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De quel bois se chauffent-ils ? (LA PALMYRE - 17)

Connue dans toute l’Europe pour être le rendez-vous des coquins, la forêt de la Lède est le théâtre d’un champ de bataille entre exhibitionnistes et gendarmes. Promenons-nous dans le bois…

la palmyrePhoto Xavier LéotyC‘est un maquis de pins maritimes où l’on ne porte pas la cagoule simplement par goût d’anonymat. Une fois la dune franchie, mieux vaut d’ailleurs garder ses yeux derrière la tête si l’on ne veut pas être contraint au jeu de la bête à deux dos. Ici, les attentats ne visent que la pudeur. Par l’entregent d’Internet, ce petit bois où l’on trousse sans chemise est ainsi devenu l’un des carrefours de l’Europe gay et libertine depuis la fin des années 90. Latins, Bataves et Saxons en culottes très, très courtes y butinent chaque été à tire-larigot. Et chaque automne, c’est le même refrain, les feuilles de reproches se ramassent à la pelle dans la boîte aux lettres de monsieur le Maire. « C’est lassant, mais je comprends les jeunes mamans choquées d’avoir croisé la route de ces énergumènes qui ne se cachent même plus. Ils ne doivent pas annexer ma commune », menace Robert Jono. « Voilà six ans que j’ai pris un arrêté interdisant le naturisme dans la forêt, mais rien n’y fait. »

La cavalerie en renfort. Ceinturée par une bonne vieille piste cyclable des familles, cette sulfureuse forêt de la Lède (sur les panneaux, le L est subtilement travesti en P) présente surtout la circonstance aggravante de voisiner le Club Med de La Palmyre, dont on nous dit que les gentils membres aiment désormais à jouer au Scrabble plutôt qu’aux guili-guili dans les arbres. Et ceux-ci ne supportent plus le son des corps le soir au fond des bois. Avec le renfort de la cavalerie, les autorités locales sont donc montées sur leurs grands chevaux afin de bouter les étalons hors des taillis. Six soldats de la maréchaussée envoyés au casse-pipe pour faire feu de tout bois dans ce remake des « Gendarmes de Saint-Tropez », version hard. « À cheval, on avance vite et partout », explique un officier en poste à l’année, hélas à pied. Mais si la faim fait parfois sortir les loups du bois, le flagrant délit reste particulièrement rare. « Le phénomène prend de l’ampleur parce qu’il y a autant de gens qui participent que de gens qui regardent », assure le militaire. « Nous savons aussi que de temps à autre, des femmes sont attachées à des arbres au cours des simulacres. Et ce sont parfois ces mêmes mateurs qui vont jouer les vierges effarouchées à l’Office de tourisme. Plus tard, enfin, ils nous passent un coup de fil, pour nous raconter qu’ils ont vu un grand type bronzé avec un gros truc dans la main. Curieusement, pourtant, ils ne viennent jamais nous le dire en face. »

Faux prétextes. Alors, comme l’avait déjà compris Bourvil, la « taca taca tac tac tique » du gendarme est ici d’être « constamment à cheval sur le règlement », fût-il inspiré par de faux prétextes environnementaux. « Nous avons deux moyens pour les verbaliser. D’abord, lorsqu’ils se promènent dans un espace protégé, et puis, surtout, lorsque nous en attrapons un en train de fumer dans la forêt, ou même seulement avec un mégot à ses pieds. »

À ces deux infractions opportunément vertes, le Code pénal pourrait même s’en offrir une troisième, tant l’humus de La Palmyre ressemble à la piste d’essai d’un manufacturier pneumatique. Jonchée de caoutchouc usagé. Selon l’adage qui veut qu’il n’y ait plus de saisons ma pauvre dame, les échauffourées dans les fourrés se prolongent désormais aux quatre saisons. « L’hiver, nous sommes entre homosexuels, et l’on reste dans nos voitures », confirme celui que tout le monde appelle ici le « commandant ». Plus loin derrière la dune, un certain Jean-Noël se demande à l’inverse comment retrouver une aiguille dans une botte de foin. « L’été, c’est plus compliqué pour se repérer, alors nous accrochons un petit bout de tissu rouge à notre sac à dos ou bien sur le parasol. »

La chasse à cour n’est pas sur le point de s’achever. Si dure à la fesse molle, l’épine de pin devrait donc longtemps encore rester le seul prédateur de l’homme des bois déviant.

Sylvain Cottin

Biarritz (64). L’éboueur des mers fait sa tournée en jet

jet2.jpgLes surfeurs ont beau aimer les boissons fraîches, ils apprécient moyennement la compagnie d’un réfrigérateur au milieu des vagues. Hélas, le matériel d’électroménager ne représente qu’une infime partie de l’océan de détritus qui flotte sur le vrai, celui des poissons et des baigneurs insouciants. Tel Don Quichotte sur Rossinante, une épuisette à la place de la lance, Gilles Pascual leur fait la chasse sur son jet durant la saison estivale, sous l’oeil miséricordieux de la Vierge de Biarritz.

« Je sais que c’est un peu dérisoire face à l’immensité des déchets. Mais mon but n’est pas de rendre l’Océan plus propre, juste un peu moins sale. » Gilles Pascual sait de quoi il parle, lui qui a passé une bonne partie de sa jeune vie (il est âgé de 32 ans) sur l’eau. « Quand j’étais petit, les plages étaient plus sales. Elles n’étaient pas nettoyées et les gens jetaient vraiment n’importe quoi. Maintenant, elles sont plus propres, mais la mer, elle, est une vraie décharge », regrette-t-il.

« Bon job, bonne cause ».

Né à Biarritz, dont il a défendu les couleurs sur les terrains de rugby, ce fils de marin-pêcheur luzien, aux yeux bleus et à la peau bronzée, a d’abord travaillé dans la restauration, du Brésil à la Jamaïque, avant de revenir à sa première passion. Après un convoyage de voilier dans l’océan Indien, il a décroché un brevet à l’école de pêche de Ciboure. La suite de son CV a de quoi déboussoler : marin sur un fileyeur de Capbreton, sur un navire transporteur de passagers, sur un ligneur à Barcelone, matelot à bord d’un vieux gréement à Ibiza… « J’ai toujours été attiré par la mer », se justifie le Biarrot, qui alterne depuis deux ans la pêche en hiver et le nettoyage du littoral l’été.

« C’est un bon job pour une bonne cause. La ville de Biarritz a recours à cette formule, un jet et un bateau, depuis près de dix ans pour ramasser les déchets flottants. On intervient dans la bande des 300 mètres, c’est-à-dire la zone de baignade, sur un peu moins de 2 kilomètres de côte », explique Gilles Pascual, qui fait équipe avec Bertrand Fontaine et Béatrice Elissalde, propriétaire du bateau « Carpe Diem », basé à Saint-Jean-de-Luz.

« Le jet permet d’aller dans les zones difficiles d’accès, près des rochers et des vagues. Je ramasse les déchets avec une épuisette, et je les ramène ensuite sur le bateau. Je suis un peu un éboueur de l’Océan, c’est vrai, sauf qu’ici les déchets ne sont pas dans des sacs-poubelle. Ils sont éparpillés et bougent sans arrêt, au gré du vent et des courants. C’est difficile de les suivre, surtout dans l’anse du Port Vieux, où ils tournent en rond. »

L’été dernier, environ 30 mètres cubes de déchets ont ainsi été ramassés grâce à ce dispositif, qui paraîtra dérisoire à beaucoup, mais qui a l’avantage de rassurer les touristes. « Dans l’ensemble, les gens sont curieux et plutôt contents de nous voir travailler. On a été largement photographiés depuis le rocher de la Vierge », sourit Gilles Pascual.

Ce dernier a monté, il y a quelques mois, une petite entreprise, Eau vive, pour travailler à son compte. Il aimerait maintenant franchir un cap. « Jusqu’à présent, on a beaucoup fait appel aux pêcheurs pour nettoyer l’Océan. C’est encore insuffisant, il faudrait développer des structures plus importantes, comme il en existe à terre pour le ramassage des déchets. J’aimerais d’abord essayer d’étendre le concept du jet. Car si les touristes ne viennent que l’été, les déchets sont là toute l’année. »

Article de Frédéric Zabalza

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Photos de Bertrand Lapègue

18 juillet 2007 - 1 commentaire
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Fruits et légumes oubliés

Dans leur potager de Flore et Vie, à Saint-Dizant-du-Bois (17), Jean-Claude et Valérie Moguet cultivent des variétés de fruits et légumes rares ou oubliés. Leur spécialité : la tomate, dont ils présentent une quarantaine de variétés, parmi les melons, piments, aubergines et autres courges. Tél. : 05.46.86.56.33.

Pôle Nature de Vitrezay (17)

Le pôle nature de Vitrezay est un petit coin charmant, un endroit rêvé pour une balade, à pied, en kayak ou en gabarre, le long de l’estuaire de la Gironde. Après un passage à la Maison de la forêt, les nombreux habitants des marais, à poil ou à plume, n’auront plus de secrets pour vous.

Pôle nature de Vitrezay, à Saint-Sorlin-de-Conac. Tél : 05.46.49.89.89.