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Michel, ange gardien de l’autoroute A 62

asf02.jpgL’inusable Bison futé aura beau ressasser ses sages recommandations avant les grandes migrations estivales le long des fleuves de bitume, il y aura toujours des pneus trop lisses, des réservoirs à sec ou des moteurs agonisants pour interrompre brutalement le destin des vacanciers. Heureusement, les dépanneurs sont là. En moins de trente minutes, délai imposé par les Autoroutes du sud de la France (ASF), ils volent au secours de ces victimes plus ou moins innocentes.

Les mains dans le cambouis depuis vingt-cinq ans, Michel Planès s’est glissé dans le « créneau » des autoroutes il y a trois ans. Son territoire, qu’il partage avec 11 autres dépanneurs : un tronçon de 80 kilomètres, entre La Brède (en Gironde) et Aiguillon (Lot-et-Garonne).

Régime café-sandwich.

Un téléphone mobile accroché à chaque hanche, à la manière d’un cow-boy, il bondit dans l’un de ses trois camions dès que les ASF lui signalent un véhicule en détresse. Vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept. « Il y a beaucoup de pannes de carburant. Des crevaisons aussi, des éclatements de pneu. Une personne était en train de changer une roue sur le bord de la route, un camion passe et le cric se retrouve sous la voiture… Des gens partent alors que leur voiture n’est pas révisée, ou alors elle est en surcharge. Les caravanes, elles, n’ont pas de roue de secours. Il n’en faut pas plus pour se retrouver sur la bande d’arrêt d’urgence », constate Michel Planès, qui note également que « les propriétaires de camping-car sont très maniaques. Il ne faut pas rayer leur véhicule, ne pas mettre de cambouis sur le volant. »

Comme les restaurateurs, les dépanneurs connaissent des coups de feu. « L’été dernier, j’ai fait 60 interventions en trois semaines, en plus des dépannages hors autoroute. Je suis resté deux jours sans dormir, au régime café-sandwich », raconte Michel Planès, dont l’épouse Martine s’occupe du standard. « L’été, c’est le vendredi et le dimanche qu’on a le plus d’appels. Mais ça peut tomber à n’importe quelle heure », observe-t-elle.

« Je me suis fait peur ».

Pour se rendre au plus vite auprès d’un automobiliste en mauvaise posture, le dépanneur dispose d’un sésame : un trousseau de clefs ouvrant les portails répartis le long de l’autoroute et une carte pour le péage. « Sur l’autoroute, il faut toujours être très prudent et très attentif. Notre première mission est de dégager la chaussée au plus vite. Si l’on peut, on répare le véhicule sur place, sinon on l’embarque. Le problème maintenant, c’est qu’avec l’électronique embarquée on se retrouve souvent coincé. »

Le garage Planès, situé à Fauillet, à quelques kilomètres de Tonneins, devient alors un refuge durant quelques heures pour les familles désemparées et piétonnes, le temps que leur assureur s’occupe d’elles. « Les assureurs allemands sont top », ne manque pas de remarquer Martine Planès, qui leur offre un café.

Ce métier n’est pas sans risque. Michel Planès peut en témoigner. « L’an dernier, je me suis fait peur. J’intervenais après un accident, pour une voiture qui était sur le toit. C’était en plein jour, les gendarmes avaient mis en place tout le dispositif de sécurité. Soudain, une Golf blanche ça m’a marqué ! a déboulé. Au volant, une personne âgée roulait tête baissée. Elle a percuté 11 cônes de signalisation sans s’arrêter. On a sauté sur le côté pour ne pas être fauchés. On était tout près de la catastrophe. »

Invité par la Compagnie Créole.

Le dépanneur possède aussi des histoires plus légères dans sa boîte à outils. « J’ai dépanné le camping-car de la Compagnie Créole. Un pneu avait éclaté juste avant l’aire de repos du Mas-d’Agenais. Ils m’ont payé un verre et offert deux places pour le concert au château de Duras. » « Les gens sont gentils dans l’ensemble, reprend Martine Planès. Certains envoient des cartes postales. On a même reçu des bouteilles de vin et des huîtres ! »

Dans la série « le malheur des uns fait sourire les autres », Michel Planès se souvient : « Je suis intervenu sur un accident provoqué par un sanglier. La voiture était pliée et le propriétaire, pour qui c’était la deuxième fois que ça arrivait en quelques mois, s’appelait M. Sanglier. Je n’ai pas pu m’empêcher de rire. »

Article de Frédéric Zabalza
Photo de Thierry Suire

12 juillet 2007 - Aucun commentaire
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Autoroutes du Sud de la France

Le réseau Autoroutes du Sud de la France (ASF) est le 1er réseau autoroutier à péage de France, et le 2ème en Europe. Il dessert une zone géographique qui est la première destination de vacances des européens et la première zone d’échanges économiques d’Europe. Créée en 1957, ASF exploite un réseau de 2 562 km auxquels s’ajoutent 140 km en cours de construction. Pour en savoir plus : www.asf.fr

12 juillet 2007 - Aucun commentaire
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