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Gironde (33). Ma ciste contre le Passager du vent

ciste.jpg L’aventure au bout du jardin, entre la murette en pierre et le rhododendron. Derrière la dune ou le long de la haie, face au château.Sans le savoir, vous marchez peut-être tout près d’un trésor. Un trésor qui n’a pas l’apparence d’un coffre en bois du XVIIe siècle laissant entrevoir des pièces d’or, mais celle d’une petite boîte en plastique, du genre Tupperware, contenant des objets sans valeur tels qu’un porte-clés, une figurine ou une bille. Ce que des milliers d’internautes dans le monde nomment une ciste.

Créé en 2002 par le mystérieux Max Valentin (1), qui n’a jamais révélé sa véritable identité, le site français Cistes.net met en ligne, chaque jour, des énigmes composées par des « cisteurs cacheurs » qui s’adressent à des « cisteurs trouveurs ». Près de 54 000 membres sont déjà inscrits, et la passion des cistes a conquis de nouveaux continents.

2 000 cistes dans la région. Dans le Sud-Ouest, de la Charente-Maritime aux Pyrénées, plus de 2 000 cistes attendent dans l’ombre la main tremblante d’émotion qui les mettra au jour. L’une d’elles, la ciste du Capitaine, a été déposée la semaine dernière par Céline Grenier, alias Sweetamanit, à l’ouest de la Gironde, spécialement pour les lecteurs de « Sud Ouest » dans un endroit que nous tiendrons secret (lire l’énigme ci-contre).

« Pour nous, les cisteurs, c’est une vraie chasse au trésor. La ciste a une grande valeur. J’ai découvert ce jeu par l’intermédiaire d’un ami, en octobre dernier. Ma première ciste, la plus belle, je l’ai trouvée en Crète, pendant mes vacances. Elle reposait dans un cadre superbe, au pied d’un olivier millénaire, l’un des trois plus gros de Grèce, qui a servi à tresser les couronnes des Jeux olympiques d’Athènes en 2004. »

D’abord chercheuse, Céline Grenier a vite pris goût à la composition d’énigmes. Elle a caché une bonne cinquantaine de cistes depuis six mois, de l’Aquitaine jusqu’à la Corse.

« Au gré de mes balades, si l’endroit me plaît, il m’arrive de déposer une boîte. Puis je fais des recherches à l’Office de tourisme et sur Internet pour écrire l’énigme. Chacun a ses spécialités et ses préférences. Mon but est de faire découvrir des sites insolites. C’est totalement subjectif », explique-t-elle.

L’éthique des cisteurs. Pour lire une énigme, tout nouveau chercheur doit d’abord s’inscrire sur Cistes.net et s’engager à respecter l’éthique des cisteurs.

« Il faut rester discret quand on arrive sur un spot, l’endroit où est cachée une ciste, pour ne pas attirer les regards. Quand on procède à l’échange d’un objet, pour prouver qu’on a trouvé la ciste, il faut l’enregistrer au plus vite sur le site Internet. Les objets périssables ou dangereux sont d’ailleurs à proscrire. Enfin, il faut toujours replacer la ciste au même endroit. Il n’y a rien de plus énervant qu’une ciste perdue ou pillée », peste Céline Grenier.

Les deux plus grands chercheurs en France affichent plus de 3 000 cistes à leur palmarès. Céline Grenier, modestement, en affiche 240.

En Gironde, nulle ciste ne résiste bien longtemps au Passager du vent, le chercheur le plus efficace et le plus rapide du Sud-Ouest, que les cacheurs aiment mettre au défi. Côté cache, les nombreuses énigmes de Scytale, féru d’histoire et d’architecture, remportent tous les suffrages.

« On discute ensemble via le forum de Cistes.net. Il y a un côté énigmatique, car personne ne connaît l’identité de l’autre. En avril dernier, j’ai invité plusieurs cisteurs à participer à un rallye sur le bassin d’Arcachon. On était une quinzaine, c’était très sympa. »

Le Passager du vent n’était pas de la fête, préférant se pencher sur de nouvelles énigmes. D’ailleurs, la ciste du Capitaine ne lui a pas résisté bien longtemps. Il l’a découverte en début de semaine. Saurez-vous la trouver vous aussi ?

(1) Max Valentin est célèbre en France et à l’étranger pour avoir créé, en 1993, la première grande chasse au trésor d’ampleur nationale, « Sur la trace de la Chouette d’or » (www.maxvalentin.com).

« Pour nous, les cisteurs, c’est une vraie chasse au trésor. Ma première ciste, la plus belle, je l’ai trouvée en Crète ».

Par Frédéric Zabalza

Matha (17). « Nous sommes des fils d’étoile »

hippie.jpg « D’où vient le mot hippie ? Ça n’a rien à voir avec le hippisme ? » s’interrogeait hier, sans rire, un jeune homme au torse nu et aux dreadlocks qui descendent jusqu’aux omoplates.

Dur, dur d’expliquer aux nouvelles générations l’origine et le sens de la culture hippie, née dans les années soixante et célébrée jusqu’à dimanche à Matha, petite commune de la Charente-Maritime cernée par les champs moissonnés.

Depuis hier, autour d’une ancienne ferme, le « village Katmandou » a ouvert ses portes dans le cadre rural du 4e Festival hippie et écologique. Cheveux longs et idées folles s’y retrouvent pour écouter les musiques de l’époque en évoquant les plus belles heures du mouvement, avec ses messages subversifs, affichés à l’entrée : « Il est interdit d’interdire », « Faites l’amour, pas la guerre », « Les chiens ne sont pas acceptés ».

Le style deudeuche. Les 2 CV Citroën, elles, sont les bienvenues. Plusieurs dizaines de deudeuches, bariolées et décorées, sont arrivées dès jeudi soir des quatre coins du pays. « C’est en participant à un rassemblement de 2 CV en Corrèze qu’on a appris l’existence du Festival de Matha », expliquent Joseph et Muriel Arnace, marionnettistes originaires du Finistère, parents du petit Olowan, « né dans un tipi », et de Nastie, « née dans une cabane en bois ». « Nastie veut dire étoile en lapon. Olowan, c’est un nom sioux », explique Muriel, vêtue d’une longue robe violette, avec les lunettes rondes assorties, tandis que son mari, aux longues moustaches, porte un gilet par-dessus sa chemise. « On est habillés comme ça toute l’année », sourit l’épouse.

Le tipi déclencheur. Trop jeune pour avoir vécu l’âge d’or du Flower Power, le couple a choisi de vivre à la manière hippie sans se préoccuper des modes. « J’ai rencontré Muriel au lycée en 1978. Un jour, j’ai vu un tipi sur une plage, ça m’a rappelé un bouquin que j’avais lu tout gosse : “Comment vivre en Indien”. Ce tipi a déclenché plein de choses », raconte Joseph.

Aujourd’hui, la famille finistérienne sillonne les routes de France avec ses marionnettes. « On n’a pas connu le mouvement hippie, mais c’est un mode de vie qui nous plaît. Dès qu’il y a des rassemblements ou des festivals, on s’y rend. On plante notre tente et le tipi des enfants. On voyage partout comme ça », souligne Muriel.

Leur voisin de tente et de 2 CV, Claude Monnier, short en jeans et gilet orange, ne se revendique pas directement de la culture hippie. « Je suis un homme libre ! » clame le préretraité. « Je me suis sauvé du pensionnat, où j’étais enfermé depuis presque dix ans, à l’âge de 15 ans. Depuis, j’aime la liberté par-dessus tout. J’ai fait tous les métiers, je suis parti aux États-Unis, en Europe, en Afrique… Je suis complètement autonome et je bouge partout », assure-t-il en faisant visiter l’intérieur de la cabine de sa 2 CV incroyablement équipée, où ne manque que le billard.

« Arrivé à rien, mais tout seul ». « Les hippies, poursuit-il, je les ai beaucoup croisés. Je suis passé dans les communautés mais sans jamais m’intégrer. Comme disait Groucho Marx : “Je suis parti de rien, je suis arrivé à rien, mais tout seul !” » éclate-t-il de rire, en avouant ne pas savoir quel chemin il prendra lundi.

« Les jeunes, aujourd’hui, sont plus lucides mais aussi plus graves. Ils sont moins sereins et insouciants que nous », regrette Joseph. « Les raves sont pour moi dans la lignée du mouvement hippie, sauf qu’il n’y a pas cette notion de partage. Par contre, il y a quatre ans, au grand rassemblement altermondialiste du Larzac, j’ai vu un vrai mélange entre les 30 000 participants, comme à l’époque hippie, où il y avait des militants, des écolos, des libertins ou des spirituels. C’est ce mélange qui compte. Nous sommes tous des frères, des fils d’étoile, non ? »

« Les jeunes, aujourd’hui, sont plus lucides mais aussi plus graves. Ils sont moins sereins et insouciants que nous »

Mainfonds-Aubeville (16). Laurent Cochon, fondu de ballon

Debout dans la nacelle d’osier, encore en contact avec le sol, Laurent Cochon actionne le brûleur sans quitter des yeux l’immense toile en train de s’élever doucement au-dessus du champ. Une manoeuvre effectuée avec beaucoup de doigté et de précaution.

Un peu plus cher qu’une robe de grand couturier parisien, ce genre de tissu est tout aussi précieux. Pour l’acheter, le Foyer rural de Mainfonds-Aubeville, qui organise depuis hier en Charente la 15e édition de la Coupe d’Europe de montgolfières, a dû solliciter des partenaires financiers. A présent, les bénévoles du club n’ont plus besoin de regarder les clichés de Yann Arthus-Bertrand pour voir leur terre de vignobles et de champs depuis les cieux. Le Foyer rural compte même trois pilotes : Didier Tard, Kévin Allemand (lire ci-contre) et Laurent Cochon.

Ferronnier d’art, ce dernier est revenu dans le Sud-Ouest, en Dordogne, après un séjour en Champagne qui lui a permis de restaurer les grilles du château de Versailles et de passer, en 2003, son brevet de pilotage de montgolfière.

Indirigeable.

« Comme pour un avion, il faut un brevet. Ca demande des connaissances aéronautiques. Il faut, par exemple, savoir gérer l’inertie qui fait monter ou descendre le ballon. Le ciel est aussi très réglementé : on a toujours une radio à bord pour contacter les tours de contrôle. Comme on ne se dirige pas… »

C’est là la grande différence de la montgolfière, et ce qui fait son charme, avec les autres objets volants identifiés : on sait d’où on part, pas forcément où on atterrit.

« Avant de décoller, on lâche un ballon gonflé à l’hélium pour connaître le sens du vent et sa vitesse. Tout le travail du pilote consiste à bien choisir le lieu de décollage. Généralement, on arrive à se poser à l’endroit où l’on a décidé », assure Laurent Cochon, qui, en bon pilote, se lève tôt et se couche tard pour assouvir sa passion.

« Il faut en moyenne un écart de 70 degrés Celsius entre l’intérieur et l’extérieur du ballon, sachant que la température peut monter jusqu’à 105 degrés dans l’enveloppe. Il faut donc décoller quand la température extérieure est stable, en début ou en fin de journée », explique-t-il.

« Descente froide ».

Moins spectaculaire en apparence que le parapente ou le deltaplane, le vol en montgolfière peut donner quelques frissons. Comme lors d’une « descente froide ».

« L’autre jour, j’ai chauffé le ballon pour monter à 1 300 mètres de manière à revenir en arrière. Puis j’ai relâché l’air chaud. Le ballon est descendu très vite, à 4 mètres par seconde. Ca impressionne les gens au sol, parce que le ballon se déforme. Mais dans la nacelle on ne sent rien », rassure Laurent Cochon.

Le sens de la navigation des pilotes est mis à l’épreuve lors de la Coupe d’Europe de montgolfières, sous forme de jeux d’adresse tels que la poursuite d’un ballon-renard ou le lâcher de lests sur des cibles au sol.

« Il y a trente-cinq ans, nous avons voulu organiser une Fête de l’air », raconte Jean-Pierre Barbot, président du Foyer rural. « Au cours de la première édition, le public aurait dû assister à un largage de parachutes, mais notre contact avait oublié de commander l’avion… Il y a vingt ans, le pilote Jacques Bernardin est venu pour la première fois avec sa montgolfière. Il nous a proposé d’organiser un championnat de France, mais on a été devancés par Tarbes. Comme elle n’existait pas, on a créé la Coupe d’Europe. »

Calme.

Laurent Cochon et le ballon du Foyer rural de Mainfonds-Aubeville feront partie cette année de la flotte de montgolfières venues de Pologne, de Croatie, d’Italie ou d’Allemagne.

Une concentration qui ne gâchera pas le calme du ciel. « Une fois là-haut, dans la nacelle, on n’entend plus que le bruit du brûleur, par à-coups. Il y a une grande quiétude. Et on voit des paysages magnifiques, que ce soit au-dessus de la Champagne ou de la Charente. Un vol ne ressemble jamais à un autre », confie Laurent Cochon.

15ème Coupe d’Europe de Montgolfières en Charente !

Voici une idée originale de sortie pour ce week-end. La 15 ème coupe d’europe de Montgolfières se tiendra toute cette fin de semaine dans plusieures villes de Charente. La fête sera d’autant plus belle qu’un meeting aérien est prévu sur le domaine de MainfondsAubeville avec la patrouille de France et un champion du monde de voltige ! Vous pourrez aussi y admirer de nombreux avions et hélicoptères prestigigieux.

Ca se passe donc en Charente du 2 au 5 août 2007 . Toutes les dates et les lieux sur le site officiel http://www.hotairballooneuropeancup.com/

Soirées Cinésites!

Les soirées Cinésites ont pour but de vous faire découvrir les différents patrimoines régionaux par le biais du cinéma. Cet événement, à l’initiative du centre Jean Vigo de Bordeaux, propose des projections de films en plein air dans des sites aussi différents les uns des autres que l’Hopital des Pélerins de Pons (Charentes-Maritimes) ou le quartier Grand Parc de Bordeaux. Chaque projection est accompagnée d’animations très variées selon le thème abordée, par exemple un atelier d’origami (l’art japonais du pliage du papier) et une initiation au manga et à la culture japonaise ont accompagné la projection du film d’animation japonais “Le Chateau Dans Le Ciel” de Miyazaki.

Le prochain rendez vous de cet événement dans notre région sera en Gironde, à Braud et Saint Louis (domaine des Nouvelles Possessions) samedi 22 juillet, ce sera là l’occasion de découvrir ou de redécouvrir le film de Jacques Perrin, “Le Peuple Migrateur” autour d’une animation sur les milieux humides et les animaux qui y vivent.

Pour savoir comment se rendre à Braud et Saint Louis, cliquez ici

Renseignements : 05 57 32 88 88

Cet événement continue tout au long de l’été, pour en connaître la programmation, cliquez ici