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Chez Minus, la moule fait aussi de l’esprit (CAPBRETON - 40)

L’ancien port de pêche, le seul des Landes, futtrès actif à une époque, puisqu’on en partait pour pêcher la morue jusqu’à Terre-Neuve. Capbreton est surtout un port de plaisance, mais quelques bateaux de pêche subsistent. Sardines, bars et daurades sont les poissons fétiches de la côte landaise. A l’arrivée des pêcheurs, sur le port, le public se presse. En face, chez Minus, on préfère les moules…

moulesLa moule de Minus n’est pas un mollusque ordinaire. Il faut oublier dans les tambouilles de nos grands-mères la moule cuite et recuite, flottant dans son jus ail et persil. Oublier l’enfant grimaçant qui pêchait entre le pouce et l’index le jeune crabe oublié dans un coin de coquille. Sur le port de Capbreton, la moule de Minus, bouchot à fond, a de l’esprit, du style, un genre. On la mange avec les doigts, dans des assiettes en carton, sur des tables en bois brut. On en sort satisfait et assez sale. Mais la guinguette du port de Capbreton affiche complet tout le mois d’août. On appelle ça une institution. De la moule.
À l’origine, un ferrailleur argenté venu de Dax. Il s’appelle Bernard Castex, on le dit Minus en raison de sa petite taille. Loin d’en faire un complexe, le Landais se servira de ce sobriquet pour nommer sa petite entreprise. Pas si bête. Un jour, il décide de monter une cabane sur le port de Capbreton, côté Hossegor, afin d’inviter ses amis à goûter ses moules cuites à la plancha.
Jalousie, jalousie. Années 90. La plancha a traversé la frontière espagnole. Minus ajoute à la cuisson un assemblage d’herbes, un mélange de 13 épices dont personne ne sait rien. Les amis des amis s’invitent, suivis de leurs copains et de leurs voisins. Minus ajoute des tables, de 5 il passe à 30, car la bonne société dacquoise se presse dans cette guinguette en bois, se suce les doigts et en redemande.
Lorsque Bernard Castex meurt prématurément, en 2001, l‘entreprise est rattrapée par sa fille, Sabine. Elle vient d’achever des études de commerce international, avec dans l’idée de se frotter aux États-Unis. La moule, a priori, ne l’inspire pas. Enfin, « pas avant 40 ans », répète-t-elle à ses amis. Pourtant.
« On attendait que je me plante, admet la jeune femme. Le succès de papa a suscité pas mal de jalousie autour. Surtout qu’entre-temps, la moule est vraiment devenue à la mode, tout le monde a tenté sa chance. Malgré la concurrence, nous avons continué à réussir, tout étonnés. »
La success story du mollusque s’interrompt au mois d’avril dernier, sinistre 26 avril où la baraque à Minus brûle entièrement. Sabine est réveillée en pleine nuit. « Deux heures la tête dans le seau », se souvient-elle. La journée suivante, tandis qu’elle ramasse les débris, elle voit des gens pleurer derrière les barrières de sécurité. Oui, pleurer. Pour des moules. Il faudra des mois de reconstruction « à l’identique » avant une réouverture le 6 août. « J’avais peur que Minus y perde son âme. »
Rien à jeter. « Le succès tient beaucoup à ce truc imperceptible. Donc, tout est pareil, en mieux, en propre. » Six planchas chauffées à blanc en permanence, des centaines de kilos de bouchot livrées le matin et le soir par une entreprise SPF qui s’est appuyée sur Minus pour exister. Des assiettes en carton, des verres Arcopal, un tour de main.
En moyenne, le client paye 14 euros pour 700 g de moules et 300 g de frites, avec un rince-doigts en sachet. Du boucan en prime et les toilettes à l’extérieur. Les concurrents n’y comprennent rien. Sabine ose une explication : « Les employés sont mes amis, toutes les serveuses sont des filles. » Tu parles. Élisa et Sébastien viennent de Bordeaux pour se salir les doigts chez Minus. « C’est la sauce, introuvable, incomparable, et les moules. Pas une à jeter. Le décor, on s’en fiche. Tout le monde se mélange ici. Le soir, c’est plus snob, évidemment, les gosses de riche aiment bien venir se montrer dans la cabane. Dans la sauce, il y a de l’ail, du thym, du curry et puis… »
Sabine ne dira rien, même sous la torture. Secret de papa. « Du thé vert », finit-elle par lâcher. E t puis…

Isabelle Castéra

Les vacances du petit Nicolas (Pontaillac - 17)

 

C’est près de Royan, dans cette station balnéaire très cossue, que le jeune Nicolas Sarkozy a passé toutes ses vacances d’été. Surveillé de près par sa mère, “Dadu”, il y a d’abord multiplié les activités sportives avant de faire quelques passages (plus ou moins) remarqués dans les discothèques branchées de la côte.

vacances petit nicolas

Ça doit être de la loyauté. Ou peut-être plutôt cette sourde crainte de voir le GIGN débarquer par l’arrière-cuisine. Car si nous sommes saturés d’informations immédiates sur la vie et l’œuvre de notre président, rares sont en revanche ses amis d’enfance à bien vouloir raconter les étés que le petit Nicolas a passés en famille à Pontaillac, près de Royan. Mais à vous, chers parents qui rêvez de voir un jour votre fils emménager à l’Élysée avec une chanteuse, voici en exclusivité le programme journalier que celui-ci devra respecter à la lettre s’il veut plus tard vous combler.
1 Faire ses classes au club Mickey
Comment aujourd’hui en vouloir au président de flirter à Disneyland, alors que c’est justement dans l’une de ses succursales qu’il a appris à nager ? « Chaque matin à 10 heures au club Mickey, avant d’aller manger une glace chez Judici », se souvient une certaine madame Dubois, dont la grand-mère accueillait les Sarkozy en vacances, jusqu’à la fin des années 70, dans la maison familiale. Mais selon l’adage qui veut qu’un esprit sain ne s’épanouisse que dans un corps du même tonneau, votre futur président de fils devra privilégier le sport à la gourmandise.
2 Vélo, poney, tennis : va y avoir du sport !
Une leçon au Garden Tennis de Royan et quelques galops à dos de poney au club hippique voisin feront l’affaire. À condition de s’y rendre à vélo. « Nicolas y allait quasiment tous les jours. Il était actif, mais pas hyperactif. Plutôt précoce et réservé. » Après un pique-nique familial dans la forêt de la Coubre, vous rappellerez ensuite à votre enfant combien il est doux de jouer avec maman. « Notre éducation était stricte, Dadu tenait Nicolas. L’après-midi, c’était devoirs de vacances et jeux de société. Mais très jeune déjà, il prenait la liberté d’écouter ses disques de Johnny, ça, ce n’est pas une légende ! En juillet, il avait aussi le droit de regarder le Tour de France au Grand Hôtel, puisque nous n’avions pas de télé à la maison. Il ne manquait aucune étape. » Parents, méfiez-vous tout de même du culte Poulidor, à la présidentielle de 2037 l‘essentiel sera de ne pas finir deuxième.
3 Une partie de pétanque, ça fait pas plaisir…
De cette sobre éducation bourgeoise, il est toutefois une partie moins glorieuse que les biographes du petit Nicolas avaient jusqu’alors passée sous silence. Une partie de pétanque. Lui aussi camarade de promo du club Mickey, l’universitaire Gérard Bekerman révèle aujourd’hui l’un des grands drames personnels du président. « Pendant des années, nous avons joué aux boules sur la plage de Pontaillac. Mais Nicolas était franchement nul, il ne faisait que des trous dans le sable, et ça l’agaçait beaucoup. »
4 « Serial séducteur » façon Aldo Maccione ?
Malgré les fréquents passages nocturnes de Nicolas Sarkozy dans les discothèques branchées de la côte royannaise (au Love-love, au Rancho et surtout à la Grange), là-bas, on se souvient surtout de son frère Guillaume. Mais le sujet est trop important pour être ici raccourci (lire ci-contre).
5 Et combien ça coûte, de devenir président ?
Pingres, le destin de votre fils n’a pas de prix. D’ailleurs la prime de rentrée suffira largement à financer cette journée idéale : polo Lacoste (76 euros), deux boules chez Judici (3 €), une heure au Garden Tennis (14,50 €), une leçon au centre équestre (22 €), une entrée au Rancho (15 €), « Le Journal de Mickey » (1,90 €), un disque de Johnny (10 €) et un set de huit boules chromées (15 €). Le juste prix est de 157 euros. Les maniaques pourront aussi ajouter au panier une Rolex Daytona en or blanc, dont la valeur (22 530 €) pèsera à peine sur l’addition. Mais, de grâce, évitez les talonnettes, il est normal qu’un enfant de 10 ans n’ait pas encore atteint le 1,68 m élyséen.

Sylvain Cottin

Et n’oubliez pas la fête des paires ! (Dax - 40)

Seulement appréciés dans l’assiette de quelques privilégiés très discrets, les testicules de toros de combat s’évaporent aussitôt la bête vaincue. Pendant la feria, le commun des aficionados se conselera des ” criadillas ” en consommant des steaks, des rôtis et, surtout, de la daube.

dax couilles de toroSouhaitons d’abord à Juan Bautista qu’il sorte ce soir des arènes de Dax avec les oreilles et la queue de son adversaire. Mais, de grâce, s’il veut éviter d’être à son tour mis à mort, que, surtout, jamais le matador ne touche aux valseuses de l’animal.
Il est ainsi de l’or en berlingots dans la culotte du toro. Denrée d’autant plus rare que la bête féroce n’en porte, hélas ! que deux en sautoir, ses testicules restent le Graal estival d’une poignée d’aficionados au bec fin. Panées ou persillées, ces précieuses sont d’ailleurs si peu ridicules dans l’assiette qu’on se les arrache en douce à même le sol des arènes. Car si le brave, sitôt vaincu, est évacué vers l’abattoir, afin d’y subir une résurrection bouchère, très prisée elle aussi, il est exceptionnel, en revanche, que les bijoux de famille ne soient pas dérobés en chemin par ses proches. « En fait, la plupart du temps, ils sont discrètement coupés par un boucher, avant même que le toro soit chargé dans le camion », avoue un intime. « On en fait ensuite profiter les copains, c’est tellement difficile à trouver, ces couilles de toro. » Ne dit-on pas d’ailleurs que les couilles de toro ne se trouvent pas sous le sabot d’un cheval, fût-il celui du picador ?
Marquons une pause. Même si tout le petit monde des ferias appelle une couille de toro, « une couille de toro », c’était ici la dernière fois - c’est promis - que nous appelions une couille, « une couille ».
Passons plutôt à table. « Ce n’est pas le meilleur truc du monde, mais puisque tu n’en trouves nulle part, c’est un privilège que d’en goûter une fois par an », reconnaît André-Marc Dubos, le rédacteur en chef de « Toromag ». Souvent au menu en Espagne, les fameuses « criadillas » sont, à l’inverse, totalement absentes de la carte des restaurateurs français. « C’est logique, ça serait forcément du marché noir. » Le cours des bourses restera donc clandestin. « Ça ne vaut pas les rognons d’agneau, mais c’est très bon quand même. Elles ne se ressemblent pas toutes ; comme chez l’homme, certaines pendent plus que d’autres mais, une fois pelé, chaque testicule est gros comme un œuf d’oie. » De nobles parties qui tiennent ainsi dans la main, avant de fondre dans la bouche, pour peu que l’on prenne soin de les découper en tranches, sans qu’il soit toutefois nécessaire d’en laisser une tomber dans le potage, comme le prétend la légende (voir recette ci-contre). Certes plus nourrissants que les noyaux de l’agneau, les pruneaux de toro ne seront cependant qu’une grosse centaine à être prélevés pendant la feria de Dax. Pas de quoi, donc, nourrir 700 000 festayres affamés. Alors, si tout est bon dans le cochon, le reste de l’anatomie du cornu vaut-elle un Big Mac ?
Franchissons la porte de la boucherie Aimé, où trois générations déjà y ont taillé la bavette de toro. « C’est plus sauvage, moins persillé et plus ferme que le bœuf, et c’est d’abord par tradition que les gens d’ici en mangent, comme la dinde à Noël », raconte Cathy Aimé. « Notre bœuf de Chalosse, par exemple, doit faisander au moins trois semaines, pour le toro de combat huit jours suffisent. Les bêtes proposées aujourd’hui en rôtis, filets ou entrecôtes viennent des Fêtes de Mont-de-Marsan et d’Orthez, la semaine prochaine nous aurons celles de Dax. »
Mais entre les lignes et ses côtes, il faudra bien finir par lire que le toro de compétition n’est parfois guère plus tendre dans la marmite qu’au combat. A-t-on d’ailleurs jamais vu une tribu cannibale se régaler d’un sprinteur olympique ? C’est en daube, en revanche, que le fauve est le mieux dompté. Oignons, carottes, vin rouge et aromates, pour à peine 10 euros le kilo. Nous ne saurions enfin trop conseiller aux inconditionnels des hum ! hum ! en or de ne point céder à la tentation du braconnage. Gardez plutôt votre chiffon rouge pour aller à la pêche au batracien. Même si les roupettes de la grenouille ne se feront jamais aussi grosses que celles d’un bœuf, au moins la partie ne vous sera pas fatale.

Légende de la photo : Boucherie Aimé. Puisque votre demande de bourses a peu de chance d’être acceptée, goûtez la daube de toro Photo Philippe Salvat

Sylvain Cottin

Les blockhaus laissent béton (Dune du Pyla - 33)


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photo Laurent Theillet

L’enseignant et plongeur Marc Mentel étudie le chapelet de blockhaus allemands de la dune du Pilat. Ces bunkers qui constellent la côte disparaissent petit à petit sous le sable et l’Océan. Et nos souvenirs avec…

Soudain, c’est la planète des singes. On marche sur la plage, et c’est le film, cette scène de la statue de la Liberté aux deux tiers ensablée, léchée par les vagues, vestige final de la civilisation engloutie. Au bord de l’océan, l’âge de guerre n’est pas tout à fait enterré. Soutes, bunkers, cuves ou porte-radars finissent d’être avalés par l’océan. Triste mur de l’Atlantique, censé mitrailler jusqu’au dernier les soldats qui n’ont pas débarqué. Gamin, on chassait dedans d’invisibles adversaires. Ado, on les taguait, la nuit, feux de joie et premières bières. Puis plus tard, sur le dos d’un, dîner romantique avec belle et soleil couchant. Les blockhaus ont aussi ce parfum-là, en plus du sable ranci.

Récif artificiel. « C’est un paysage. On joue dessus, on y cherche des moules… Ce sont des lieux de vie, comme il y a un port, une jetée », philosophe Marc Mentel, sur la plage des Gaillouneys, à l’extrême sud de la dune du Pilat. Planté dans « son » décor : trois blockhaus qui surnagent, ancienne route allemande concassée, tobrouks (sortes de capsules-bunkers pour un soldat et sa mitrailleuse) comme échoués. Mentel, 40 ans, plongeur, prof de physique au lycée d’Arcachon est « bunker archéologue » (terme admis) amateur. Avec Philippe Jacques, exégète local, et Francis Taffard, il travaille à la biographie des blockhaus du bassin d’Arcachon. Lui : les immergés du Pilat, quasiment oubliés jusqu’en 2005, quand il édite une inédite carte sous-marine.

Soit une ligne de quinze bâtiments, qui témoigne du recul de la dune, plus de 150 mètres en soixante ans. Ils étaient au sommet ; ils gisent à une vingtaine de mètres de profondeur. « Ils se sont affaissés, le sol s’est dérobé sous eux, mais ils n’ont quasiment pas bougé. » Et font un récif artificiel vêtu de moules, d’anémones et d’éponges, « affolant » de beauté. « Des couleurs, tu ne peux pas le croire. Ils sont sous l’eau depuis les années 60, ils ont fixé une vie extraordinaire. » Partageur et militant de son si beau Bassin : « J’ai envie que les gens plongent, que ces sites soient reconnus. »

Mémoire collective. Les communes ont souvent hésité à dézinguer le macadam de Legos macabres. La tendance est plus à la conservation de ces monuments historiques. « Un potentiel énorme pour la mémoire collective », estime Marc Mentel, en dévoilant un site quasi secret, connu des chasseurs et des tagueurs : un village de blockhaus, dit de « l’éden », perdu dans une forêt de La Teste. Quinze bunkers tout en meurtrières et chas pour périscope. Les bunkers archéologues rêvent de sauvegarder ce Lascaux du mur de l’Atlantique, à l’heure de la disparition des témoins vivants de la guerre. Il existe une soixantaine de blockhaus, rien qu’entre Montalivet et Contis. Combien sur toute la côte ? Innombrables. Elle s’est bétonnée entre la fin 42 et la débâcle. Quand les Américains ont débarqué en Normandie, les Allemands coulaient encore du béton au Pyla. D’après des témoignages, pas loin d’un millier de prisonniers ou travailleurs obligatoire ont dû bunkériser le Pyla, devenu « zone interdite ». Les Allemands y étaient jeunes et en chemisette. « Ils ont dû jouer aux cartes », suppose un Arcachonnais, pour qui les soldats n’ont eu qu’à prier pour rester à la plage plutôt qu’être mutés sur le front de l’Est.

Depuis, les bunkers se sont fondus dans le décor. Des habitants en ont hérité sous leur maison, et s’en servent de cave, de garage, voire de boîte de nuit privée… Ou alors, ils intriguent. Patrick Lacour, de la guinguette au pied de la dune, reçoit des jeunes, des Américains et « même des Allemands », curieux de ces épaves. Il y a vingt-deux ans, il en a visité un, quand il était « encore là-haut ». Regard songeur : « Dans cette masse de béton, avec un champ de vision à 180 degrés, on a l’impression d’être indestructible. » L’océan gagne toujours.

Adrien Vergnolle


 


Jeu : “La Région vue du Ciel” (04/14)

Rendez-vous tout l’été, pour jouer avec le blog “Sur La Route” : reconnaissez une ville, un site ou un lieu emblématique de la région, à partir d’une vue aérienne de Geoportail.fr

Etape mystère n°04. Vauban a déposé cette “étoile de mer” sur la côte d’une île. Près de quelle ville se trouve-t-elle ?

Si vous connaissez la réponse, déposez-la dans les commentaires ci-dessous. Prochaine étape lundi 30 juillet.

Vauban a déposé cette étoile de mer sur la côte d'une île. Près de quelle ville se trouve-t-elle ?

26 juillet 2007 - 9 commentaires
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Reportage photos. Surfer en tandem

Rico et Sarah accompagnent le Rip Curl Vénus Tour, qui a commencé sa tournée par Biarritz.

Les autres dates : Hossegor les 26 et 27 juillet, Cap-Ferret les 1er et 2 août, Lacanau les 4 et 5 août, Royan les 7 et 8 août, Les Sables-d’Olonne les 11 et 12 août, Quiberon les 15 et 16 août.

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Reportage photos de Fabien Cottereau

Lacanau (33). Un gars, une fille sur une planche de surf

tandem04.jpgA ma gauche : Eric Leroy, 34 ans, 90 kilos, dont pas un de graisse, silhouette à défiler sur les podiums des grands couturiers parisiens. A ma droite : Sarah Burel, 18 ans tout juste, 50 kilos, petit bout de femme bronzé de la tête aux pieds à en donner des torticolis aux dragueurs des plages. Eric Leroy et Sarah Burel, alias Rico et Sarah, sont au surf en tandem ce que Gwendael Peizerat et Marina Anissina sont à la danse sur glace, ou Clyde Barrow et Bonnie Parker au grand banditisme en couple : des as. Leur palmarès parle pour eux : cinq fois champions de France, champions du monde en 2004, actuels leaders de la Coupe du monde et, depuis le mois dernier, champions d’Europe.

Juste très amis.

Eliminons d’emblée toute ambiguïté : Rico et Sarah ne forment un couple que sur leur planche de 3,80 m, nommée longboard par les connaisseurs. « Nous sommes juste très amis, même s’il m’arrive de passer plus de temps avec Sarah qu’avec ma femme », sourit Eric Leroy. « C’est vrai qu’il y a beaucoup de couples dans le surf en tandem. Mais c’est risqué… », ajoute-t-il. « Les problèmes du couple à la maison peuvent se ressentir sur l’eau », complète Sarah Burel.

Avec Rico et Sarah, pas de scène de ménage ni de vaisselle cassée. La moitié de l’année, chacun vit sa vie de son côté. Sarah mène ses études d’anglais à l’université de Bordeaux pendant que son partenaire vante les mérites d’une célèbre marque de vêtements appréciée des surfeurs. « Je lui fais confiance pour se préparer », dit Eric, en forçant son regard vers la jeune étudiante. « Il attend beaucoup de moi, confesse-t-elle. J’ai un peu de mal à m’entraîner l’hiver. Je ne suis pas du genre à me lever le matin pour faire un footing ou de la musculation. »

Le cobra.

Lui n’a besoin de personne pour affiner sa préparation physique. Une carrière de perchiste à haut niveau, récompensée par deux sélections en équipe de France (record personnel à 5,30 m), lui a donné le goût de l’effort. Originaire de Roubaix, il a découvert le surf il y a huit ans. « Je m’y suis mis assez tard, pendant mes vacances. Un jour, au Portugal, j’ai voulu initier une copine en la faisant monter sur ma planche. Elle a trouvé ça excellent. Ca m’a donné envie d’essayer le surf en tandem. Mais l’apprentissage fut long et dur », raconte-t-il.

Après un début de carrière prometteur avec Claire Dereux, « retraitée » à 15 ans, Eric s’est tourné en 2000 vers Sarah, née au Mans, alors élève à l’Ecole du cirque de Bordeaux.

L’alliance de la force et de la grâce a vite porté ses fruits. Pour preuve : les nombreuses positions inventées par le couple, comme le cobra, où Sarah, portée bras tendus par Rico, exécute un grand écart. « C’est notre signature », affirme le couple, qui a également bâti sa renommée en surfant les plus célèbres vagues d’Hawaï, de Pipeline à Sunset.

Sponsorisés.

« Il existe une cinquantaine de portés. Les juges nous notent sur trois critères : le surf en lui-même, avec la prise de risques, le porté le plus dur à réaliser, et la somme de tous les portés accomplis pendant une session, comprenant une note artistique. Une session dure de vingt à trente minutes, et nous sommes notés sur les deux meilleures vagues », explique Eric, également féru de pirogue hawaïenne.

A ce jeu, Rico et Sarah dominent les débats depuis plusieurs saisons. C’est d’ailleurs à l’heure actuelle le seul couple sponsorisé. Mais, dans cette discipline, les carrières sont courtes. Surtout chez les filles. « Je suis tributaire de Sarah. Si elle prend 20 kilos, on ne pourra pas continuer ensemble », prévient Eric. La dure loi du sport…

Article de Frédéric Zabalza

Photo de Fabien Cottereau

24 juillet 2007 - Aucun commentaire
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Jeu : “La Région vue du Ciel” (01/14)

Rendez-vous tout l’été, pour jouer avec le blog “Sur La Route” : reconnaissez une ville, un site ou un lieu emblématique de la région, à partir d’une vue aérienne de Google Map

Etape mystère n°01. Depuis les années 50, les “textiles” ne sont plus les seuls à bronzer sur les plages de cette station balnéaire girondine. Saurez-vous reconnaître cette ville ?

Si vous avez trouvé, répondez dans les commentaires ! Prochaine étape vendredi 20 juillet.

Depuis les années 50, les textiles ne sont plus les seuls à bronzer sur les plages de cette station balnéaire.

18 juillet 2007 - 2 commentaires
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Biarritz (64). L’éboueur des mers fait sa tournée en jet

jet2.jpgLes surfeurs ont beau aimer les boissons fraîches, ils apprécient moyennement la compagnie d’un réfrigérateur au milieu des vagues. Hélas, le matériel d’électroménager ne représente qu’une infime partie de l’océan de détritus qui flotte sur le vrai, celui des poissons et des baigneurs insouciants. Tel Don Quichotte sur Rossinante, une épuisette à la place de la lance, Gilles Pascual leur fait la chasse sur son jet durant la saison estivale, sous l’oeil miséricordieux de la Vierge de Biarritz.

« Je sais que c’est un peu dérisoire face à l’immensité des déchets. Mais mon but n’est pas de rendre l’Océan plus propre, juste un peu moins sale. » Gilles Pascual sait de quoi il parle, lui qui a passé une bonne partie de sa jeune vie (il est âgé de 32 ans) sur l’eau. « Quand j’étais petit, les plages étaient plus sales. Elles n’étaient pas nettoyées et les gens jetaient vraiment n’importe quoi. Maintenant, elles sont plus propres, mais la mer, elle, est une vraie décharge », regrette-t-il.

« Bon job, bonne cause ».

Né à Biarritz, dont il a défendu les couleurs sur les terrains de rugby, ce fils de marin-pêcheur luzien, aux yeux bleus et à la peau bronzée, a d’abord travaillé dans la restauration, du Brésil à la Jamaïque, avant de revenir à sa première passion. Après un convoyage de voilier dans l’océan Indien, il a décroché un brevet à l’école de pêche de Ciboure. La suite de son CV a de quoi déboussoler : marin sur un fileyeur de Capbreton, sur un navire transporteur de passagers, sur un ligneur à Barcelone, matelot à bord d’un vieux gréement à Ibiza… « J’ai toujours été attiré par la mer », se justifie le Biarrot, qui alterne depuis deux ans la pêche en hiver et le nettoyage du littoral l’été.

« C’est un bon job pour une bonne cause. La ville de Biarritz a recours à cette formule, un jet et un bateau, depuis près de dix ans pour ramasser les déchets flottants. On intervient dans la bande des 300 mètres, c’est-à-dire la zone de baignade, sur un peu moins de 2 kilomètres de côte », explique Gilles Pascual, qui fait équipe avec Bertrand Fontaine et Béatrice Elissalde, propriétaire du bateau « Carpe Diem », basé à Saint-Jean-de-Luz.

« Le jet permet d’aller dans les zones difficiles d’accès, près des rochers et des vagues. Je ramasse les déchets avec une épuisette, et je les ramène ensuite sur le bateau. Je suis un peu un éboueur de l’Océan, c’est vrai, sauf qu’ici les déchets ne sont pas dans des sacs-poubelle. Ils sont éparpillés et bougent sans arrêt, au gré du vent et des courants. C’est difficile de les suivre, surtout dans l’anse du Port Vieux, où ils tournent en rond. »

L’été dernier, environ 30 mètres cubes de déchets ont ainsi été ramassés grâce à ce dispositif, qui paraîtra dérisoire à beaucoup, mais qui a l’avantage de rassurer les touristes. « Dans l’ensemble, les gens sont curieux et plutôt contents de nous voir travailler. On a été largement photographiés depuis le rocher de la Vierge », sourit Gilles Pascual.

Ce dernier a monté, il y a quelques mois, une petite entreprise, Eau vive, pour travailler à son compte. Il aimerait maintenant franchir un cap. « Jusqu’à présent, on a beaucoup fait appel aux pêcheurs pour nettoyer l’Océan. C’est encore insuffisant, il faudrait développer des structures plus importantes, comme il en existe à terre pour le ramassage des déchets. J’aimerais d’abord essayer d’étendre le concept du jet. Car si les touristes ne viennent que l’été, les déchets sont là toute l’année. »

Article de Frédéric Zabalza

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Photos de Bertrand Lapègue

18 juillet 2007 - 1 commentaire
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Roxy Jam, le dénouement

Kassia Meador

C’est l’Américaine Jennifer Smith qui a décroché à Biarritz le titre de Championne du monde de longboard féminin 2007, à l’issue du deuxième Roxy Jam, auquel nous avons consacré un carnet de route dans l’édition du vendredi 13 juillet.

Battue en finale par Schuyler McFerran en 2006, Jennifer Smith s’est hissée cette fois sur la plus haute marche du podium, après avoir sorti notamment trois Hawaïennes : Miku Uemura de justesse au round 4, Joy Magelssen en quarts-de-finale et Janna Irons en demi-finale. En finale, elle a barré la route (11.00 - 8.10) à la prometteuse Girondine de Lacanau, Justine Dupont, 15 ans, qui nous confiait jeudi dernier ses bonnes dispositions dans ce Roxy 2007. L’égérie de la marque Roxy dans le longboard féminin, la californienne Kassia Meador (ici en photo devant la maison Belza sur la plage de la Côte des Basques) est tombée au round 4 devant l’Hawaïenne Crystal Dzigas.

15 juillet 2007 - Aucun commentaire
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