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Paparazzi : objectif thune (CAP-FERRET - 33)

Si la densité de vedettes au mètre carré n’est pas encore celle de Saint-Tropez, la presse people s’intéresse chaque été davantage aux sauteries du bassin d’Arcachon. Des vocations naissent

paparazziObjectif de paparazzi pour shooter dans les coins. Photo

FRANCK PERROGON

C‘est une bête souvent sale et hirsute à force d’être traquée. Qui dort peu, mange mal et se soulage aux quatre vents. Pris à son propre piège, le paparazzi est devenu plus inaccessible encore que sa proie, « la-vedette-de-la-télé ». Mais, avec un taux de croissance à rendre jaloux les PDG chinois (+ 60 % pour « Voici »), la presse people est désormais pourvoyeuse d’emplois saisonniers au même titre que l’industrie du beignet-chichi.

Ils seraient ainsi cet été une grosse dizaine à frayer entre deux eaux troubles du bassin d’Arcachon, à la recherche de fretin plus ou moins menu : Julien Courbet, Albert de Monaco, PPDA et tant d’autres. Sans atteindre l’intensité tropézienne, le business de l’image volée attire ici chaque été davantage les stars de la profession, autant que leurs avatars « crève-la-dalle », essentiellement des gens du cru plus habitués à tirer le portrait des jeunes mariés que celui des stars. « Nous sommes 90 % de smicards », reconnaît l’un des pionniers de cette ruée vers l’or de gloire. « C’est un métier d’avenir, à condition de bien admettre qu’il n’y a que cinq ou six gros coups à l’année sur le Bassin. » Mais, à 40 000 euros le poster de l’insaisissable Obispo taquinant au Ferret la mimine de la chanteuse Jenifer dans un flou tout sauf artistique, les vocations, pourtant, se multiplient à la vitesse de la lumière des flashs.

En planque, mode d’emploi. « Tout le monde connaît les coins où il faut chercher », poursuit un autre photographe entré en clandestinité. « Sauf que la dernière fois que l’on nous a promis Johnny à table Chez Hortense, j’ai planqué deux jours dans ma bagnole pour rien. » Second spot des people sur le Bassin, la maison de Benoît Bartherotte semble être également devenue le meilleur coin de pêche du littoral atlantique, depuis qu’un certain DiCaprio y a mis ses doigts de pied en éventail. « Là, t’as pas le choix, tu loues un bateau pneumatique et tu te déguises en pêcheur. Après, tu peux aussi t’incruster dans les discothèques à la mode avec un tout petit boîtier, sauf que les patrons sont méfiants, certains même te fouillent à l’entrée. Mais il nous reste encore quelques ruses pour ne pas se faire repérer, notamment la fausse optique-miroir. C’est un truc qui fait croire à ton vis-à-vis que tu photographies la cime d’un arbre alors que tu es en train de faire un gros plan sur son visage. »

Passé millionnaire et maître dans l’art d’être là où, paradoxalement, on l’attend, le plus célèbre des paparazzis tricolores, le sulfureux Jean-Claude Elfassi, ne néglige plus le Bassin. « J’y ai coincé cet été la fille du prince Albert », savoure-t-il. « La dune du Pilat est d’ailleurs un endroit magique. Une fois au sommet, ta victime se retrouve à découvert sur des centaines de mètres. Tu n’as plus qu’à mitrailler. »

Les étrennes du papa. Provocateur en chef de la presse à scandale, Elfassi, cependant, ne va jamais au petit bonheur la chance. « Les trois quarts des reportages sont arrangés avec les people. Pas les miens, mais ils sont rares et très rentables. Même si ce sont bien souvent des proches de la star qui vous filent le tuyau, il faut aussi savoir graisser la patte lorsque l’info est brute. » Qu’il s’agisse de celle de l’agent EDF, de l’hôtesse au sol d’Air France ou du technicien de chez SFR, les étrennes restent ici le premier poste budgétaire, loin devant le matériel de camping pourtant digne d’un agent des forces spéciales. « Lors d’une planque, il ne faut rien laisser au hasard », explique celui qui fait parfois son lit sur le clocher des églises comme dans les conduits d’aération des cliniques. « Jumelles à vision nocturne, fringues de camouflage, de l’eau et des gâteaux secs qui ne risquent pas de tourner au soleil, et puis aussi des petites lingettes de toilette pour bébé. »

Le patron de la rédaction de « Voici » reconnaît enfin un afflux croissant de propositions commerciales sur sa boîte mail, certaines oblitérées du Cap-Ferret. « Avec le numérique, tous les touristes s’y mettent. 80 % de leurs photos de stars n’ont aucun intérêt… Mais 20 %, ça reste énorme, d’autant que leurs tarifs ne sont pas ceux des professionnels », se réjouit ainsi Loïc Sellin.

Sylvain Cottin

A la brigade du stupre, l’été on vous surveille (ARCACHON - 33)

 

C’est un amour de vacances, une histoire sans lendemain ? Pas si sûr : L’été, les détectives du Sud Ouest se font saisonniers en bord de mer. Les couples illégitimes y seraient ainsi particulièrement nombreux, notamment sur le bassin d’Arcachon. Même en maillot de bain, les Big Brothers de l’amour veillent au grain.

détective

Le détective Alain Rousseau. “Les femmes sont plus sentimentales, elles veulent tout connaître de leur rivale” PHOTO PHILIPPE TARIS

Au fond de la clairière, soudain, la voiture s’ébranle. Le frein à main, pourtant, est bien serré. Mais c’est de bas en haut qu’elle va et vient. Les amortisseurs souffrent, les passagers soufflent. Et Alain Rousseau respire. Le zoom en bandoulière, il sait que le piège de l’amour vient de se refermer sur sa proie. Bientôt, il enverra l’album et l’addition au cocu. Il est détective.
Mais, à l’instar du CRS qui tombe l’uniforme pour sauver des vies à la plage, le privé doit aussi parfois troquer l’imper contre un slip de bain de camouflage. Quand l’adultère va, tout lui va. 1 500 à 2 000 euros en moyenne le flagrant délit. Après la Saint-Valentin, c’est d’ailleurs en été que la profession enregistre le plus gros chassé-croisé annuel de tourtereaux clandestins. « Au moins une filature par semaine. L’activité se délocalise de Bordeaux vers le littoral, notamment le bassin d’Arcachon. Forcément, il y a des gens fortunés et beaucoup de villégiatures. On m’appelle même de toute la France afin que je prenne en charge monsieur ou madame à sa descente d’avion. » Ainsi, cet empêcheur de tromper en rond délocalise-t-il chaque saison une partie de sa petite entreprise là où le PDG aime à tartiner sa secrétaire au soleil. Scène de crime idéale pour tuer l’amour à la plage, baisers et coquillages. Et pensions alimentaires à la clef. « Le divorce pour faute devient rare, mais la clientèle se diversifie avec de plus en plus de pacsés ou d’homos. Autant d’hommes que de femmes, de 25 à 75 ans. Souvent, le doute naît d’une lettre ou d’un coup de fil anonymes. »
Le voisin, ce prédateur. La filature reste alors le plus sûr chemin pour confondre ceux qui s’aventurent en dehors des liens plus ou moins sacrés du concubinage. C’est-à-dire dans les bois, les restaurants, à l’hôtel, sous les portes cochères, sur la plage et les banquettes arrière, ou bien chez cette supercopine en compagnie de laquelle, Madame, vous aviez juré à votre époux que vous passiez le week-end du 15 août. « Le cinq à sept est toujours un grand classique, surtout avec la multiplication des hôtels où l’on paye sa chambre à un automate », explique Alain Rousseau. Mais la filoche est d’autant moins facile à réaliser que le coureur de jupons est devenu très méfiant, surtout au volant. « Il y a le petit malin qui ralentit pour se faire doubler, l’autre qui fait un tour de rond-point et se retrouve derrière vous, et enfin celui qui vient directement demander si vous n’êtes pas en train de le suivre. Dans ce dernier cas, rarissime, le mieux est encore de nier en jouant les idiots, avant de se faire remplacer par un collègue le lendemain. »
Mais il est pire prédateur encore que le mari volage pour la survie du privé : le voisin. Sournoisement tapi dans sa haie de thuyas, cet animal désœuvré est ainsi considéré comme le plus rapide au monde lorsqu’il s’agit de composer le 17. « À la campagne, le risque numéro un est de passer pour un cambrioleur. Désormais, je préviens systématiquement les gendarmes avant de faire une planque. »
Soirée diapos. Bien qu’assez rentable, la chasse aux peaux des fesses impies n’a pourtant rien d’un safari. « C’est parfois très long d’attendre dans sa voiture en avalant des sandwiches. Mais le plus pénible, c’est de filer un artisan. » Car, à l’inverse du fonctionnaire, dont le cœur bat aussi au rythme de la pendule réglementaire, le plombier peut se faire la belle et sa belle à n’importe quelle heure de la journée. « C’est pour cela qu’il faut toujours avoir le plein d’essence avant de partir au boulot. Avec une ou deux tenues de rechange dans le coffre. »
Au soir de lassitude succède l’heure grave de convier les cornus à la soirée diapos. « Si les maris trompés sont avant tout préoccupés par des questions d’argent, les femmes, en revanche, sont plus jalouses. Elles veulent absolument savoir à quoi ressemble leur rivale. Plus jeune, plus belle ou plus blonde ? »
Allez, Cupidon, remets ta culotte et range donc tes flèches empoisonnées, puisqu’on te dit que tu es dans le viseur de la brigade du stupre.
Sylvain Cottin

Les blockhaus laissent béton (Dune du Pyla - 33)


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photo Laurent Theillet

L’enseignant et plongeur Marc Mentel étudie le chapelet de blockhaus allemands de la dune du Pilat. Ces bunkers qui constellent la côte disparaissent petit à petit sous le sable et l’Océan. Et nos souvenirs avec…

Soudain, c’est la planète des singes. On marche sur la plage, et c’est le film, cette scène de la statue de la Liberté aux deux tiers ensablée, léchée par les vagues, vestige final de la civilisation engloutie. Au bord de l’océan, l’âge de guerre n’est pas tout à fait enterré. Soutes, bunkers, cuves ou porte-radars finissent d’être avalés par l’océan. Triste mur de l’Atlantique, censé mitrailler jusqu’au dernier les soldats qui n’ont pas débarqué. Gamin, on chassait dedans d’invisibles adversaires. Ado, on les taguait, la nuit, feux de joie et premières bières. Puis plus tard, sur le dos d’un, dîner romantique avec belle et soleil couchant. Les blockhaus ont aussi ce parfum-là, en plus du sable ranci.

Récif artificiel. « C’est un paysage. On joue dessus, on y cherche des moules… Ce sont des lieux de vie, comme il y a un port, une jetée », philosophe Marc Mentel, sur la plage des Gaillouneys, à l’extrême sud de la dune du Pilat. Planté dans « son » décor : trois blockhaus qui surnagent, ancienne route allemande concassée, tobrouks (sortes de capsules-bunkers pour un soldat et sa mitrailleuse) comme échoués. Mentel, 40 ans, plongeur, prof de physique au lycée d’Arcachon est « bunker archéologue » (terme admis) amateur. Avec Philippe Jacques, exégète local, et Francis Taffard, il travaille à la biographie des blockhaus du bassin d’Arcachon. Lui : les immergés du Pilat, quasiment oubliés jusqu’en 2005, quand il édite une inédite carte sous-marine.

Soit une ligne de quinze bâtiments, qui témoigne du recul de la dune, plus de 150 mètres en soixante ans. Ils étaient au sommet ; ils gisent à une vingtaine de mètres de profondeur. « Ils se sont affaissés, le sol s’est dérobé sous eux, mais ils n’ont quasiment pas bougé. » Et font un récif artificiel vêtu de moules, d’anémones et d’éponges, « affolant » de beauté. « Des couleurs, tu ne peux pas le croire. Ils sont sous l’eau depuis les années 60, ils ont fixé une vie extraordinaire. » Partageur et militant de son si beau Bassin : « J’ai envie que les gens plongent, que ces sites soient reconnus. »

Mémoire collective. Les communes ont souvent hésité à dézinguer le macadam de Legos macabres. La tendance est plus à la conservation de ces monuments historiques. « Un potentiel énorme pour la mémoire collective », estime Marc Mentel, en dévoilant un site quasi secret, connu des chasseurs et des tagueurs : un village de blockhaus, dit de « l’éden », perdu dans une forêt de La Teste. Quinze bunkers tout en meurtrières et chas pour périscope. Les bunkers archéologues rêvent de sauvegarder ce Lascaux du mur de l’Atlantique, à l’heure de la disparition des témoins vivants de la guerre. Il existe une soixantaine de blockhaus, rien qu’entre Montalivet et Contis. Combien sur toute la côte ? Innombrables. Elle s’est bétonnée entre la fin 42 et la débâcle. Quand les Américains ont débarqué en Normandie, les Allemands coulaient encore du béton au Pyla. D’après des témoignages, pas loin d’un millier de prisonniers ou travailleurs obligatoire ont dû bunkériser le Pyla, devenu « zone interdite ». Les Allemands y étaient jeunes et en chemisette. « Ils ont dû jouer aux cartes », suppose un Arcachonnais, pour qui les soldats n’ont eu qu’à prier pour rester à la plage plutôt qu’être mutés sur le front de l’Est.

Depuis, les bunkers se sont fondus dans le décor. Des habitants en ont hérité sous leur maison, et s’en servent de cave, de garage, voire de boîte de nuit privée… Ou alors, ils intriguent. Patrick Lacour, de la guinguette au pied de la dune, reçoit des jeunes, des Américains et « même des Allemands », curieux de ces épaves. Il y a vingt-deux ans, il en a visité un, quand il était « encore là-haut ». Regard songeur : « Dans cette masse de béton, avec un champ de vision à 180 degrés, on a l’impression d’être indestructible. » L’océan gagne toujours.

Adrien Vergnolle


 


Blog on the Beach : quelques liens

Voici quelques uns des liens des participants à Blog on the Beach 2007, une réunion amicale de blogueurs qui s’est tenue samedi soir au Cap Ferret (Gironde) et à laquelle nous avons consacré un carnet de route dans l’édition d’aujourd’hui, mardi 21 août 2007, du journal “Sud Ouest”.

- Très documenté sur des thèmes tels que l’Internet, les télécommmunications, les médias, le marketting et l’économie, le blog de Nicolas Guillaume se fend aussi de “considérations personnelles” tirées d’exemples réels rencontrés sur le web.

Le lien : http://nicolasguillaume.typepad.fr

- “New kid on the blog”, Giao anime le blog intitulé InZeSentier. Il y parle de ciné, de musique, des copains, de Troyes et d’Arcachon, y fait partager quelques coups de coeurs et rencontres, avec pas mal de sons et de vidéos.

Le lien : http://thegiao2001.typepad.fr

- Photographe bordelais et ferret-capien, Alexandre Cometti dispose de plusieurs sites et blogs, sur lesquels on peut naviguer. Sur certains, ce “photographe, griot et voyageur” expose ses travaux de photos, sur d’autres, il développe une vision personnelle du devenir de l’image (”le photographe cybernomade”).

Le lien : http://acometti.blogspot.com

- Auteur du jeu “Carpe Vinum”, Cédric Ringenbach en assure la promotion sur un blog régulièrement alimenté. Il s’agit d’un étonnant jeu de plateau qui invite les joueurs à déguster deux vins, à les comparer et à les déguster de façon originale. Et il n’y a pas besoin d’être oenologue pour s’amuser.

Le lien : http://www.carpe-vinum.com

- Les chroniques de l’Iboga racontent les sorties, relaient les coups de gueule et décrivent les plaisirs de François-Xavier Bodin, qui sillonne le Bassin d’Arcachon à bord d’un Jouët 680. Une mine de renseignements pour les fous du Bassin.

Le lien : http://www.fxbodin.com/iboga

- Un autre blog de navigation, celui de sun2k, est consacré à un bateau rare et carrément culte pour la poignée d’heureux navigateurs qui en possèdent un exemplaire : le Jeanneau Sun 2000. Trucs et astuces, “amateurisme et passion”.

Le lien : http://sun2k.free.fr

- L’organisateur de Blog on the Beach (qui se trouve à droite sur la photo du reportage), Jacques Froissant, anime deux blogs. L’un professionnel, celui de sa société Altaïde, et l’autre perso, consacré au Cap Ferret : actualités, histoire, photos, conseils pratiques. Très complet.

Le lien : http://www.lecapferret.net

- La forme, les couleurs, le ton : tout est super moderne sur le blog du groupe Reflect, animé par Manuel Diaz et son équipe, qui n’hésitent pas à essayer tout ce qui émerge en matière de technologie.

Le lien : http://www.groupereflect.net

- Monsieur Charles Liebert anime un multi-blog très animé et varié, contenant un blog perso, un blog associatif, un blog de tests en tous genres (gastronomie, informatique, culture…), un blog professionnel, etc. Ce type ne se repose jamais.

Le lien : http://www.charles-liebert.fr

Cap-Ferret (33). “Week-end off-line sur le Bassin”

blog.jpg Le glaçon n’a pas fondu et Fred avait sa place. Dans la blogosphère, le temps et les messages passent vite. « Je connaissais son blog, je savais que j’allais le rencontrer ici. En cinq minutes, c’était fait. On a bu l’apéro, il commence dans deux semaines. »Manuel Diaz est de la race robuste et rare des golden boys limousins. Samedi soir, au Cap-Ferret, dans l’arrière-salle du Pinasse Café, il a recruté Fred le temps d’un verre de garluche. L’heureux embauché, qui précise avoir déjà décroché deux boulots grâce à son blog, fera bientôt partie du groupe Reflect, que Manuel a fondé à l’âge de 18 ans et qui, dix ans après, est coté à l’Euronext. Forte de 230 salariés en Europe, la PME limousine gère la visibilité de grandes marques françaises et internationales sur le Web.« Que fait Loïc ? ».

C’est aussi par Internet interposé que le jeune entrepreneur de Limoges a connu Jacques Froissant, son meilleur sergent-recruteur et accessoirement l’organisateur girondin de Blog on the Beach. « Je réunis une fois par an des copains blogueurs et des lecteurs de mon blog sur le Cap-Ferret. Et on parle blogs toute la soirée ! » sourit ce chasseur de têtes, spécialiste du safari de nouveaux talents dans la jungle du Web.

Morceaux choisis de conversations, entre la papillote de moules aux aiguilles de pin et le filet mignon au caramel. Style comptable : « Eh, t’es bien lu toi, non ?

Disons que ma fréquentation baisse au nombre de pages vues, mais que j’ai un nombre croissant d’abonnés. »

Géographique : « J’étais à Denver en juillet pour un événement Microsoft…

Tiens, moi aussi ! Mais je ne t’ai pas vue. »

People : « Mais que fait Loïc Le Meur à cette heure-ci ?

Attends, je regarde (Manuel sort un portable dernier cri d’agonie du vôtre). Il n’est pas encore à San Francisco. Il dit qu’il passe un premier week-end off-line sans twitter… et il le dit sur son twitter ! »

Lecteurs réciproques.

Evidemment, tout cela est légèrement ésotérique pour qui ignore que Loïc Le Meur est le blogueur le plus éminent du pays et que le twitter est une nouvelle technologie qui permet grosso modo de bloguer sur téléphones mobiles. Carrément incompréhensible pour celles et ceux qui essaient chaque jour de faire des copier-coller avec une paire de ciseaux et de la colle Uhu.

Sur les 18 participants à Blog on the Beach 2007, troisième édition du rendez-vous des copains, beaucoup se rencontrent pour la première fois en chair, en tenue estivale et en os. Beaucoup sont bordelais et/ou ferret-capiens, les autres sont parisiens et/ou limougeauds. Tous ont plaisir à parler technique et/ou passions communes. Tous lisent régulièrement la prose des autres. « Je consulte une centaine de blogs, dont une quinzaine quotidiennement », confie l’un deux.

« Skipper-rédacteur ».

François-Xavier Bodin, « skipper-rédacteur », comme l’indique sa carte de visite, anime les « Chroniques de l’Iboga ». Il raconte : « J’avais créé en 1999 ce qu’on appelait alors un site perso, j’y tenais un carnet de bord de mes sorties en bateau sur le bassin d’Arcachon. C’était déjà une forme de blog… Ce qui est intéressant, c’est le contact que cela permet, les rencontres comme celles de ce soir. Je raconte ce que j’ai fait, les lieux sur lesquels j’ai conduit mon bateau. Je réponds de façon circonstanciée aux questions qui m’intéressent et d’autres, à leur tour, pourront découvrir les sites dont je parle. »

Le même « FX » résume les recettes qui font le succès d’un blog. Option 1 : « Tu fais un blog de niche », c’est-à-dire consacré, comme le sien, à un thème très précis qui rencontre un lectorat de connaisseurs. Option 2 : « Tu montres ton cul. » Option 3 : « Tu balances sur des blogueurs influents en espérant qu’ils te citent et que ça t’amène du monde sur le tien. ». Le succès, quoi qu’il arrive, reste relatif. « Quand on me classe parmi les blogueurs les plus influents, intervient Jacques Froissant, ça me fait plaisir, mais il faut garder la mesure. Je n’ai jamais que 3 200 abonnés. »

Sans compter les lecteurs égarés. « J’appelle ça du marketing aléatoire, sourit “FX”. Par exemple, je m’appelle François-Xavier et j’écris parfois sur Bordeaux. Alors, quand François-Xavier Bordeaux a fait la une de l’actualité, j’ai eu des pics de fréquentation sur mon blog. »

Par Nicolas Espitalier.

Gironde (33). Ma ciste contre le Passager du vent

ciste.jpg L’aventure au bout du jardin, entre la murette en pierre et le rhododendron. Derrière la dune ou le long de la haie, face au château.Sans le savoir, vous marchez peut-être tout près d’un trésor. Un trésor qui n’a pas l’apparence d’un coffre en bois du XVIIe siècle laissant entrevoir des pièces d’or, mais celle d’une petite boîte en plastique, du genre Tupperware, contenant des objets sans valeur tels qu’un porte-clés, une figurine ou une bille. Ce que des milliers d’internautes dans le monde nomment une ciste.

Créé en 2002 par le mystérieux Max Valentin (1), qui n’a jamais révélé sa véritable identité, le site français Cistes.net met en ligne, chaque jour, des énigmes composées par des « cisteurs cacheurs » qui s’adressent à des « cisteurs trouveurs ». Près de 54 000 membres sont déjà inscrits, et la passion des cistes a conquis de nouveaux continents.

2 000 cistes dans la région. Dans le Sud-Ouest, de la Charente-Maritime aux Pyrénées, plus de 2 000 cistes attendent dans l’ombre la main tremblante d’émotion qui les mettra au jour. L’une d’elles, la ciste du Capitaine, a été déposée la semaine dernière par Céline Grenier, alias Sweetamanit, à l’ouest de la Gironde, spécialement pour les lecteurs de « Sud Ouest » dans un endroit que nous tiendrons secret (lire l’énigme ci-contre).

« Pour nous, les cisteurs, c’est une vraie chasse au trésor. La ciste a une grande valeur. J’ai découvert ce jeu par l’intermédiaire d’un ami, en octobre dernier. Ma première ciste, la plus belle, je l’ai trouvée en Crète, pendant mes vacances. Elle reposait dans un cadre superbe, au pied d’un olivier millénaire, l’un des trois plus gros de Grèce, qui a servi à tresser les couronnes des Jeux olympiques d’Athènes en 2004. »

D’abord chercheuse, Céline Grenier a vite pris goût à la composition d’énigmes. Elle a caché une bonne cinquantaine de cistes depuis six mois, de l’Aquitaine jusqu’à la Corse.

« Au gré de mes balades, si l’endroit me plaît, il m’arrive de déposer une boîte. Puis je fais des recherches à l’Office de tourisme et sur Internet pour écrire l’énigme. Chacun a ses spécialités et ses préférences. Mon but est de faire découvrir des sites insolites. C’est totalement subjectif », explique-t-elle.

L’éthique des cisteurs. Pour lire une énigme, tout nouveau chercheur doit d’abord s’inscrire sur Cistes.net et s’engager à respecter l’éthique des cisteurs.

« Il faut rester discret quand on arrive sur un spot, l’endroit où est cachée une ciste, pour ne pas attirer les regards. Quand on procède à l’échange d’un objet, pour prouver qu’on a trouvé la ciste, il faut l’enregistrer au plus vite sur le site Internet. Les objets périssables ou dangereux sont d’ailleurs à proscrire. Enfin, il faut toujours replacer la ciste au même endroit. Il n’y a rien de plus énervant qu’une ciste perdue ou pillée », peste Céline Grenier.

Les deux plus grands chercheurs en France affichent plus de 3 000 cistes à leur palmarès. Céline Grenier, modestement, en affiche 240.

En Gironde, nulle ciste ne résiste bien longtemps au Passager du vent, le chercheur le plus efficace et le plus rapide du Sud-Ouest, que les cacheurs aiment mettre au défi. Côté cache, les nombreuses énigmes de Scytale, féru d’histoire et d’architecture, remportent tous les suffrages.

« On discute ensemble via le forum de Cistes.net. Il y a un côté énigmatique, car personne ne connaît l’identité de l’autre. En avril dernier, j’ai invité plusieurs cisteurs à participer à un rallye sur le bassin d’Arcachon. On était une quinzaine, c’était très sympa. »

Le Passager du vent n’était pas de la fête, préférant se pencher sur de nouvelles énigmes. D’ailleurs, la ciste du Capitaine ne lui a pas résisté bien longtemps. Il l’a découverte en début de semaine. Saurez-vous la trouver vous aussi ?

(1) Max Valentin est célèbre en France et à l’étranger pour avoir créé, en 1993, la première grande chasse au trésor d’ampleur nationale, « Sur la trace de la Chouette d’or » (www.maxvalentin.com).

« Pour nous, les cisteurs, c’est une vraie chasse au trésor. Ma première ciste, la plus belle, je l’ai trouvée en Crète ».

Par Frédéric Zabalza

La-Teste-De-Buch (33). Le paradis caché de l’île aux Oiseaux


ileauxoiseaux.jpg Pantalon retroussé jusqu’aux genoux, Jean-Louis Bonnin avance lentement dans l’eau peu profonde. Il pourrait presque marcher dessus. « Ici, c’est le paradis », murmure-t-il en posant enfin le pied sur le sable chaud.« Son » paradis n’est pas fait de nuages cotonneux, même si le baccharis, aussi appelé cotonnier, une plante venue des Etats-Unis au début du XXe siècle, y pullule. Vue du ciel, cette Terre promise ressemble plutôt à une minuscule tache verte au milieu d’une flaque bleue, que les autochtones nomment respectivement île aux Oiseaux et bassin d’Arcachon.

Depuis un demi-siècle, ce charpentier de marine, patron du plus ancien chantier naval familial de France, à Arcachon, traverse chaque semaine le Bassin, non pas pour méditer mais pour retrouver le calme de sa cabane, construite avant les années 1920, à peine dérangé par l’envol d’un courlis.

Chaque recoin de l’île évoque en lui des souvenirs. « Quand j’étais gosse, on venait avec les copains en bateau, à la voile ou à l’aviron, pour pêcher et chasser. »

Bon troc.

A bientôt 66 ans, et à un an de la retraite, Jean-Louis Bonnin est resté fidèle à ses deux passe-temps préférés, comme en témoignent les nombreux tableaux « très chasse » qui ornent les murs de la cabane.

Celle-ci n’a pas changé depuis l’époque où le charpentier l’avait acquise à peu de frais, en 1965, après que le préfet d’Aquitaine Gabriel Delaunay avait régularisé l’occupation de l’île, jusque-là réservée aux ostréiculteurs et aux pêcheurs, par les « plaisanciers ».

« J’ai fait un troc avec le propriétaire, un Arcachonnais de souche. En échange de la réparation de son bateau, une grosse pinasse, il me cédait la cabane. »

Les habitants de l’île aux Oiseaux, appelée jadis île de La Teste, n’étaient pas encore des « concessionnaires », bénéficiant d’une autorisation d’occupation temporaire (AOT) dont le renouvellement soulève plus de passions que la désignation d’une ville olympique tous les quatre ans (1).

Montée des eaux.

Jean-Louis Bonnin espère ainsi être un peu chez lui sur l’île pendant quelques années encore. « Inch’Allah », sourit-il, en ouvrant, pour faire entrer la lumière, la porte jaune de sa cabane couleur de goudron, entourée d’un rempart fait de traverses de chemin de fer. « L’eau est passée trois fois par-dessus cette année. La montée des océans, quoi qu’on en dise… », glisse le maître des lieux, modeste témoin du réchauffement de la planète.

De la cheminée au frigo (à gaz), de l’imposante armoire aux lits bien secs, l’intérieur de la cabane ressemble à une ferme médocaine. « Comme c’est construit sur du sable et que la ventilation est importante, il n’y a pas d’humidité », vante Jean-Louis Bonnin. « Le gros problème, c’est les fourmis », constate-t-il en montrant du doigt les minuscules envahisseurs.

Le gardien gestionnaire de l’île aux Oiseaux a beau faire, des espèces « étrangères » colonisent cet espace naturel : de l’ailantes, qui chasse les tamaris, aux lapins, survivants des récurrentes épidémies de mixomatose. Sans parler d’une espèce plus grande et plus nombreuse : le plaisancier.

« Il n’y a pas de problème de cohabitation. Combien on en a aidé à remettre leur bateau à l’eau, ou à qui on a donné de l’eau… Une nuit, j’ai même hébergé des jeunes qui s’étaient fait avoir par la marée. C’est que l’eau se retire très loin ici », souligne Jean-Louis Bonnin, en montrant les parcs ostréicoles, entièrement découverts à marée basse.

Le champagne de Philippe Starck.

Pour l’Arcachonnais, devenu l’un des doyens de l’île aux Oiseaux, la solidarité est une des vertus qui composent « l’esprit îlien ». Dans chacun des cinq quartiers (Port de l’île, l’Ilot, le Saous, le Truc vert, l’Afrique), où sont disséminées les quarante-deux cabanes, les relations de voisinage sont importantes. Hormis la chasse et la pêche, l’activité préférée des habitants est d’ailleurs de guetter à la jumelle l’arrivée des bateaux. C’est la protection la plus sûre contre les cambriolages.

Malgré son charme et sa discrétion, l’île aux Oiseaux n’attire pas les célébrités, à l’exception du designer Philippe Starck. « Il a l’esprit îlien. Quand il vient le week-end, il porte une caisse de champagne et invite tout le quartier à boire un coup », souligne Jean-Louis Bonnin.

Par Frédéric Zabalza.

La Teste de Buch (33). Festival de théâtre pyrotechnique

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La Teste de Buch organise le Festival “La Teste dans les Etoiles” du 17 au 19 Août 2007.

Trois soirées : trois spectacles pyrotechniques mariant le théâtre vivant et création pyrotechnique. Cette deuxième édition du festival intègre le théâtre urbain, le hip hop et les arts du cirques aux feux d’artifice.

L’évènement se déroule au Stade d’Honneur de La Plaine des Sports et des Loisirs Gilbert Moga à La Teste de Buch chaque soir à partir de 22h.

Bassin d’Arcachon (33). Petites bicoques de rêve

Ecoutez, fermez les yeux et retrouvez-vous les pieds dans l’eau sur une plage du Bassin d’Arcachon…

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C’est une histoire de beauté, une histoire de villages aussi, L’Herbe, Piquey, Piraillan… L’histoire de lieux magiques face à l’île aux Oiseaux

bassin01.jpgLes cabanes du Ferret, c’est beaucoup plus que des cabanes. C’est une histoire, des histoires, des souvenirs d’enfance et des noms magiques qui chantent doucement dans la mémoire : le chemin des douaniers, la Villa algérienne, Chez Magne, et si l’on tend l’oreille, l’écho parvient encore du rire de Lino lorsqu’il jouait aux boules…

Les cabanes du Bassin, c’est aussi tout ça, et quelques villages, bien sûr, L’Herbe, Le Canon, Piraillan, Piquey… 500 refuges, 280 chais à trier et 200 habitations, un dialogue haut en couleur entre ceux qui croyaient aux huîtres et ceux qui les gobaient, les travailleurs du petit matin, les poètes des lents crépuscules.

Tout avait commencé à l’époque où l’on oubliait Sedan. En 1875, le principe de création de villages ostréicoles est adopté. Les frères Lesca, « inventeurs » en quelque sorte du Ferret et richissimes entrepreneurs et exploitants forestiers, protestent vigoureusement (goûtons l’intemporalité de la dialectique retenue) : « Ce projet est nuisible à nos intérêts de propriétaires riverains, nous mettant dans l’impossibilité de vendre nos terrains en façade du Bassin. De plus, il compromet le projet d’une ligne de chemin de fer entre Arès et le cap Ferret et l’avenir de la presqu’île comme les intérêts de l’Etat. Il risque aussi d’aggraver l’insalubrité du pays en engendrant des maladies nouvelles ». Passant outre à ces conseils d’amis trop empressés, les cabanes seront édifiées et réservées à un usage strictement professionnel. Pourtant, l’adjonction d’une cheminée à certaines d’entre elles, dès la fin du XIXe siècle, semble indiquer que pratiquement dès leur création, la destination des lieux sera parfois détournée en cabanes d’habitation.

Loi heureusement restrictive.

Tout au long du XXe, le jeu du chat et de la souris se poursuivra entre la loi et l’usage et, en 1965, le préfet Delaunay rompt avec l’hypocrisie en autorisant, sous condition, l’utilisation des cabanes à d’autres fins que celles initialement définies. Mais, « dura lex, sed lex », la loi demeure puissamment (et heureusement) restrictive : les cabanes doivent être de dimension comparable (de 50 à 70 mètres carrés), ne pas comporter d’étage, être construites en bois, recouvertes de tuiles canal et bâties sur pilotis (ou surélevées) pour éviter d’être submergées. Bien entendu, toute location est strictement interdite.

Alors, qu’est-ce qui fait de cet ensemble de bicoques (plus solides qu’elles n’y paraissent), dont seules celles situées en « première ligne » bénéficient d’une vue magnifique sur le Bassin, l’image de marque mondialement diffusée du Ferret, avec son phare et son petit train ? C’est une histoire de beauté qui, comme chacun sait, est mauvaise fille. Il faut avoir vu le soir tomber sur l’île aux Oiseaux, les chalands passer, entendu les mouettes ricaner, humer le parfum du jour achevé, huîtres, tuiles séchées et la vase. Il faut avoir laissé du temps au temps. Voilà, c’est très beau. Et c’est tout.

Article d’Olivier Mony

 

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Photos de Franck Perrogon