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L’éternelle fiancée d’Espelette (ESPELETTE - 64)

Le village épicé se situe au pied des premiers contreforts montagneux du Pays basque. Si Arcangues, la voisine, a son Luis Mariano, tombe la plus visitée du coin, Espelette possède désormais celle d’Agnès Souret, élue plus belle femme de France en 1920. Une mémoire réveillée et désormais protégée par André Darraïdou, ancien maire du village et solide restaurateur.

DARRAIDOU Agnes Souret

Evidemment, il est amoureux d’elle. Avec son doigt, André Darraïdou trace les contours de son visage, ses épaules, son corsage. Sur la photo en noir et blanc, elle a 18 ans pour l’éternité. « On n’a pas vu le temps l’abîmer », murmure-t-il. Des cheveux bouclés bruns en cascade dans le cou, des yeux de chatte et cet air langoureux propre aux jeunes filles des années 20. Elle s’appelait Agnès Souret. Et André Darraïdou, ancien maire d’Espelette, ne peut se résoudre à l’abandonner.
Cet été 1920, alors qu’un concours de la plus belle femme de France est organisé à Paris, Agnès Souret, depuis son village d’Espelette, envoie une photo d’elle en communiante, accompagnée de ce petit mot tracé à la plume : « Je n’ai que 17 ans, dites-moi si je dois traverser la France pour courir ma chance ? » Agnès, sélectionnée, fait alors l’objet d’un petit film amateur, projeté, comme celui de centaines d’autres candidates, dans les cinémas des grandes villes, à l’entracte. Le public vote pour elle, avec 114 994 voix très exactement. Car la fille d’Espelette est belle comme le jour.
Devenir actrice de l’écran. Élue plus belle femme de France, elle dut se dévêtir… Un tout petit peu, ainsi que le stipulait le règlement du concours : « On met la splendeur physique au concours, du coup on force la jeune fille à se montrer (rien de méchant, la jeune fille montre ses épaules nues et le tissu de sa robe se révèle un brin léger). Le choix de la majorité des votants indiquera le type instinctif d’une nation. » En réalité, il s’agissait, au-delà de ce premier concours de miss, de dévoiler quel est le type de femme que les Français plébiscitent en 1920.
Agnès rêvait de devenir actrice à l’écran, comme Sarah Bernhardt. Son premier film fut un bide et elle tenta une carrière de modiste chez Madeleine et Madeleine. Pas terrible non plus. Finalement, comme sa mère avant elle, danseuse au ballet de Monte-Carlo, Agnès Souret se tourna vers la scène. La voilà meneuse de revue aux Folies Bergère à Paris. À Espelette, la maison de famille fut rebaptisée Ederrena, « la plus belle ». Agnès, entre ses revues et ses tournées, rentrait parfois au Pays basque. On la croisait sur la croisette de Biarritz, le long de la Grande Plage, avec son chien Cricri ou sur un cheval. Elle buvait le thé dans un service en porcelaine.
En marbre rose. C’est lors d’un voyage en Argentine qu’elle meurt d’une péritonite mal soignée, en 1928. Sans enfant après son petit quart d’heure de gloire. Pour rapatrier le corps en France, sa mère se ruina, vendit la maison Ederrena et fit construire un caveau en marbre rose, gravé à l’effigie de la jeune femme et doté d’un vitrail exceptionnel, dans un coin du petit cimetière d’Espelette. Voilà la triste histoire d’Agnès. André Darraïdou la connaît dans tous ses détails. Alors, encore maire, il invita l’architecte des Bâtiments de France à venir voir la tombe d’Agnès, avec dans l’idée de la faire inscrire à l’inventaire des Monuments historiques, afin de la restaurer. Il ne fallait pas que la mémoire de la belle fille se dissipe. C’est fait. « En 2002, nous avons organisé une petite fête, reprend-il, avec une exposition, un repas, tout bien comme on fait ici. Puis nous avons invité une Miss France, car après tout Agnès fut une espèce de Miss France. Là, on a un peu ramé… Chère, très chère, la Miss France. Donc on a pris une ancienne, une d’il y a dix ans qui rentrait dans nos prix. Les gens ont adoré retrouver cette histoire et, aujourd’hui, nul n’ignore à Espelette qui était Agnès Souret. »
En cette semaine pluvieuse du mois d’août, les touristes se bousculent dans les petites rues du village. Les cabas remplis de piments, ils galopent d’une boutique de spécialités locales à déguster à l’autre. Mitraillent les façades des hautes maisons. Tellement typiques et pittoresques. Sans même se douter qu’au cœur du cimetière, derrière les stèles discoïdales du XVIe siècle, gît une jeune femme dans un tombeau rose.

Isabelle Castéra

Adepte du « soul surf » sur les vagues d’Oléron (SAINT-PIERRE d’OLERON - 17)

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Jean-Paul Pertsowsky est l’un des pionniers du surf dans l’île. Son regard d’ex-maoïste et son goût de la liberté nous ramènent à l’esprit originel de cette discipline, telle qu’on la pratiquait ici voilà une trentaine d’années.

Oléronnais de souches russo-italiennes, Jean-Paul Pertsowsky - alias Poulou - a une gueule. Le cuir tanné. Et ce faciès de taulard qui vous glacerait le sang s’il n’était barré par un sourire enjoué. À 56 ans, il trimbale ici sa musculeuse ossature forgée aux creux des vagues. Ici, c’est à deux pas de La Cotinière. Et ça fait 26 ans que ça dure… Voire plus : « Parce qu’avant de m’y poser pour la planche, j’ai passé à Oléron toutes mes vacances depuis mes 4 ans. »

Antithèse du frimeur dopé aux hormones du marketing, Poulou prône le « soul surf ». Traduction : « C’est le surf plaisir, que j’ai toujours pratiqué. » Le concept existerait encore, bien que noyé dans l’océan des marques et de la performance. En tant que pionnier (« avec d’autres ») de la planche oléronnaise, Poulou en est le témoin parfois nostalgique. « Dans les années 80, le premier surf shop venait de naître, mais la location de planches sur la plage n’existait pas, raconte-t-il. Avec des copains, on a monté une asso baptisée La Cabane, aux Allassins. On proposait des produits frais sortis d’une glacière… parce que nous n’avions ni eau ni électricité. Le soir, les gens se pointaient toujours plus nombreux, parfois après la boîte de nuit. Ça a tenu jusqu’en 2004, lorsqu’on a fait la fête de trop, avec cracheurs de feu, DJ, etc. L’Office des forêts n’a pas aimé. On a pourtant récolté 700 signatures de soutien, souligné le caractère associatif de la buvette, la convivialité du lieu et la sensibilisation qu’on réalisait pour protéger la dune. En vain […]. Et j’ai fait une dépression, la seule de ma vie. »

Surf et politique. Emportant dans sa tombe beaucoup de l’esprit peace & surf, une institution venait de mourir. Mais pas la flamme de son patron emblématique, cet ex-maoïste soixante-huitard connu (un peu) pour figurer dans le documentaire « Reprise » (1). Il continue de se shooter à la politique : « “Libé” (moins maintenant). “Le Canard”. Et Besancenot, sauf qu’en fin de campagne électorale, faut pas croire, je vote utile. » Connu des surfeurs, mais aussi des élus, Poulou capte le moindre bruissement sociétal de l’île. « En ce moment, c’est assez calme. »

Un virage. Mais, vers 1982, on a assisté à un virage. Un ciné associatif a été créé. Les « Cahiers d’Oléron » ont été publiés. Et un lycée expérimental avec des enseignants marginaux a vu le jour. Il n’hésite pas à associer ces mutations à l’essor de la glisse. « Le surf n’a pourtant pas décollé facilement, précise-t-il. Quand on expliquait aux élus qu’il était un atout pour l’île, ils nous prenaient pour des fumeurs de joints. Bon, c’est ce que l’on était ! Hippies, filles, voyages, fêtes et bières n’étaient pas que des clichés. Mais ça a tout de même fini par prendre, grâce au gars qui a créé la première école de surf. » Poulou avait alors appuyé la candidature du dit « gars », tandis qu’il œuvrait… pour le journal municipal. Un job parmi d’autres, alternés avec des périodes de chômage : reporter sur feu Radio Oléron ; cogérant d’un ex-bar de véliplanchistes misant sur la clientèle surf ; vendeur d’huîtres missionné à Paris… Et au final, une omniprésence qui a conforté Poulou dans son statut d’ancêtre respecté de la glisse « non conditionnée ».

Mais as-tu donc, Oléron, modifié ton image de terre familiale, d’épuisettes et de glace à la vanille grâce à Poulou ? « Les gens d’Hossegor ou Biarritz continuent de se moquer gentiment du fait de surfer à Oléron », se marre Volo, le fils prodige du père précurseur, champion départemental des Maritimes sur planche. Lui appartient à la nouvelle génération. Mais ne le croyez pas suiviste ! « Il est certes fan de compétition, précise Poulou. Mais il a comme moi ce côté ”roots”. Et il n’est pas pour le localisme. Car, s’il ne s’agit pas non plus de se faire chier à 50 sur une vague, il faut démocratiser le surf… Et surtout aider les jeunes surfeurs à ne pas adopter seulement une mentalité de sportif, mais aussi de joueur. Un joueur dans l’eau. »

(1) D’ Hervé Le Roux (1997), sur la reprise du travail aux usines Wonder après les événements de Mai 68. Reprise commentée à l’époque par Jean-Paul Pertsowski et d’autres pour un film.

Par Thomas Villepreux

Un mariage cousu au millimètre (ARCANGUES - 64)


mariage

photo Jean-Daniel Chopin

Alexandra et Thomas se sont dit oui sur les lieux de leur premier baiser. Comme tout devait être parfait, ils ont fait appel à une wedding planner.

Vous connaissez le film par cœur. Gros plan sur la mariée, Alexandra, 24 printemps, la plus belle du bal. Zoom sur sa robe de satin blanc nacré aux lacets enserrant parfaitement son bustier de princesse. Bijoux étincelants mais pas clinquants. Place au marié. Il s’avance le premier vers le curé. C’est Thomas, 27 ans, raide et fier dans son costume sombre. Ému en diable à l’heure d’offrir son amour devant Dieu. Ils ont voulu une cérémonie « simple mais ravissante ».

Travelling dans l’assistance : 45 invités sont endimanchés. Parmi eux, les ados, trop timorés pour troquer leur blue-jean contre un pantalon chic (ça viendra). Le scénario ? Sans suspense : il y aura des fleurs, un merveilleux buffet, un plan de table, des tubes des années 80 (« parce qu’on aime bien ça »). Thomas et Alexandra ont choisi de déléguer. Leur chef d’orchestre s’appelle Véronique Ibarrart, wedding planner (organisatrice de mariage) d’Avaé Mariage, à Biarritz. Elle se soucie de l’invisible. Veille à combler les moindres désirs du couple et de ses convives.

« Sublimissime ! » Omniprésente, elle s’est d’abord postée devant l’église, afin d’orienter la machine à bulles de savon. Sans confettis ni pétales de rose à jeter, l’assistance se contente d’applaudir ce bonheur désormais conjugal… Auparavant, la wedding planner a « validé » les compositions florales, la déco, le traiteur, le photographe, le responsable des platines et celui du service, un ancien de chez Guérard, du Martinez et du Lutetia. Son expression favorite ? « Sublimissime ! » La scène ne se joue pas par hasard à deux pas de Biarritz. « Thomas et moi nous connaissions avant de passer des vacances en groupe au Pays basque, raconte Alexandra. Nous avons grandi dans la même région, dans le Nord-Est. Mais c’est ici que nous sommes sortis ensemble voilà six ans. Puis nous avons flashé sur le village d’Arcangues. » Après la cérémonie religieuse à la chapelle du Braou (Biarritz), on rejoindra donc les terres du marquis. Direction le Théâtre de verdure.

Il y a aussi un trinquet, une église et l’illustre tombe de Luis Mariano, surplombant le golf. Véronique Ibarrart n’y est pour rien. Elle n’a pas davantage fait pousser les montagnes dressées au loin, mais se dit prête à en déplacer pour « ses » mariés.

La demande planifiée. Le grand-père d’Alexandra encaisse mal les neuf heures de route ? Elle déniche un médecin de garde. Un espace fermé par de larges voiles transparents rétrécit le coin dîner « pour créer plus d’intimité » ? C’est elle. « J’ai aussi contacté une amie qui a confectionné les espadrilles basques du petit Théo » (le fils des mariés).

Forcément, certains contours immatériels de la soirée lui échappent. Quand Matthieu brûle de connaître la réaction des tourtereaux lorsqu’ils découvriront sa surprise (un béret basque pour tout le monde). Lorsque les yeux du papa de la mariée sont humides, alors qu’il avait prédit les larmes de son épouse. En revanche, Véronique note que Barry White transforme l’atmosphère feutrée du cocktail en joyeux délire à l’heure des agapes.

La fin du film approche. C’était écrit, mais on s’est tous laissé surprendre. Alexandra retrouvera bientôt son rôle d’infirmière. Thomas celui d’informaticien. Les 45 acteurs auront mérité leur cachet (d’aspirine, parfois). Véronique Ibarrart aussi, qui envisage d’innover.

« Dans un souci de répondre aux attentes des couples, j’espère organiser des demandes en mariage. L’un des deux ne sera pas au courant. » Nos amoureux d’Arcangues y ont échappé.

Adrien Vergnolle

17 juillet 2008 - Comments Off
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Soustons (40). Les Irlandais de Soustons descendent à Bayonne

rugby.jpg Ce soir, Pottoka doit gambader dans les trèfles. Le petit cheval basque, souriante mascotte de l’Aviron Bayonnais rugby, ne se promène jamais qu’à la tête d’un cortège d’allégresse et de chants, tous derrière, tous derrière, et lui devant. Les quelque 1 200 supporters irlandais attendus au stade Jean-Dauger, aujourd’hui, pour le match amical non officiel Aviron-Irlande, ignorent encore tout de l’animal pyrénéen. Du « Vino Griego », le chant têtu dont s’enivrent jusqu’à l’overdose ses admirateurs. De la fierté ombrageuse des Bayonnais, « meilleur public » du rugby français. Du vieux conflit de voisinage qui les unit à ceux d’à-côté, plus étroitement encore que n’importe quel jumelage.L’ambiance du Munster.

Nigel Osborne, lui, sait déjà tout ça. « La vraie équipe de la région, dit-il, c’est Bayonne et pas Biarritz. A Dublin, il y a quelques années, j’ai joué avec un Basque, Eric Olazabal, et il m’a tout expliqué… C’est vrai qu’en Irlande, le Biarritz Olympique est plus connu grâce à ses participations à la Coupe d’Europe, mais le club de Bayonne a derrière lui les spectateurs. J’y ai retrouvé la même ambiance qu’au stade du Munster, à Limerick, où le public est exceptionnel. »

Pour partager cette découverte, mardi après-midi, cet ancien joueur des Dublin Wanderers s’est présenté à la billetterie du club bayonnais et a acheté 145 places pour le match de ce jeudi.

Si le gros des troupes vertes atterrira dans la journée sur le tarmac de Biarritz-Parme, en provenance directe de Shannon ou de Dublin, Nigel et ses 144 compagnons de tribune arriveront en bus. Et seulement de Soustons, à quelques dizaines de kilomètres au nord de Bayonne. Depuis huit ans, l’Irishman aux pectoraux d’acier a fait venir sur les installations du Centre nautique de la cité sud-landaise des milliers de jeunes rugbymen irlandais. « De l’équipe d’Irlande des moins de 20 ans, qui a réalisé au printemps dernier le grand chelem au Tournoi des Six-Nations, huit titulaires sont passés par Soustons quand ils avaient 15 ans », glisse ce Dublinois qui passe « quatre à cinq mois par an » dans le sud-ouest de la France.

Cours de français et de rugby.

Sur la seule année 2007, 900 garçons ont déjà travaillé leur technique rugbystique au bord du lac de Soustons. Cette semaine, Nigel Osborne encadre les stages de préparation d’avant-saison de deux équipes scolaires et un groupe d’élèves inscrits à son French Sports and Language Center : des 11-17 ans qui enchaînent chaque jour quatre heures de cours de français, quatre heures d’entraînement et quelques activités nautiques.

« La plupart ont déjà vu jouer l’équipe nationale irlandaise là-bas. Et nous avons fait venir des joueurs célèbres au centre, comme Brian O’Driscoll ou Gordon D’Arcy, ou encore des gens comme Abdel Benazzi et Richard Pool-Jones. Alors, c’est une chance supplémentaire d’avoir ce rendez-vous à Bayonne pour les voir jouer à quelques semaines de la Coupe du monde », souligne l’homme au nom d’alcool espagnol, qui reviendra « avec des copains » en septembre assister aux matches des Irlandais à Bordeaux contre la Géorgie et la Namibie.

« On battra la France ».

« Pour moi, l’Irlande battra la France dans le match de poule. Chez nous, on connaît déjà le nom des titulaires, alors que les Français en sont encore à chercher leur équipe type », juge Nigel Osborne. Ses jeunes protégés n’en pensent pas moins. Mark, 15 ans, ailier dans l’école dublinoise Saint Andrew, pense que l’Irlandais Hickie est le meilleur ailier du monde. Les Verts accéderont-ils aux quarts de finale ? « Definitely ! (C’est sûr !) » s’écrie Dylan, un flanker de 16 ans. Au bord du terrain d’entraînement, quelques parents en vacances à Labenne encourage les jeunes : « Come on, boys… » C’est poussif, lesdits boys devront faire mieux que ça, ce soir à Jean-Dauger, face au meilleur public de France.

Par Nicolas Espitalier.

Biarritz (64). L’éboueur des mers fait sa tournée en jet

jet2.jpgLes surfeurs ont beau aimer les boissons fraîches, ils apprécient moyennement la compagnie d’un réfrigérateur au milieu des vagues. Hélas, le matériel d’électroménager ne représente qu’une infime partie de l’océan de détritus qui flotte sur le vrai, celui des poissons et des baigneurs insouciants. Tel Don Quichotte sur Rossinante, une épuisette à la place de la lance, Gilles Pascual leur fait la chasse sur son jet durant la saison estivale, sous l’oeil miséricordieux de la Vierge de Biarritz.

« Je sais que c’est un peu dérisoire face à l’immensité des déchets. Mais mon but n’est pas de rendre l’Océan plus propre, juste un peu moins sale. » Gilles Pascual sait de quoi il parle, lui qui a passé une bonne partie de sa jeune vie (il est âgé de 32 ans) sur l’eau. « Quand j’étais petit, les plages étaient plus sales. Elles n’étaient pas nettoyées et les gens jetaient vraiment n’importe quoi. Maintenant, elles sont plus propres, mais la mer, elle, est une vraie décharge », regrette-t-il.

« Bon job, bonne cause ».

Né à Biarritz, dont il a défendu les couleurs sur les terrains de rugby, ce fils de marin-pêcheur luzien, aux yeux bleus et à la peau bronzée, a d’abord travaillé dans la restauration, du Brésil à la Jamaïque, avant de revenir à sa première passion. Après un convoyage de voilier dans l’océan Indien, il a décroché un brevet à l’école de pêche de Ciboure. La suite de son CV a de quoi déboussoler : marin sur un fileyeur de Capbreton, sur un navire transporteur de passagers, sur un ligneur à Barcelone, matelot à bord d’un vieux gréement à Ibiza… « J’ai toujours été attiré par la mer », se justifie le Biarrot, qui alterne depuis deux ans la pêche en hiver et le nettoyage du littoral l’été.

« C’est un bon job pour une bonne cause. La ville de Biarritz a recours à cette formule, un jet et un bateau, depuis près de dix ans pour ramasser les déchets flottants. On intervient dans la bande des 300 mètres, c’est-à-dire la zone de baignade, sur un peu moins de 2 kilomètres de côte », explique Gilles Pascual, qui fait équipe avec Bertrand Fontaine et Béatrice Elissalde, propriétaire du bateau « Carpe Diem », basé à Saint-Jean-de-Luz.

« Le jet permet d’aller dans les zones difficiles d’accès, près des rochers et des vagues. Je ramasse les déchets avec une épuisette, et je les ramène ensuite sur le bateau. Je suis un peu un éboueur de l’Océan, c’est vrai, sauf qu’ici les déchets ne sont pas dans des sacs-poubelle. Ils sont éparpillés et bougent sans arrêt, au gré du vent et des courants. C’est difficile de les suivre, surtout dans l’anse du Port Vieux, où ils tournent en rond. »

L’été dernier, environ 30 mètres cubes de déchets ont ainsi été ramassés grâce à ce dispositif, qui paraîtra dérisoire à beaucoup, mais qui a l’avantage de rassurer les touristes. « Dans l’ensemble, les gens sont curieux et plutôt contents de nous voir travailler. On a été largement photographiés depuis le rocher de la Vierge », sourit Gilles Pascual.

Ce dernier a monté, il y a quelques mois, une petite entreprise, Eau vive, pour travailler à son compte. Il aimerait maintenant franchir un cap. « Jusqu’à présent, on a beaucoup fait appel aux pêcheurs pour nettoyer l’Océan. C’est encore insuffisant, il faudrait développer des structures plus importantes, comme il en existe à terre pour le ramassage des déchets. J’aimerais d’abord essayer d’étendre le concept du jet. Car si les touristes ne viennent que l’été, les déchets sont là toute l’année. »

Article de Frédéric Zabalza

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Photos de Bertrand Lapègue

18 juillet 2007 - 1 commentaire
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Roxy Jam, le dénouement

Kassia Meador

C’est l’Américaine Jennifer Smith qui a décroché à Biarritz le titre de Championne du monde de longboard féminin 2007, à l’issue du deuxième Roxy Jam, auquel nous avons consacré un carnet de route dans l’édition du vendredi 13 juillet.

Battue en finale par Schuyler McFerran en 2006, Jennifer Smith s’est hissée cette fois sur la plus haute marche du podium, après avoir sorti notamment trois Hawaïennes : Miku Uemura de justesse au round 4, Joy Magelssen en quarts-de-finale et Janna Irons en demi-finale. En finale, elle a barré la route (11.00 - 8.10) à la prometteuse Girondine de Lacanau, Justine Dupont, 15 ans, qui nous confiait jeudi dernier ses bonnes dispositions dans ce Roxy 2007. L’égérie de la marque Roxy dans le longboard féminin, la californienne Kassia Meador (ici en photo devant la maison Belza sur la plage de la Côte des Basques) est tombée au round 4 devant l’Hawaïenne Crystal Dzigas.

15 juillet 2007 - Aucun commentaire
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Biarritz (64). La Côte basque hisse le pavillon rose

surf01.jpgLes surfeuses ne sont pas des sirènes. Avec une queue de poisson, comment pourraient-elles porter des tongs Roxy ? La marque phare du surf féminin patronne pour la deuxième année consécutive à Biarritz un événement protéiforme, artistique et sportif, qui distribue, entre autres, un titre de championne du monde de longboard et des sourires de « roxygirls » par vagues généreuses. La marque féminine, issue de Quicksilver dans les années 1990, profite au passage du doux arc de la Côte des Basques pour propulser la flèche du merchandising jusqu’à son coeur de cible : cette femme active et moderne qui se fringue en surfwear. « C’est un état d’esprit, pas une question d’âge », glisse Maritxu Darrigrand, la patronne européenne de Roxy.

Egérie.

Le pavillon du Roxy Jam flotte partout sur la cité basque, et les estivants sont au garde-à-vous, un doigt sur la couture du bermuda, sous les drapeaux bleu azur, blanc écume et rose Roxy, une espèce de rose magenta bonbon fluo glamour : « On a eu plus de public sur les deux premiers jours de compétition (NDLR : hier et avant-hier) que sur l’ensemble de la semaine en 2006 », assure Cathy Rourre, souletine d’origine, en charge de la communication.

Elle déplie le listing des journalistes présents dans le village officiel et fait les comptes : « Plus de 130 dans la semaine. Une, deux, trois, quatre… quinze nationalités différentes, avec des Japonais, des Russes et certains venus des Emirats arabes unis à l’invitation d’un partenaire. » La télé australienne retransmet le rendez-vous biarrot sur les écrans de Darwin et d’Adélaïde. Dans un coin, le Belge Hermann, journaliste de Jim (la MTV flamande), a décroché une interview de la plus courtisée des longboardeuses, la Californienne Kassia Meador (lire ci-contre).

L’égérie, comme la désigne Maritxu Darrigrand, incarne toutes les valeurs de la marque en « cumulant les résultats sportifs, la beauté et le charisme ». « Eh bien ! si je peux faire connaître le longboard, j’en suis très fière ! » sourit Kassia, naturelle et diserte. « Les sponsors viennent naturellement à nous parce que le niveau monte, parce que nous travaillons beaucoup pour cela. Et avec la venue des sponsors, le niveau des athlètes va monter, et c’est passionnant d’être parmi les pionnières de la discipline », s’amuse la jeune Américaine.

La poule ou l’oeuf d’or.

Le longboard se pratique, comme son nom l’indique, sur une planche plus longue. Moins spectaculaire que la petite mais millénaire dans le Pacifique, il a longtemps été le parent pauvre du surf, a fortiori dans sa déclinaison féminine. En investissant dans la création, en 2006 à Biarritz, d’un titre reconnu de championne du monde dans une discipline autrefois sous-médiatisée, Roxy illustre les liaisons lucratives entre le surf et les marques. Plus étroites encore que dans les autres sports.

« C’est sûr, les marques ont une responsabilité vis-à-vis de la discipline », note Maritxu Darrigrand. Qui, de la poule ou de l’oeuf d’or fut le premier ? Cela reste la question fondatrice. Mais l’émergence d’un surf féminin professionnel ces deux dernières décennies plus récemment, donc, pour le longboard a été intimement lié à l’explosion du marché du surfwear féminin, d’abord par Roxy (aux Etats-Unis, la marque représente déjà la moitié du chiffre d’affaires du groupe Quicksilver) puis par des sociétés concurrentes.

50 % de filles.

A la porte du village du Roxy Jam, les écoles de surf, hôtes à l’année de la douce courbe biarrote qui s’étire de la maison Belza à l’horizon espagnol, font les comptes. David, éducateur à la Vague Basque, résume : « Il y a dix ans, quand j’ai commencé, on avait 20 % de filles parmi nos adhérents. Aujourd’hui, c’est du 50-50 avec les garçons. » Maintes fois annoncée, l’éclosion définitive du surf féminin est devenue une réalité qui a dépassé les prophéties les plus optimistes.

Les « veuves du surf », comme on surnommait les filles aux scoubidous assises sur la plage en regardant les surfers bronzés, ne portent plus le deuil. Elles glissent. Et le machisme, alors ? Damien passe avec sa planche sous le bras. « Il n’y en a pas vraiment. Mais, bon, ça reste quand même un sport d’hommes. »

Article de Nicolas Espitalier

13 juillet 2007 - 2 commentaires
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Biarritz (64). 50 ans de surf

Le 2nd Roxy Jam Biarritz coïncide avec le cinquantenaire de l’arrivée du surf dans la cité des Pyrénées-Atlantiques (et en France), que Biarritz célèbre cette année.

Pour les 50 ans du surf, renseignements sur www.biarritz.fr

Pour la compétition, rendez-vous sur www.roxyjam.com

13 juillet 2007 - Aucun commentaire
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