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Saint-André-de-Lidon (17). Comme « Loft Story » mais sans les caméras

Par Frédéric Zabalza

Gilbert est parti. Celle sur qui il avait jeté son dévolu lui a préféré un homme plus jeune. Vexé, il a pris ses valises et quitté prématurément Célivacances, le centre de vacances pour célibataires de Saint-André-de-Lidon, à quelques kilomètres de Royan. « Il faut être un peu psychologue. Ici, les adultes redeviennent des adolescents. Parfois, il y a des chagrins d’amour, comme à 15 ans », confie Estelle Steffen, la directrice de cette colonie pour grands enfants.

Mise à l’aise.

Ouvert en 2005, Célivacances a vite trouvé son public. Internet, quelques articles dans les revues (féminines) et le bouche-à-oreille attirent chaque semaine des célibataires de toute la France dans ce coin paisible et discret du Pays royannais. Le centre accueille cinq tranches d’âge (20-35 ans, 30-45, 40-55, 50-65 et 60-70) et accepte même les familles monoparentales. « Nous en avons assez peu. C’est encore un peu tabou, les parents célibataires n’osent pas emmener leurs enfants », remarque la directrice.

Le groupe de Gilbert se situe dans la tranche d’âge des 40-55 ans. Avant le départ de l’infortuné, la parité était rigoureusement respectée. « J’ai découvert Célivacances sur Internet, explique Pascale. Je cherchais des gens dans la même situation que moi. J’ai appelé et Estelle m’a mise tout de suite à l’aise. Ici, le temps passe très vite. On fait ce qu’on veut, on est bichonné et tout le monde se respecte. » La glace est vite brisée entre les célibataires, qui se partagent (les hommes d’un côté, les femmes de l’autre) les chambres de cette ancienne ferme retapée, où l’on produisait jadis du cognac. « C’est comme “Loft Story”, mais sans les caméras. Et sans la piscine ! » sourit Estelle Steffen.

Les pieds sous la table.

De piscine, il n’y en a pas besoin quand la plage de Royan est à quelques minutes de voiture à peine. Célivacances propose d’ailleurs une trentaine d’activités sportives ou culturelles : du farniente sur un transat dans le parc du centre à la pratique du char à voile, en passant par une journée de dégustation de produits régionaux dans l’île d’Oléron.

« L’an dernier, je suis allé dans un camping réservé aux célibataires, dans l’Ardèche », raconte Laurent, 41 ans. « Le directeur était un ancien militaire et l’ambiance s’en ressentait. En plus, on était 32 et il fallait subvenir à nos besoins ! Ici, on met les pieds sous la table et on profite », savoure-t-il.

C’est au cours de ces activités ou lors des repas servis par le chef itinérant Alain Bridier que se nouent des amitiés. Ou que naissent des idylles. « Je n’étais pas venue pour chercher quelqu’un et puis… » Et puis Patricia, arrivée de Bretagne, a trouvé Laurent. « C’est la cerise sur le gâteau, sourit-elle. Mais pour la suite, je ne me pose pas de questions. Il y a une superambiance et c’est tout ce qui compte maintenant. »

Deux mariages.

N’en déplaise à Gilbert, ses camarades disent s’être « éclatés » cette semaine. Le samedi, jour du départ, ils s’échangeront, avec un pincement au coeur, des photos, leur courriel et peut-être leur numéro de téléphone.

« Depuis l’ouverture de Célivacances, nous en sommes à deux mariages ! » se réjouit Estelle Steffen. « Nous avons compté 12 % de couples formés en 2005, 30 % en 2006 et plus de 60 % pour l’instant. Pourtant on ne fait rien pour ça, le centre n’est pas une agence matrimoniale. »

Plus d’infos sur www.celiwe.com