques galops à dos de poney au club hippique voisin feront l’affaire. À condition de s’y rendre à vélo. « Nicolas y allait quasiment tous les jours. Il était actif, mais pas hyperactif. Plutôt précoce et réservé. » Après un pique-nique familial dans la forêt de la Coubre, vous rappellerez ensuite à votre enfant combien il est doux de jouer avec maman. « Notre éducation était stricte, Dadu tenait Nicolas. L’après-midi, c’était devoirs de vacances et jeux de société. Mais très jeune déjà, il prenait la liberté d’écouter ses disques de Johnny, ça, ce n’est pas une légende ! En juillet, il avait aussi le droit de regarder le Tour de France au Grand Hôtel, puisque nous n’avions pas de télé à la maison. Il ne manquait aucune étape. » Parents, méfiez-vous tout de même du culte Poulidor, à la présidentielle de 2037 l‘essentiel sera de ne pas finir deuxième.
3 Une partie de pétanque, ça fait pas plaisir…
De cette sobre éducation bourgeoise, il est toutefois une partie moins glorieuse que les biographes du petit Nicolas avaient jusqu’alors passée sous silence. Une partie de pétanque. Lui aussi camarade de promo du club Mickey, l’universitaire Gérard Bekerman révèle aujourd’hui l’un des grands drames personnels du président. « Pendant des années, nous avons joué aux boules sur la plage de Pontaillac. Mais Nicolas était franchement nul, il ne faisait que des trous dans le sable, et ça l’agaçait beaucoup. »
4 « Serial séducteur » façon Aldo Maccione ?
Malgré les fréquents passages nocturnes de Nicolas Sarkozy dans les discothèques branchées de la côte royannaise (au Love-love, au Rancho et surtout à la Grange), là-bas, on se souvient surtout de son frère Guillaume. Mais le sujet est trop important pour être ici raccourci (lire ci-contre).
5 Et combien ça coûte, de devenir président ?
Pingres, le destin de votre fils n’a pas de prix. D’ailleurs la prime de rentrée suffira largement à financer cette journée idéale : polo Lacoste (76 euros), deux boules chez Judici (3 €), une heure au Garden Tennis (14,50 €), une leçon au centre équestre (22 €), une entrée au Rancho (15 €), « Le Journal de Mickey » (1,90 €), un disque de Johnny (10 €) et un set de huit boules chromées (15 €). Le juste prix est de 157 euros. Les maniaques pourront aussi ajouter au panier une Rolex Daytona en or blanc, dont la valeur (22 530 €) pèsera à peine sur l’addition. Mais, de grâce, évitez les talonnettes, il est normal qu’un enfant de 10 ans n’ait pas encore atteint le 1,68 m élyséen.

Sylvain Cottin

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Le comte Alexandre dans son village (UZA - 40) http://surlaroute.blogsudouest.com/2008/08/21/le-comte-alexandre-dans-son-village-uza-40/ http://surlaroute.blogsudouest.com/2008/08/21/le-comte-alexandre-dans-son-village-uza-40/#comments Thu, 21 Aug 2008 07:50:43 +0000 adminblog http://surlaroute.blogsudouest.com/2008/08/21/le-comte-alexandre-dans-son-village-uza-40/ Le village est situé dans le canton de Castets, en plein coeur du Pays de Born, dans les Landes. Avec près de 200 habitants, il a longtemps vécu autour de ses forges. Mais au cours des siècles, la commune n’a pas évolué, sur la route de Contis, de Lit-et-Mixe, elle offre aux visiteurs l’image d’un hameau très protégé. Le lac situé en face des forges est rempli de canards sauvages et de cygnes, on peut s’y promener en barque. La famille de Lur Saluces veille…


uza 40

Photo Philippe Salvat

On peut l’appeler Monsieur. Sans doute Alexandre lorsqu’on le connaît bien. D’autres osent monsieur le Comte. Il ne se rétracte pas, il prend ça avec une forme de politesse bienveillante. Car après tout, il se nomme bel et bien comte Alexandre de Lur Saluces, propriétaire depuis le XVIe siècle d’une propriété à Uza, dans les Landes, devenue un village sous Napoléon III. Un village qui, toujours, lui appartient. Alors, comte, monsieur ou Alexandre, qu’importe. « Très ambigu, tout ça, hein ?, questionne-t-il avec malice. Depuis la révolution française, nous sommes très mal à l’aise avec les titres de noblesse. À l’étranger, on m’appelle comte Alexandre, les Italiens par exemple adorent les titres. Ici, ce n’est jamais anodin lorsqu’on vous dit “monsieur le Comte”. Cela induit une étrange relation que je ne sais qualifier. Jamais totalement gratuite. Distance, ironie, condescendance, complaisance ? »
Le comte vit entre sa propriété d’Uza et celle qu’il possède à Fargues, en Gironde. Dans les Landes, il s’agit de gérer un village, considéré comme une petite entreprise que l’on doit aider à prospérer, en tenant compte si possible de l’avis de ses 200 habitants. Cette année, Alexandre de Lur Saluces a choisi d’entrer au sein du Conseil municipal, aux côtés du nouveau maire qu’il soutient et vice-versa.
En autarcie. Uza est une enclave dans ce pays de Born, voire dans les Landes toutes entières. Un village en autarcie qui vivait autour du château sous la protection tutélaire de la famille. « Au XVIIe siècle, les forges ont fixé la population au sein de la propriété de mes ancêtres. Les gens étaient tour à tour résiniers, bouviers et fondeurs. Ils avaient du travail en permanence, c’était plutôt rare. Ils étaient logés dans des cabanes en bois sommaires qui sont, au fil des ans, devenues des maisons. Il y avait aussi deux prisons, des lieux de dégrisement pour les hommes alcoolisés. Ma famille a toujours développé Uza, dans un souci de l’économie et du social. Ici régnait un équilibre qui faisait rêver dans les villages alentour. »
La fonderie a traversé les siècles avec plus ou moins de bonheur, jusqu’en 1981, date de la fermeture définitive. La famille a chaque fois cherché des solutions de repli : plaques de cheminée, patins de chemins de fer, obus pendant la guerre de 14, jusqu’au plastique en dernier recours. Une centrale électrique fournissait de quoi éclairer le village, quelques habitants, le château et la fonderie. Les habitants logés pour le franc symbolique bénéficiaient d’énormes avantages. « Trop ?, tente le comte. Une année, nous leur avons porté à chacun des pots de peinture pour repeindre leurs volets. Ne voyant rien changer, nous nous étonnions, lorsque nous découvrîmes les fameux pots en vente chez le quincaillier du village voisin… »
Il rit de bon cœur, soulignant à quel point les Uzaquois étaient gâtés. Bref, lorsque Napoléon III assécha les marais landais où sévissait la malaria, Uza fut déclaré village en 1870. Une église est construite en 1972 puis une mairie en 1874 qui appartiennent à la famille de Lur Saluces. « Nous avons donné l’église au village et la mairie il y a quinze ans qui s’en trouve bien encombrée, d’ailleurs… »
Vers le tourisme. Tout doucement, sans bouleverser les mœurs inscrites dans l’histoire de la commune, Alexandre de Lur Saluces a permis une lente évolution. « La réforme, dit-il, passe mal. Et je fais l’objet de quelques critiques, la caisse de résonance étant le Conseil municipal. » La fonderie, dont les bâtiments exceptionnels s’abîmaient, a été classée à l’inventaire des Monuments historiques, ainsi que le lac et le château. Les travaux de réhabilitation ont débuté. Le village n’a pas bougé, mais il s’inscrit désormais dans le XXIe siècle. Ainsi, les maisons d’habitation sont transformées en gîtes ruraux destinés à accueillir les touristes. Un camping florissant assure des emplois. Le comte a embauché une équipe de jeunes dirigeants, ambitieux. Les terres autour d’Uza seront vouées à l’agriculture biologique, dès le printemps prochain on pourra y cueillir des asperges.

Isabelle Castéra

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A la brigade du stupre, l’été on vous surveille (ARCACHON - 33) http://surlaroute.blogsudouest.com/2008/08/20/a-la-brigade-du-stupre-lete-on-vous-surveille/ http://surlaroute.blogsudouest.com/2008/08/20/a-la-brigade-du-stupre-lete-on-vous-surveille/#comments Wed, 20 Aug 2008 09:35:04 +0000 adminblog aoûtArcachonBassinblogbordeauxdétectivefortfrancegershistoirejeulaclandesliensmerpêcheplageroutesoleilvacances http://surlaroute.blogsudouest.com/2008/08/20/a-la-brigade-du-stupre-lete-on-vous-surveille/

 

C’est un amour de vacances, une histoire sans lendemain ? Pas si sûr : L’été, les détectives du Sud Ouest se font saisonniers en bord de mer. Les couples illégitimes y seraient ainsi particulièrement nombreux, notamment sur le bassin d’Arcachon. Même en maillot de bain, les Big Brothers de l’amour veillent au grain.

détective

Le détective Alain Rousseau. “Les femmes sont plus sentimentales, elles veulent tout connaître de leur rivale” PHOTO PHILIPPE TARIS

Au fond de la clairière, soudain, la voiture s’ébranle. Le frein à main, pourtant, est bien serré. Mais c’est de bas en haut qu’elle va et vient. Les amortisseurs souffrent, les passagers soufflent. Et Alain Rousseau respire. Le zoom en bandoulière, il sait que le piège de l’amour vient de se refermer sur sa proie. Bientôt, il enverra l’album et l’addition au cocu. Il est détective.
Mais, à l’instar du CRS qui tombe l’uniforme pour sauver des vies à la plage, le privé doit aussi parfois troquer l’imper contre un slip de bain de camouflage. Quand l’adultère va, tout lui va. 1 500 à 2 000 euros en moyenne le flagrant délit. Après la Saint-Valentin, c’est d’ailleurs en été que la profession enregistre le plus gros chassé-croisé annuel de tourtereaux clandestins. « Au moins une filature par semaine. L’activité se délocalise de Bordeaux vers le littoral, notamment le bassin d’Arcachon. Forcément, il y a des gens fortunés et beaucoup de villégiatures. On m’appelle même de toute la France afin que je prenne en charge monsieur ou madame à sa descente d’avion. » Ainsi, cet empêcheur de tromper en rond délocalise-t-il chaque saison une partie de sa petite entreprise là où le PDG aime à tartiner sa secrétaire au soleil. Scène de crime idéale pour tuer l’amour à la plage, baisers et coquillages. Et pensions alimentaires à la clef. « Le divorce pour faute devient rare, mais la clientèle se diversifie avec de plus en plus de pacsés ou d’homos. Autant d’hommes que de femmes, de 25 à 75 ans. Souvent, le doute naît d’une lettre ou d’un coup de fil anonymes. »
Le voisin, ce prédateur. La filature reste alors le plus sûr chemin pour confondre ceux qui s’aventurent en dehors des liens plus ou moins sacrés du concubinage. C’est-à-dire dans les bois, les restaurants, à l’hôtel, sous les portes cochères, sur la plage et les banquettes arrière, ou bien chez cette supercopine en compagnie de laquelle, Madame, vous aviez juré à votre époux que vous passiez le week-end du 15 août. « Le cinq à sept est toujours un grand classique, surtout avec la multiplication des hôtels où l’on paye sa chambre à un automate », explique Alain Rousseau. Mais la filoche est d’autant moins facile à réaliser que le coureur de jupons est devenu très méfiant, surtout au volant. « Il y a le petit malin qui ralentit pour se faire doubler, l’autre qui fait un tour de rond-point et se retrouve derrière vous, et enfin celui qui vient directement demander si vous n’êtes pas en train de le suivre. Dans ce dernier cas, rarissime, le mieux est encore de nier en jouant les idiots, avant de se faire remplacer par un collègue le lendemain. »
Mais il est pire prédateur encore que le mari volage pour la survie du privé : le voisin. Sournoisement tapi dans sa haie de thuyas, cet animal désœuvré est ainsi considéré comme le plus rapide au monde lorsqu’il s’agit de composer le 17. « À la campagne, le risque numéro un est de passer pour un cambrioleur. Désormais, je préviens systématiquement les gendarmes avant de faire une planque. »
Soirée diapos. Bien qu’assez rentable, la chasse aux peaux des fesses impies n’a pourtant rien d’un safari. « C’est parfois très long d’attendre dans sa voiture en avalant des sandwiches. Mais le plus pénible, c’est de filer un artisan. » Car, à l’inverse du fonctionnaire, dont le cœur bat aussi au rythme de la pendule réglementaire, le plombier peut se faire la belle et sa belle à n’importe quelle heure de la journée. « C’est pour cela qu’il faut toujours avoir le plein d’essence avant de partir au boulot. Avec une ou deux tenues de rechange dans le coffre. »
Au soir de lassitude succède l’heure grave de convier les cornus à la soirée diapos. « Si les maris trompés sont avant tout préoccupés par des questions d’argent, les femmes, en revanche, sont plus jalouses. Elles veulent absolument savoir à quoi ressemble leur rivale. Plus jeune, plus belle ou plus blonde ? »
Allez, Cupidon, remets ta culotte et range donc tes flèches empoisonnées, puisqu’on te dit que tu es dans le viseur de la brigade du stupre.
Sylvain Cottin

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L’éternelle fiancée d’Espelette (ESPELETTE - 64) http://surlaroute.blogsudouest.com/2008/08/19/leternelle-fiancee-despelette-espelette-64/ http://surlaroute.blogsudouest.com/2008/08/19/leternelle-fiancee-despelette-espelette-64/#comments Tue, 19 Aug 2008 11:11:04 +0000 adminblog adoAgnes SouretAndré DarraïdouaoûtArcanguesbiarritzcinémaconcoursEspeletteexpositionfêtefortfrancehistoirejeujeuneslacmadeleinemermontagnepaupays basquepimentplagevillage http://surlaroute.blogsudouest.com/2008/08/19/leternelle-fiancee-despelette-espelette-64/ Le village épicé se situe au pied des premiers contreforts montagneux du Pays basque. Si Arcangues, la voisine, a son Luis Mariano, tombe la plus visitée du coin, Espelette possède désormais celle d’Agnès Souret, élue plus belle femme de France en 1920. Une mémoire réveillée et désormais protégée par André Darraïdou, ancien maire du village et solide restaurateur.

DARRAIDOU Agnes Souret

Evidemment, il est amoureux d’elle. Avec son doigt, André Darraïdou trace les contours de son visage, ses épaules, son corsage. Sur la photo en noir et blanc, elle a 18 ans pour l’éternité. « On n’a pas vu le temps l’abîmer », murmure-t-il. Des cheveux bouclés bruns en cascade dans le cou, des yeux de chatte et cet air langoureux propre aux jeunes filles des années 20. Elle s’appelait Agnès Souret. Et André Darraïdou, ancien maire d’Espelette, ne peut se résoudre à l’abandonner.
Cet été 1920, alors qu’un concours de la plus belle femme de France est organisé à Paris, Agnès Souret, depuis son village d’Espelette, envoie une photo d’elle en communiante, accompagnée de ce petit mot tracé à la plume : « Je n’ai que 17 ans, dites-moi si je dois traverser la France pour courir ma chance ? » Agnès, sélectionnée, fait alors l’objet d’un petit film amateur, projeté, comme celui de centaines d’autres candidates, dans les cinémas des grandes villes, à l’entracte. Le public vote pour elle, avec 114 994 voix très exactement. Car la fille d’Espelette est belle comme le jour.
Devenir actrice de l’écran. Élue plus belle femme de France, elle dut se dévêtir… Un tout petit peu, ainsi que le stipulait le règlement du concours : « On met la splendeur physique au concours, du coup on force la jeune fille à se montrer (rien de méchant, la jeune fille montre ses épaules nues et le tissu de sa robe se révèle un brin léger). Le choix de la majorité des votants indiquera le type instinctif d’une nation. » En réalité, il s’agissait, au-delà de ce premier concours de miss, de dévoiler quel est le type de femme que les Français plébiscitent en 1920.
Agnès rêvait de devenir actrice à l’écran, comme Sarah Bernhardt. Son premier film fut un bide et elle tenta une carrière de modiste chez Madeleine et Madeleine. Pas terrible non plus. Finalement, comme sa mère avant elle, danseuse au ballet de Monte-Carlo, Agnès Souret se tourna vers la scène. La voilà meneuse de revue aux Folies Bergère à Paris. À Espelette, la maison de famille fut rebaptisée Ederrena, « la plus belle ». Agnès, entre ses revues et ses tournées, rentrait parfois au Pays basque. On la croisait sur la croisette de Biarritz, le long de la Grande Plage, avec son chien Cricri ou sur un cheval. Elle buvait le thé dans un service en porcelaine.
En marbre rose. C’est lors d’un voyage en Argentine qu’elle meurt d’une péritonite mal soignée, en 1928. Sans enfant après son petit quart d’heure de gloire. Pour rapatrier le corps en France, sa mère se ruina, vendit la maison Ederrena et fit construire un caveau en marbre rose, gravé à l’effigie de la jeune femme et doté d’un vitrail exceptionnel, dans un coin du petit cimetière d’Espelette. Voilà la triste histoire d’Agnès. André Darraïdou la connaît dans tous ses détails. Alors, encore maire, il invita l’architecte des Bâtiments de France à venir voir la tombe d’Agnès, avec dans l’idée de la faire inscrire à l’inventaire des Monuments historiques, afin de la restaurer. Il ne fallait pas que la mémoire de la belle fille se dissipe. C’est fait. « En 2002, nous avons organisé une petite fête, reprend-il, avec une exposition, un repas, tout bien comme on fait ici. Puis nous avons invité une Miss France, car après tout Agnès fut une espèce de Miss France. Là, on a un peu ramé… Chère, très chère, la Miss France. Donc on a pris une ancienne, une d’il y a dix ans qui rentrait dans nos prix. Les gens ont adoré retrouver cette histoire et, aujourd’hui, nul n’ignore à Espelette qui était Agnès Souret. »
En cette semaine pluvieuse du mois d’août, les touristes se bousculent dans les petites rues du village. Les cabas remplis de piments, ils galopent d’une boutique de spécialités locales à déguster à l’autre. Mitraillent les façades des hautes maisons. Tellement typiques et pittoresques. Sans même se douter qu’au cœur du cimetière, derrière les stèles discoïdales du XVIe siècle, gît une jeune femme dans un tombeau rose.

Isabelle Castéra

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