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Les vacances de M. Bussereau (Saint-Georges-de-Didonne - 17)

Dominique Bussereau

photo Samuel Honoré

Eprouvé par ses nombreux déplacements à l’étranger, Dominique Bussereau joue son été au coeur de cette station balnéaire dont il fut le maire avant de devenir ministre de l’Agriculture en 2002.

Il pourrait leur en montrer un peu, à tous ces people flashés menu par les paparazzis dès qu’ils exhibent bêtement, et au mieux, un bout de nez au grand jour. Question camouflage, cet été, Dominique Bussereau est passé maître dans l’art de ressembler à tout le monde. Chemisette à carreaux par-dessus le bermuda et Ray-Ban par-dessous le panama, les mauvaises langues osent à peine soupçonner comme un parfum de naphtaline dans l’air.
1 Peut-on se passer d’une voiture de ministre ?
Et même de son chauffeur, aussi incroyable que cela puisse paraître. Alors que chacun d’entre nous donnerait cher pour voyager vautré dans le cuir pleine fleur d’une luxueuse berline, Dominique Bussereau éprouve le besoin de laisser sa Citroën C6 au ministère pour piloter lui-même un pot de yaourt : « Mon épouse et moi renouons avec un plaisir de jeunesse, la Fiat 500. » Des petits plaisirs qui, bien souvent, sont les plus grands, ainsi les spécialistes vroum-vroum nomment-ils d’ailleurs celui-ci l’ « auto satisfaction ». Pour parodier un célèbre refrain, il faut cependant noter que Dominique Bussereau est le premier ministre des transports qui se met à la place du conducteur. « En cas d’urgence, j’ai tout de même un chauffeur en alerte à la préfecture de La Rochelle pour m’emmener vers un aéroport. »
2 Du bon usage du disque de Carla
La rumeur prétend que le prochain remaniement ministériel se jouera lors d’un karaoké élyséen. Le ministre doit-il pour autant écouter à tue-tête l’album de Carla Bruni ? : « En fait, il est dédicacé à mes filles… Mais on l’écoute à la maison, c’est un disque de vacances, parfait en fond musical pour les dîners entre amis. Même si je suis un peu plus fan des Pink Floyd, de Clapton, ou même de Radio Nostalgie dans la voiture. »
3 Un ministre peut-il manger avec ses doigts ?
Et comment ! Cornaqué onze mois sur douze par toutes les Nadine de Rothschild du ministère, il pourrait même s’essuyer la bouche dans ses bras de chemise s’il ne portait, hélas, des chemisettes (voir plus haut). « Pour une fois que je ne suis pas obligé de faire attention, comme dans tous ces dîners officiels…. Je vais au marché chaque jour, j’achète beaucoup de coquillages qui s’ouvrent à la plancha. Pas mal de poissons grillés aussi, j’ai investi dans un nouveau barbecue. »
Apparenté à la minorité légèrement enveloppée du gouvernement, Dominique Bussereau, pourtant, sait aussi se rassasier de menu fretin. « Il m’arrive de n’avaler que trois rondelles de tomate. En général, contrairement à la plupart des touristes, je rentre à Paris un peu aminci. »
4 Doit-on causer politique à un ministre en short ?
Essayez un peu pour voir. Est-ce que le ministre, lui, arrête son plombier sur la plage pour lui parler tuyauterie polonaise ? Sur le gril toute l’année, c’est une nouvelle fois autour de sa plancha que Dominique Bussereau aime à être cuisiné l’été. « Mais pas de politique à table. Si on me branche sur Sarko, je me mets en veille automatique, et les gens comprennent vite qu’il ne faut pas m’emmerder avec ça. »
5 Des cartes postales aux collègues de bureau ?
« Non, je n’envoie pas de carte au président. Simplement parfois un SMS à certains, comme Xavier Darcos. » Des « Amitiés » et quelques « Bises » échangées avant le coup de fil quotidien à Jean-Pierre Raffarin, l’ami de toujours. Qu’écrirait-il de toute façon sur une carte postale ? Qu’il dort bien - huit heures par nuit - et que la sieste est obligatoire, qu’il va à la plage, mais seulement pour se baigner trente minutes chaque matin - « je déteste la bronzette » - et qu’il espère ne pas avoir de devoirs de vacances avant la rentrée, le 21 août. Car si l’ex-ministre de l’Agriculture pouvait autrefois redouter d’être réveillé le matin par le sulfatage rebelle de sa maison au lisier de porc, il est désormais assez peu probable que les pilotes de ligne en colère bombardent ses pénates avec leurs eaux usées. « Ce que je redoute, en revanche, c’est une grosse catastrophe dans les transports, l’été c’est même ma hantise. »

Sylvain Cottin