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Quand le surf vient aux filles… (LACANAU - 33)

La compétition de surf Lacanau Pro, épreuve du circuit mondial professionnel, s’est achevée hier soir. 192 surfeurs – parmi les meilleurs du moment – étaient présents. Le Lacanau Pro figure parmi les plus anciennes compétitions de surf professionnel en France. L’épreuve féminine n’a duré qu’une petite journée et ne pèse toujours pas son juste poids. De plus en plus de surfeuses commencent cependant à pointer le bout de leur planche. En attendant, le mythe du surfeur tient encore bien la route du côté des filles…


surf filles

photo Jérôme Jamet

A l’Océan, sur le sable de Lacanau, le monde des femmes est binaire. Celles qui surfent et celles qui ne surfent pas. Maïté figure dans la première catégorie. Facile à repérer, elle porte des tongs moches et ne sort de son jeans que pour se glisser dans une combi en Néoprène. Maïté a la dent dure et le sourire carnassier lorsqu’elle raconte ses copines. « Et ça traîne au bord de l’eau, et ça marche en se dandinant, et ça bronze… Le soir ? Alors là, elles commencent à s’animer, elles se douchent, se mettent des belles robes et on les retrouve toutes belles aux soirées VIP, au milieu des surfeurs. Pfff… Au moins, elles ne nous prennent pas la place à l’eau. » Au moins. Même si elles la prennent toute, le soir, dans les bras des surfeurs. La jeune blonde boude : « C’est vrai, y en a qui préfèrent les bimbos du bord de l’eau, disons que ça va avec la panoplie. »
Titi, prof viril au Lacanau Surf Club, approuve l’analyse. Fataliste. « Le surf se démocratise », lâche-t-il. « Disons que les filles y viennent, mais ça reste un sport de mecs. Pour 50 mecs, il y a une fille. C’est quand même très physique. »
Maïté trépigne : « Il y a des filles qui arrachent. Justine Dupont, elle peut battre les garçons, si elle veut. Et l’Hawaïenne Carissa Moore. Et puis, on surfe la même mer, les mêmes conditions avec le même matériel. » Et pan ! sur la planche.
Le mythe du beau gosse. Un peu plus tard, voilà sur le sable une fille de la seconde catégorie. Lydie, qui ne surfe pas. Elle feuillette négligemment une revue de… surf, allongée sur son coude. Et mange des yeux tout ce qui sort de l’eau et n’est pas un poisson. Le Lacanau Pro, elle adore, elle s’est même débrouillée pour obtenir un bracelet en plastique, sésame qui lui donne accès au site. Là où les garçons s’habillent, se déshabillent, décompressent. « Pour moi, le surfeur, c’est un grand beau gosse. Blond, forcément, qui se bat dans les vagues, avec tous ses muscles et le nez qui pèle. Et il n’a pas trop de poils. » Description minutieuse susurrée avec gourmandise et reprise avec malice par sa copine : « Le surfeur est blond, oui, mais à l’intérieur de sa tête aussi. » Avec son index, elle se tape sur la tempe pendant que l’autre hausse les épaules.
La conversation est interrompue par une marque de sodas qui assure sa promotion tous azimuts dans l’air, sur terre et sur mer. Deux avions survolent la compétition pour vanter la fraîcheur de la boisson, des hôtesses distribuent des minicanettes, y compris à ceux qui n’ont pas soif, des beach boys offrent des parasols. Épuisant.
Sur le site, Annabelle assure les interviews des champions pour l’Association des surfeurs professionnels d’Europe (ASP) - à dire en anglais, sinon, ça fait tarte, précise-t-elle. Curieusement, Annabelle ne surfe pas et ne se pâme pas non plus devant les surfeurs. Rencontre en micro-short entre deux micros : « Moi, les surfeurs, c’est pas mon truc. Ils sont juste sympas. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, je pose des questions très techniques pour mes interviews, la taille de la vague, les conditions météo, et on analyse tout ça. Ils sont beaux, musclés, oui, mais bon, ça m’agace ce mythe du beau gosse qui drague. N’oublions pas qu’ils sont avant tout de vrais athlètes qui, lorsqu’ils sortent de l’eau, sont vidés. »
Ce soir-là, à Lacanau, la compétition achevée, les vrais athlètes sont montés sur le podium pour recevoir des trophées en la jouant modeste - « Moi, ce que j’aime, c’est d’abord m’amuser dans l’eau. » Trop chou. Puis il y a eu un lancer de tubes de dentifrice qui font les dents blanches, suivi d’un concert de reggae. Des filles qui n’étaient pas sorties de toute la journée ont tenté une percée dans le public, avec du Rimmel sur les cils et du gloss sur les lèvres. Arrêt sur image.

Isabelle Castéra

Et n’oubliez pas la fête des paires ! (Dax - 40)

Seulement appréciés dans l’assiette de quelques privilégiés très discrets, les testicules de toros de combat s’évaporent aussitôt la bête vaincue. Pendant la feria, le commun des aficionados se conselera des ” criadillas ” en consommant des steaks, des rôtis et, surtout, de la daube.

dax couilles de toroSouhaitons d’abord à Juan Bautista qu’il sorte ce soir des arènes de Dax avec les oreilles et la queue de son adversaire. Mais, de grâce, s’il veut éviter d’être à son tour mis à mort, que, surtout, jamais le matador ne touche aux valseuses de l’animal.
Il est ainsi de l’or en berlingots dans la culotte du toro. Denrée d’autant plus rare que la bête féroce n’en porte, hélas ! que deux en sautoir, ses testicules restent le Graal estival d’une poignée d’aficionados au bec fin. Panées ou persillées, ces précieuses sont d’ailleurs si peu ridicules dans l’assiette qu’on se les arrache en douce à même le sol des arènes. Car si le brave, sitôt vaincu, est évacué vers l’abattoir, afin d’y subir une résurrection bouchère, très prisée elle aussi, il est exceptionnel, en revanche, que les bijoux de famille ne soient pas dérobés en chemin par ses proches. « En fait, la plupart du temps, ils sont discrètement coupés par un boucher, avant même que le toro soit chargé dans le camion », avoue un intime. « On en fait ensuite profiter les copains, c’est tellement difficile à trouver, ces couilles de toro. » Ne dit-on pas d’ailleurs que les couilles de toro ne se trouvent pas sous le sabot d’un cheval, fût-il celui du picador ?
Marquons une pause. Même si tout le petit monde des ferias appelle une couille de toro, « une couille de toro », c’était ici la dernière fois - c’est promis - que nous appelions une couille, « une couille ».
Passons plutôt à table. « Ce n’est pas le meilleur truc du monde, mais puisque tu n’en trouves nulle part, c’est un privilège que d’en goûter une fois par an », reconnaît André-Marc Dubos, le rédacteur en chef de « Toromag ». Souvent au menu en Espagne, les fameuses « criadillas » sont, à l’inverse, totalement absentes de la carte des restaurateurs français. « C’est logique, ça serait forcément du marché noir. » Le cours des bourses restera donc clandestin. « Ça ne vaut pas les rognons d’agneau, mais c’est très bon quand même. Elles ne se ressemblent pas toutes ; comme chez l’homme, certaines pendent plus que d’autres mais, une fois pelé, chaque testicule est gros comme un œuf d’oie. » De nobles parties qui tiennent ainsi dans la main, avant de fondre dans la bouche, pour peu que l’on prenne soin de les découper en tranches, sans qu’il soit toutefois nécessaire d’en laisser une tomber dans le potage, comme le prétend la légende (voir recette ci-contre). Certes plus nourrissants que les noyaux de l’agneau, les pruneaux de toro ne seront cependant qu’une grosse centaine à être prélevés pendant la feria de Dax. Pas de quoi, donc, nourrir 700 000 festayres affamés. Alors, si tout est bon dans le cochon, le reste de l’anatomie du cornu vaut-elle un Big Mac ?
Franchissons la porte de la boucherie Aimé, où trois générations déjà y ont taillé la bavette de toro. « C’est plus sauvage, moins persillé et plus ferme que le bœuf, et c’est d’abord par tradition que les gens d’ici en mangent, comme la dinde à Noël », raconte Cathy Aimé. « Notre bœuf de Chalosse, par exemple, doit faisander au moins trois semaines, pour le toro de combat huit jours suffisent. Les bêtes proposées aujourd’hui en rôtis, filets ou entrecôtes viennent des Fêtes de Mont-de-Marsan et d’Orthez, la semaine prochaine nous aurons celles de Dax. »
Mais entre les lignes et ses côtes, il faudra bien finir par lire que le toro de compétition n’est parfois guère plus tendre dans la marmite qu’au combat. A-t-on d’ailleurs jamais vu une tribu cannibale se régaler d’un sprinteur olympique ? C’est en daube, en revanche, que le fauve est le mieux dompté. Oignons, carottes, vin rouge et aromates, pour à peine 10 euros le kilo. Nous ne saurions enfin trop conseiller aux inconditionnels des hum ! hum ! en or de ne point céder à la tentation du braconnage. Gardez plutôt votre chiffon rouge pour aller à la pêche au batracien. Même si les roupettes de la grenouille ne se feront jamais aussi grosses que celles d’un bœuf, au moins la partie ne vous sera pas fatale.

Légende de la photo : Boucherie Aimé. Puisque votre demande de bourses a peu de chance d’être acceptée, goûtez la daube de toro Photo Philippe Salvat

Sylvain Cottin

Adepte du « soul surf » sur les vagues d’Oléron (SAINT-PIERRE d’OLERON - 17)

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Jean-Paul Pertsowsky est l’un des pionniers du surf dans l’île. Son regard d’ex-maoïste et son goût de la liberté nous ramènent à l’esprit originel de cette discipline, telle qu’on la pratiquait ici voilà une trentaine d’années.

Oléronnais de souches russo-italiennes, Jean-Paul Pertsowsky - alias Poulou - a une gueule. Le cuir tanné. Et ce faciès de taulard qui vous glacerait le sang s’il n’était barré par un sourire enjoué. À 56 ans, il trimbale ici sa musculeuse ossature forgée aux creux des vagues. Ici, c’est à deux pas de La Cotinière. Et ça fait 26 ans que ça dure… Voire plus : « Parce qu’avant de m’y poser pour la planche, j’ai passé à Oléron toutes mes vacances depuis mes 4 ans. »

Antithèse du frimeur dopé aux hormones du marketing, Poulou prône le « soul surf ». Traduction : « C’est le surf plaisir, que j’ai toujours pratiqué. » Le concept existerait encore, bien que noyé dans l’océan des marques et de la performance. En tant que pionnier (« avec d’autres ») de la planche oléronnaise, Poulou en est le témoin parfois nostalgique. « Dans les années 80, le premier surf shop venait de naître, mais la location de planches sur la plage n’existait pas, raconte-t-il. Avec des copains, on a monté une asso baptisée La Cabane, aux Allassins. On proposait des produits frais sortis d’une glacière… parce que nous n’avions ni eau ni électricité. Le soir, les gens se pointaient toujours plus nombreux, parfois après la boîte de nuit. Ça a tenu jusqu’en 2004, lorsqu’on a fait la fête de trop, avec cracheurs de feu, DJ, etc. L’Office des forêts n’a pas aimé. On a pourtant récolté 700 signatures de soutien, souligné le caractère associatif de la buvette, la convivialité du lieu et la sensibilisation qu’on réalisait pour protéger la dune. En vain […]. Et j’ai fait une dépression, la seule de ma vie. »

Surf et politique. Emportant dans sa tombe beaucoup de l’esprit peace & surf, une institution venait de mourir. Mais pas la flamme de son patron emblématique, cet ex-maoïste soixante-huitard connu (un peu) pour figurer dans le documentaire « Reprise » (1). Il continue de se shooter à la politique : « “Libé” (moins maintenant). “Le Canard”. Et Besancenot, sauf qu’en fin de campagne électorale, faut pas croire, je vote utile. » Connu des surfeurs, mais aussi des élus, Poulou capte le moindre bruissement sociétal de l’île. « En ce moment, c’est assez calme. »

Un virage. Mais, vers 1982, on a assisté à un virage. Un ciné associatif a été créé. Les « Cahiers d’Oléron » ont été publiés. Et un lycée expérimental avec des enseignants marginaux a vu le jour. Il n’hésite pas à associer ces mutations à l’essor de la glisse. « Le surf n’a pourtant pas décollé facilement, précise-t-il. Quand on expliquait aux élus qu’il était un atout pour l’île, ils nous prenaient pour des fumeurs de joints. Bon, c’est ce que l’on était ! Hippies, filles, voyages, fêtes et bières n’étaient pas que des clichés. Mais ça a tout de même fini par prendre, grâce au gars qui a créé la première école de surf. » Poulou avait alors appuyé la candidature du dit « gars », tandis qu’il œuvrait… pour le journal municipal. Un job parmi d’autres, alternés avec des périodes de chômage : reporter sur feu Radio Oléron ; cogérant d’un ex-bar de véliplanchistes misant sur la clientèle surf ; vendeur d’huîtres missionné à Paris… Et au final, une omniprésence qui a conforté Poulou dans son statut d’ancêtre respecté de la glisse « non conditionnée ».

Mais as-tu donc, Oléron, modifié ton image de terre familiale, d’épuisettes et de glace à la vanille grâce à Poulou ? « Les gens d’Hossegor ou Biarritz continuent de se moquer gentiment du fait de surfer à Oléron », se marre Volo, le fils prodige du père précurseur, champion départemental des Maritimes sur planche. Lui appartient à la nouvelle génération. Mais ne le croyez pas suiviste ! « Il est certes fan de compétition, précise Poulou. Mais il a comme moi ce côté ”roots”. Et il n’est pas pour le localisme. Car, s’il ne s’agit pas non plus de se faire chier à 50 sur une vague, il faut démocratiser le surf… Et surtout aider les jeunes surfeurs à ne pas adopter seulement une mentalité de sportif, mais aussi de joueur. Un joueur dans l’eau. »

(1) D’ Hervé Le Roux (1997), sur la reprise du travail aux usines Wonder après les événements de Mai 68. Reprise commentée à l’époque par Jean-Paul Pertsowski et d’autres pour un film.

Par Thomas Villepreux

Le bouddhiste est aussi bouliste (LARZAC - 24)


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photo Marie Seillery

En été, on pointe et on tire. Rencontre avec un moine bouddhiste amateur de pétanque, convoité par les plus grands champions en quête de « zénitude » sur le boulodrome. Loin de l’image d’Épinal.

En harmonie avec l’univers, je me rends à l’Hermitage du Pic lumineux, où les crânes sont majoritairement rasés.

Bienvenue à Larzac, havre de paix de 116 âmes, dont quelques-unes pratiquent le bouddhisme zen. Au creux de ce Périgord noir japonisant, adieu sandales, bob, anisade ! Chassons de nos esprits gaulois l’image d’Épinal du joueur de pétanque : langage fleuri, accent du Midi et sainte horreur de la fanny. Selon nonne Françoise, les boules peuvent nourrir « l’étude du corps et de l’esprit ». Ici, le champion de la discipline est un grand bonhomme affable, d’origine polonaise : Alain, alias Kaisen de son petit nom de grand moine.

Bouddhiste de 56 ans précédemment installé à Cubjac, il a bâti son second temple voilà trois ans, sur le terrain d’un ancien camping… où la pétanque rythmait les journées. Ça n’a pas beaucoup changé. Ou presque. Si le temps le permet, Kaisen descend quotidiennement sur le boulodrome aménagé en contrebas d’un apaisant jardin entouré de bouddhas. Il tombe alors sa robe de maître zen. Car au même titre qu’on ne plombe pas quand un tir peut rapporter gros, boules et zazen (méditation) ne font pas bon ménage. Ce sera donc casquette, polo blanc et cigarette au bec… Comme un joueur lambda que Kaisen n’est pas. Pas l’ombre d’une faille dans sa concentration, même s’il s’en défend.

Ainsi trouve-t-on la réponse à la question que se pose chacun de nous, petits scarabées de la pétanque en short : pourquoi d’illustres professionnels vouent-ils un tel culte à l’éveil bouliste selon Kaisen ? Car sachez, béotiens de la boule zen, que le multiple champion de France Jean-Luc Robert et Philippe Quintais - douze fois champion du monde - sont de ceux-là !

Une approche zen. « Ils sont venus à l’Hermitage vers la mi-juin, raconte Kaisen. J’ai commenté leur partie pour la radio à cette occasion […]. A l’avenir, je serai sans doute amené à travailler avec Quintais. » Celui qui refuse de souscrire aux obligations de la compétition (« Cette obsession de toujours battre l’autre ») pourrait également enseigner la pétanque aux jeunes. « Ce serait un bon moyen de les protéger de certaines dérives. Car je n’aime pas certaines parties entre amateurs, qui atteignent parfois les plus basses sphères de la pétanque : agressivité, alcool, musique à fond… »

Lui préfère côtoyer les grands. De master en master, où il se rend en spectateur, Kaisen s’est fait un nom. Les champions du monde Fazzino et Foyot font partie de son carnet d’adresses. Il publiera certainement un livre intitulé « L’Esprit de la pétanque » au printemps prochain…

Gravé dans les boules. En retraite à Larzac, le jeune Tomek a tout d’un digne successeur : moine, polonais… et bouliste. Il porte un polo affublé du logo « Masters de pétanque ». Et son nom de moine est gravé dans ses boules ! C’est dans la neige polonaise qu’il a partagé ses première mènes avec Kaisen. Mais le grand maître reste évidemment supérieur, du haut de ses 30 ans de pratique !

« Attention, cela n’aide cependant pas à en apprendre davantage sur la discipline, concède Kaisen. Et puis, j’ai tellement copié les plus grands que j’adopte plusieurs façons de tirer. Parfois, je m’y perds. »

Avant de rejoindre l’autre pays des boulistes, je ferai doublette avec Tomek. En face, Françoise et Kaisen resteront zen. Et surtout très chauds. Tant pis. Oublions vite notre refus de l’échec et méditons, une dernière fois, cette phrase d’un bouddhiste affairé au jardin japonais : « Il faut pratiquer le zen pour ne pas perdre la boule. »

Par Thomas Villepreux

Molliets (40). Un poussin landais élevé pour gagner

poussinlandais.jpg Parler de révisions à un enfant de 11 ans en plein mois d’août, c’est prendre le risque de voir une mâchoire se décrocher jusqu’à l’exagération, d’entendre un souffle profond de dépit, ou de résister contre des suppliques, soutenues par un regard humide, demandant la relaxe pure et simple du vacancier.Arnaud Subrégis, lui, doit presque forcer le ton pour inciter son fils Kenny à quitter sa salle de classe : le golf de Moliets.

« Quand il était plus jeune, on a dû lui acheter un portable. Il partait tout seul faire ses 18 trous », confie le père en regardant sa prodigieuse progéniture, qui mesure déjà 1,70 m et chausse du 43, frappant sa dernière balle.

Avec sa gueule d’ange aux yeux bleus et ses cheveux bouclés, Kenny Subrégis a tout pour devenir à la fois une grande figure du golf et une icône des magazines pour adolescentes dans les prochaines années.

Encore lui faut-il construire sa notoriété. Son titre de champion de France des poussins, acquis il y a quinze jours à Saint-Quentin-en-Yvelines, est un bon début. Son handicap (3,7) (1) n’en est pas un aux yeux des observateurs éclairés, qui voient en ce gamin timide de la côte landaise, qui réside à Vieux-Boucau, la future terreur des parcours.

« J’aime pas perdre ».

« J’ai croisé beaucoup de bons joueurs, je n’en ai encore jamais vu comme lui. Il a quelque chose en plus que l’on n’explique pas », avoue Christophe Berthet, responsable de l’Académie de golf de Moliets, où se côtoient des joueurs amateurs et professionnels. Ce « quelque chose » que possède Kenny Subrégis, c’est peut-être ce sang-froid qui le pousse, en compétition, à attendre systématiquement la 38e seconde pour taper quand il risque la sanction à la 40e. Ou ce caractère, hérité d’un grand-père manouche et d’un autre qui a sauté sur Diên Biên Phu en 1954, qui le fait râler quand son père crie sa joie au put final, celui de la victoire. Chez lui, gagner n’est pas un but mais une nécessité.

« J’aime pas perdre », confirme-t-il, en livrant du bout des lèvres son voeu le plus cher : devenir le meilleur golfeur du monde. Ses autres préoccupations sont rares. La lecture ? « Je préfère regarder les images. » La télé et les jeux vidéo ? « Bof ! » Les activités sportives ? « J’ai essayé le surf et le snowboard. J’aime bien le skate. »

Le golf ou les filles.

Jouer pendant des heures au golf, même sous la pluie en plein hiver, reste son passe-temps favori.

« On croit toujours que c’est le père qui le force à jouer. Que dalle ! Le golf est un sport à part, on ne peut pas forcer un gamin de 11 ans à jouer s’il n’aime pas ça », souligne Arnaud Subrégis, qui est aussi son entraîneur.

« S’il veut devenir numéro un, poursuit-il, je serai le premier à l’encourager. Mais je l’ai prévenu : on ne peut pas tout faire. Tant que le golf restera sa priorité, il aura une chance de réaliser son rêve. Si, demain, c’est les filles… »

La question féminine n’est pas encore à l’ordre du jour. Comme il prend des cours par correspondance depuis l’an dernier pour se consacrer au golf, Kenny a peu de chances d’être déconcentré par ses copines de classe. D’autant que, dans quelques mois, il traversera l’Atlantique afin de poursuivre son entraînement cet hiver au soleil.

Il en profitera pour affronter les meilleurs benjamins américains sur leur gazon, en Floride, au championnat du monde Doral, jadis remporté par un certain Tiger Woods.

Par Frédéric Zabalza.

8 août 2007 - Aucun commentaire
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Bayonne (64). Omelette Gargantua

Au-dessus de sa poêle géante de 2,20 mètres de diamètre, Peyo Indart, le visage rougi par la chaleur, touille vingt kilogrammes de piments doux avec une méga spatule. À côté de lui, ses amis battent énergiquement 2 500 ?ufs dans de grandes marmites.


La scène peut paraître surréaliste. Pourtant, elle se déroulait hier matin au carré des halles. À l’occasion du 4e championnat du monde d’omelette aux piments, les jeunes du comité des fêtes d’Armendarits ont préparé une omelette géante. Ce qui n’était pas une mince affaire : trente petites mains y ont travaillé pendant quatre heures.
Cette idée un peu folle ne date pas d’hier : « Cela fait dix ans qu’on en cuisine sur la place du village », indique Peyo.
À la fin de la matinée, 9 00 parts ont été vendues, au prix de 3 ? pièce. Les bénéfices récoltés sont destinés à l’association Ela (Association européenne contre les leucodystrophies).


Plat traditionnel. À côté d’eux, vingt peñas se disputent la place de champion du monde d’omelette aux piments. Une compétition qui, malgré son nom solennel, ne se prend pas au sérieux. « L’omelette, c’est la fête », s’enthousiaste Jean-Michel, de la peña Lagunekin. Organisé par le syndicat des producteurs de piment doux, ce concours vise à remettre une tradition tombée en désuétude au goût du jour : « Il y a vingt ans, quand on faisait les Fêtes, on mangeait de l’omelette vers 2 ou 3 heures du matin. C’est un plat facile à faire et convivial », assure Koldo Biscay, le président du syndicat.Le concours veut faire taire les « querelles de clochers. Chaque cuisinier a sa petite méthode qu’il juge supérieure. » Le jury, composé de douze personnes dont des cuisiniers, a le dernier mot.
Mais les perdants ne sont pas mauvais joueurs. Après la remise des prix, chaque peña passe dans la foule et propose gentiment une dégustation de leur fameuse omelette.

Par Allison Fernandes.

Lacanau Pro (33). La déferlante de surfeurs

La 28e édition du Sooruz Lacanau Pro, étape du championnat du monde, se déroulera du 9 au 19 août à Lacanau-Océan. Les meilleurs surfeurs de la planète surf, de Mickael Campbell à Shaun Cansdell, viendront s’affronter sur les vagues girondines.

Côté ambiance, des concerts seront organisés chaque soir.

Retrouvez le programme complet sur www.lacanau-pro.com

24 juillet 2007 - Aucun commentaire
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