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Mainfonds-Aubeville (16). Laurent Cochon, fondu de ballon

Debout dans la nacelle d’osier, encore en contact avec le sol, Laurent Cochon actionne le brûleur sans quitter des yeux l’immense toile en train de s’élever doucement au-dessus du champ. Une manoeuvre effectuée avec beaucoup de doigté et de précaution.

Un peu plus cher qu’une robe de grand couturier parisien, ce genre de tissu est tout aussi précieux. Pour l’acheter, le Foyer rural de Mainfonds-Aubeville, qui organise depuis hier en Charente la 15e édition de la Coupe d’Europe de montgolfières, a dû solliciter des partenaires financiers. A présent, les bénévoles du club n’ont plus besoin de regarder les clichés de Yann Arthus-Bertrand pour voir leur terre de vignobles et de champs depuis les cieux. Le Foyer rural compte même trois pilotes : Didier Tard, Kévin Allemand (lire ci-contre) et Laurent Cochon.

Ferronnier d’art, ce dernier est revenu dans le Sud-Ouest, en Dordogne, après un séjour en Champagne qui lui a permis de restaurer les grilles du château de Versailles et de passer, en 2003, son brevet de pilotage de montgolfière.

Indirigeable.

« Comme pour un avion, il faut un brevet. Ca demande des connaissances aéronautiques. Il faut, par exemple, savoir gérer l’inertie qui fait monter ou descendre le ballon. Le ciel est aussi très réglementé : on a toujours une radio à bord pour contacter les tours de contrôle. Comme on ne se dirige pas… »

C’est là la grande différence de la montgolfière, et ce qui fait son charme, avec les autres objets volants identifiés : on sait d’où on part, pas forcément où on atterrit.

« Avant de décoller, on lâche un ballon gonflé à l’hélium pour connaître le sens du vent et sa vitesse. Tout le travail du pilote consiste à bien choisir le lieu de décollage. Généralement, on arrive à se poser à l’endroit où l’on a décidé », assure Laurent Cochon, qui, en bon pilote, se lève tôt et se couche tard pour assouvir sa passion.

« Il faut en moyenne un écart de 70 degrés Celsius entre l’intérieur et l’extérieur du ballon, sachant que la température peut monter jusqu’à 105 degrés dans l’enveloppe. Il faut donc décoller quand la température extérieure est stable, en début ou en fin de journée », explique-t-il.

« Descente froide ».

Moins spectaculaire en apparence que le parapente ou le deltaplane, le vol en montgolfière peut donner quelques frissons. Comme lors d’une « descente froide ».

« L’autre jour, j’ai chauffé le ballon pour monter à 1 300 mètres de manière à revenir en arrière. Puis j’ai relâché l’air chaud. Le ballon est descendu très vite, à 4 mètres par seconde. Ca impressionne les gens au sol, parce que le ballon se déforme. Mais dans la nacelle on ne sent rien », rassure Laurent Cochon.

Le sens de la navigation des pilotes est mis à l’épreuve lors de la Coupe d’Europe de montgolfières, sous forme de jeux d’adresse tels que la poursuite d’un ballon-renard ou le lâcher de lests sur des cibles au sol.

« Il y a trente-cinq ans, nous avons voulu organiser une Fête de l’air », raconte Jean-Pierre Barbot, président du Foyer rural. « Au cours de la première édition, le public aurait dû assister à un largage de parachutes, mais notre contact avait oublié de commander l’avion… Il y a vingt ans, le pilote Jacques Bernardin est venu pour la première fois avec sa montgolfière. Il nous a proposé d’organiser un championnat de France, mais on a été devancés par Tarbes. Comme elle n’existait pas, on a créé la Coupe d’Europe. »

Calme.

Laurent Cochon et le ballon du Foyer rural de Mainfonds-Aubeville feront partie cette année de la flotte de montgolfières venues de Pologne, de Croatie, d’Italie ou d’Allemagne.

Une concentration qui ne gâchera pas le calme du ciel. « Une fois là-haut, dans la nacelle, on n’entend plus que le bruit du brûleur, par à-coups. Il y a une grande quiétude. Et on voit des paysages magnifiques, que ce soit au-dessus de la Champagne ou de la Charente. Un vol ne ressemble jamais à un autre », confie Laurent Cochon.

Bayonne (64). Omelette Gargantua

Au-dessus de sa poêle géante de 2,20 mètres de diamètre, Peyo Indart, le visage rougi par la chaleur, touille vingt kilogrammes de piments doux avec une méga spatule. À côté de lui, ses amis battent énergiquement 2 500 ?ufs dans de grandes marmites.


La scène peut paraître surréaliste. Pourtant, elle se déroulait hier matin au carré des halles. À l’occasion du 4e championnat du monde d’omelette aux piments, les jeunes du comité des fêtes d’Armendarits ont préparé une omelette géante. Ce qui n’était pas une mince affaire : trente petites mains y ont travaillé pendant quatre heures.
Cette idée un peu folle ne date pas d’hier : « Cela fait dix ans qu’on en cuisine sur la place du village », indique Peyo.
À la fin de la matinée, 9 00 parts ont été vendues, au prix de 3 ? pièce. Les bénéfices récoltés sont destinés à l’association Ela (Association européenne contre les leucodystrophies).


Plat traditionnel. À côté d’eux, vingt peñas se disputent la place de champion du monde d’omelette aux piments. Une compétition qui, malgré son nom solennel, ne se prend pas au sérieux. « L’omelette, c’est la fête », s’enthousiaste Jean-Michel, de la peña Lagunekin. Organisé par le syndicat des producteurs de piment doux, ce concours vise à remettre une tradition tombée en désuétude au goût du jour : « Il y a vingt ans, quand on faisait les Fêtes, on mangeait de l’omelette vers 2 ou 3 heures du matin. C’est un plat facile à faire et convivial », assure Koldo Biscay, le président du syndicat.Le concours veut faire taire les « querelles de clochers. Chaque cuisinier a sa petite méthode qu’il juge supérieure. » Le jury, composé de douze personnes dont des cuisiniers, a le dernier mot.
Mais les perdants ne sont pas mauvais joueurs. Après la remise des prix, chaque peña passe dans la foule et propose gentiment une dégustation de leur fameuse omelette.

Par Allison Fernandes.

Gironde : le jour le plus long des ondes courtes

radio01.jpgLa tourterelle roucoule, la mésange zinzinule et le radioamateur émet. Les ondes, qui traversent le ciel et l’atmosphère sans déranger le vol des oiseaux, sont leurs amies. Elles se posent sur leurs antennes perchées en haut de pylônes et repartent aussitôt vers un autre pays, un autre continent. On voit par là combien l’organisation d’un championnat des radioamateurs à l’échelle mondiale est légitime.

Son édition 2007 s’est déroulée le week-end dernier dans la plus grande indifférence médiatique. L’équipe de France, pour couvrir un large territoire, était répartie en six sites. L’une des plus importantes stations, et la seule dans le sud du pays, se trouvait en Gironde, à cheval sur trois communes de l’Entre-deux-Mers : Cursan, Camiac-Saint-Denis et Baron. Au sommet d’une colline qui culmine à 110 mètres, entourée des vignobles de Bordeaux supérieur. « C’est l’un des points culminants de Gironde », observe Michel Rousselet, propriétaire du terrain de jeu de 5 hectares des radioamateurs locaux du club F6KNB, plusieurs fois champions de France et bien placés au niveau européen.

Vive la TM0HQ !

Outre qu’ils utilisent un sabir compréhensible d’eux seuls, les radioamateurs sont affublés d’un indicatif. C’est ainsi que Michel Rousselet, alias F5FLN, nomme Gilles Desansac F6IRA, qui appelle Michel Batbie F5EOT. Samedi, jour de la Fête nationale, même la France était rebaptisée TM0HQ.

Lors d’un championnat du monde des radioamateurs, l’objectif est simple, pour ne pas dire enfantin : marquer plus de points que les autres. « Le monde est découpé en zones par l’Organisation internationale des télécommunications, basée à Genève », nous apprend Michel Rousselet. « Si on contacte une station située dans notre zone, on marque un point. Une station hors de notre zone, trois points; hors continent, six points. »

C’est ainsi que la Russie, à cheval sur plusieurs continents, était championne du monde en titre. La France, elle, avait obtenu l’an dernier la troisième place, derrière l’Allemagne. « On n’a jamais réussi à battre les Allemands, c’est notre objectif cette année », avoue Michel Rousselet.

Pour ce faire, la dizaine de Girondins réunie à Cursan devait se relayer nuit et jour, pendant les 24 heures que dure la compétition, pour contacter le plus de radioamateurs sur la planète. Huit pylônes montés pour l’occasion, dont un qui atteint presque 30 mètres, les aidaient à lancer et à attraper au vol les ondes portant la bonne parole.

De Juan Carlos à Marlon Brando.

Dans un parfait accent anglais, David Bamba répétait « Tango Mike Zero Hotel Quebec », l’indicatif français, avec le débit du péage de Virsac le jour des départs en vacances. A 23 ans, ce chauffeur-livreur est de loin le plus jeune de l’équipe. « Je faisais de la CB avant de venir vers la radio. J’ai pris quelques cours au Radio Club de Cestas, j’ai appris les formules d’électricité et la réglementation pour passer ma licence à 18 ans. C’est une passion difficile à expliquer. Ce n’est déjà pas facile avec ma copine… »

« C’est un milieu relativement âgé. Il y a de moins en moins de jeunes. Aujourd’hui, ils ont le portable, Internet, la messagerie MSN… Contacter des gens à l’autre bout de la planète n’a plus rien d’exceptionnel pour eux », reconnaît Jacky Gargot, dit F5OIU. A l’époque de l’âge d’or, les radioamateurs pouvaient échanger leur indicatif avec le roi d’Espagne Juan Carlos, le roi du Maroc Hassan II ou Marlon Brando. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 20 000 en France, repérables aux antennes qui fleurissent dans leur jardin ou sur leur toit. Mais la qualité est au rendez-vous. Ce week-end, le club F6KNB a « explosé les compteurs » en inscrivant plusieurs millions de points ! De quoi, peut-être, battre enfin l’Allemagne. Réponse dans trois mois, après que l’Union internationale des radioamateurs aura pris son temps pour établir le nouveau classement mondial.

Article de Frédéric Zabalza

17 juillet 2007 - Aucun commentaire
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Reportage photos : Championnat du monde de radioamateurs

Les radioamateurs en Gironde responsables des fréquences 7 MHz téléphonie et 28 MHz télégraphie (en code morse) faisaient partie de l’équipe de France (répartie sur six sites dans l’Hexagone) qui participait au championnat du monde (IARU HF).

Pour la conformité des horaires en temps universel de toutes les stations, l’intermédiaire d’Internet est de rigueur. C’est là un bon outil que ces passionnés utilisent couramment. TM0HQ est l’indicatif spécial délivré par l’Autorité de régulation des communications électroniques et postales (Arcep) sous le couvert du REF-Union. Il est exceptionnellement utilisé pour cette manifestation qui réunit sur des sites distants, les radioamateurs de l’équipe de France. Ces amateurs d’ondes courtes font le tour du monde et contactent d’autres radioamateurs fervents comme eux de communications téléphoniques, télégraphiques ou digitales. Comme dans bien des domaines, certains préfèrent les concours ou la technique, d’autres les contacts et le plaisir de communiquer avec un ami que l’on ne voit pas mais avec qui on peut dialoguer.

L’équipe girondine : Partick Bittiger F2DX , Franck Rousseau F4CIB, David Bamba F4DVX, Michel Rousselet F5FLN, Jacky Gargot F5OIU, Laurent Dudot F5MNK, Michel Batbie F5EOT, Jean Louis Zabalza F5GGL, Jacques Betbeder-Rey F6DZO, Gilles Desansac F6IRA.

Quelques sites radioamateurs :
- RADIOAMPT 33 : www.f6knb.org

- Ondes et Micro-Informatique : f6kuq@free.fr

- Union nationales des radioamateurs : www.ref-union.org

 

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Reportage photos de Philippe Taris

17 juillet 2007 - 4 commentaires
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