Les trente minutes blondes (SEIGNOSSE - 40)
Ladislas de Hoyos fut
la doublure de PPDA au JT de TF1. Avant d’en être éjecté par celui-ci. Avec
malice, M. le Maire observe aujourd’hui Laurence Ferrari concurrencer « Mémé-DA
»
Photo Xavier Ges
Il n’était pas blonde puisqu’il
n’avait déjà plus de cheveux sur le caillou. Pis, il n’a jamais déballé sa
poitrine ni ses conquêtes dans les magazines. Et pourtant - c’est incroyable -,
Ladislas de Hoyos a présenté le 20 Heures de TF1. Par centaines de fois même
(de 1988 à 1991), il joua les doublures de PPDA jusqu’à ce que celui-ci finisse
par le trouver un peu moins glamour que Claire Chazal. Mais, alors que son
ex-copain de bourreau est à son tour en voie de « martyrisation » massive,
transformons donc Ladislas en ménagère de moins de 50 ans. Et regardons
ensemble Laurence Ferrari, dont on nous dit que le métier serait le plus beau
au monde. « Enfin, vous mettez n’importe qui à l’antenne et vous en faites une
star. » Car si Ladislas n’est pas du genre à cracher dans la soupe, faudrait
voir à ne pas trop lui pousser l’assiette sous le nez quand même. Que PPDA
pourtant se rassure, le temps de régler la mire et quelques comptes, voici pour
lui la preuve qu’il y a bien une vie après le 20 Heures. Mais peut-être à
condition d’être élu et réélu comme lui maire de Seignosse.
20 heures. Elle dit merci. Lundi, Ladislas de
Hoyos aurait dû regarder France 2, parce que « Chazal l’ennuie ». En restant
poli. En le restant moins, on apprendrait que sa meilleure ennemie est
désormais surnommée « Mémé-DA » dans les murs du maçon. « Ce premier journal de
Laurence Ferrari est à mes yeux moins important que le dernier de PPDA. Que
j’ai enregistré et regardé deux fois. Il s’en est bien tiré, avec élégance. Sa
seule erreur aura été de ne pas avoir senti le vent tourner. Mais bon, avec les
casseroles qu’il a eues dans les années 90, il n’aurait pas tenu une minute aux
États-Unis. » Une longévité qui aura au moins eu le mérite de retarder la
guerre des blondes. « Je suis persuadé qu’il y en a une de trop. Ce soir,
Ferrari commence par remercier la rédaction. Ça change. » De ton, mais pas de
fond. « Le déroulé des JT de TF1 et de France 2 est identique. C’est pour cela
qu’aucun présentateur ne pourra vraiment modifier la formule. De toute façon,
l’âge d’or des JT est terminé. La télé à la demande se développe, et il y aura
bientôt un Audimat instantané… Vous verrez qu’un jour on coupera des sujets en
direct. »
20 h 16. Elle lit. « C’est bien, ce qu’elle
fait Ferrari. Elle se penche sur ses papiers et lit le prompteur sans faire
bouger ses yeux. Et quand elle interviewe Alain Bernard, elle écoute ses
réponses, ce que ne sait pas faire Chazal. » Convaincu qu’il faut avoir entendu
siffler les balles de kalachnikov avant de célébrer la grand-messe en tenue de
soirée, Ladislas de Hoyos ne pense pas pour autant que les non-filles et les
non-blondes sont une espèce en voie de disparition. « Au JT, tout est dans la
voix et le regard, PPDA savait d’ailleurs très bien en jouer. Et je suis
certain que des Léon Zitrone reviendront un jour à l’écran. » Plus encore que
leur couleur, c’est pourtant la densité des cheveux qui semble aujourd’hui en
cause. « Je me souviens avoir dit à PPDA que le jour où il serait chauve comme
moi il se poserait des questions. Mais il a fait des implants. »
C’est
en lisant une brève dans « Le Figaro » que ceux de Ladislas de Hoyos se sont
virtuellement dressés sur sa tête. « Un vendredi matin, plus personne ne
voulait me prendre au téléphone. Lorsque j’ai fini par croiser Mougeotte, il
m’a dit que c’était une rumeur bidon. » PPDA aura beau lui offrir un
casse-croûte pour lui dire combien il l’aime, c’est sous les projecteurs de
l’ANPE des Yvelines que l’ex-star du JT ira présenter ses hommages. « Les gens
pensaient que je faisais un reportage. Je n’étais pas bien… pas bien du tout.
Forcément, le 20 Heures, c’est le fauteuil papal. Dix mecs peuvent s’y asseoir
parmi les 30 000 journalistes recensés en France. »
20 h 32. Elle sourit. « Un collier discret,
un sourire et une spontanéité qui lui sont propres, elle va donner un coup de
vieux à sa collègue. Et puis, surtout, elle n’a pas terminé en nous balançant
le fameux “Quant à moi je vous retrouverai, etc.”, façon Chazal
justement. »
Sylvain Cottin






